Deux heures chez Harry Potter

Le commissaire à l'éthique du Québec, Jacques Saint-Laurent... (Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne)

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Le commissaire à l'éthique du Québec, Jacques Saint-Laurent

Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne

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On se serait cru chez Harry Potter, mardi, à la Commission des institutions qui étudiait le rapport du commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent. Tout le monde y a suivi scrupuleusement la consigne concernant Voldemort, «celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom».

Pendant plus de deux heures, les élus et le commissaire se sont interrogés sur «la situation exceptionnelle» - les mots sont du commissaire - créée par l'arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique, mais sans prononcer son nom. Bien sûr, le protocole parlementaire demande que l'on parle du député de tel ou tel comté lorsque l'on s'interpelle entre parlementaires. Mais mardi, on a mis les gants blancs jusqu'aux coudes pour ne pas donner l'impression de «personnaliser» le débat.

Stéphane Bédard s'est même objecté lorsqu'Amir Khadir a parlé de «barons de presse» pour qualifier les propriétaires de Gesca et de Québecor.

Les libéraux y avaient délégué Marc Tanguay, un joueur de centre faible, pour mener la charge. Tanguay a lancé la discussion avec un interminable préambule de 1505 mots avant de poser sa question: le commissaire avait-il en tête «le cas du député de Saint-Jérôme» dans ses recommandations sur les conflits d'intérêt?

Tout aussi prudent, Jacques St-Laurent a répondu qu'il n'était pas dans son esprit et dans son autorité «de discuter d'un cas particulier aujourd'hui».

Pourtant, son rapport était simple: l'arrivée du propriétaire de Québecor en politique active crée une situation qui commande une révision du code d'éthique. Mais ce n'est pas lui qui va dire quoi faire.

«Je m'attends à ce que vous soyez capable de nous donner précisément ce à quoi vous vous attendez», lui a lancé le caquiste François Bonnardel.

Le commissaire n'a pas bronché: si la Commission des institutions conclut que «le code nous apparaît clair tel qu'il est, j'aurai, le moment venu, à appliquer le code tel qu'il sera».

Bref, c'est aux élus qu'il appartient de statuer.

Consensus souhaitable

Le problème, c'est qu'en politique un code d'éthique efficace suppose un consensus. Or il n'y aura jamais entente entre libéraux, caquistes et péquistes sur le cas PKP.

Après avoir mis les parlementaires devant un fait accompli en se faisant élire, Péladeau se livre maintenant à une forme de chantage: si le code d'éthique le force à vendre ses actions de Québecor, dit-il, l'entreprise passera à des intérêts étrangers parce que personne au Québec n'a les moyens de l'acheter.

Or mardi, sur les ondes du 93,3 à Québec, l'animateur Éric Duhaime lui a demandé s'il accepterait de se départir de ses actions s'il avait la garantie qu'elles seront achetées par des intérêts québécois et que le siège social restera à Montréal.

«Non, non, ce n'est pas ce que j'ai dit, a-t-il répondu. Puisque j'ai reçu ces actions de mon père, c'est important pour moi qu'elles restent entre les mains d'un Péladeau.»

Parlant de cette entrevue, M. Péladeau y a déclaré que j'avais dit une fausseté en affirmant que le maire de New York, Michael Bloomberg, avait vendu ses actions pour se présenter en politique.

Or, cette affirmation - erronée, il est vrai - n'est pas de moi. C'est le compte rendu d'une séance de travail du Centre d'études sur les médias de l'Université Laval, et identifié comme tel dans le journal.

On m'a aussi accusé d'avoir erré en écrivant que PKP était tellement furieux à la sortie du débat de Jonquière, qu'il a quitté la salle avant le point de presse.

«Une source anonyme, c'est n'importe quoi», a dit Pascal Bérubé. Pourtant l'information venait de collègues proches de MM. Bérubé et Péladeau...

D'aussi bons péquistes m'auraient-ils alors menti? Impossible!

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