L'arrivée du «Péladeau nouveau»

Le «Péladeau nouveau» qu'on a vu à la... (Archives, La Presse)

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Le «Péladeau nouveau» qu'on a vu à la tête du PQ ces derniers jours n'est pas l'homme d'affaires intransigeant et colérique qu'on a connu dans les dernières années. C'est un personnage encadré par une équipe de conseillers , qui chercheront à lui éviter des faux pas.

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«Ça ne sera pas facile», m'a dit un député de l'équipe Péladeau, après sa victoire à la direction du Parti québécois.

Il faisait allusion à la première semaine du nouveau chef, et tout particulièrement au test de la période de questions. Finalement, PKP aura eu une bonne semaine: excellent discours de victoire vendredi soir, deux sondages favorables, et périodes de questions sans accident mardi et mercredi.

Pierre Karl Péladeau a joué de prudence. Il n'a pas improvisé et il a lu les textes qu'on lui avait préparés. Le «Péladeau nouveau» qu'on a vu à la tête du PQ ces derniers jours, n'est pas l'homme d'affaires intransigeant et colérique qu'on a connu dans les dernières années. C'est un personnage encadré par une équipe de conseillers visiblement expérimentés, qui chercheront à lui éviter des faux pas jusqu'à la fin de la session parlementaire.

Son discours de victoire, vendredi dernier, n'avait aucune ressemblance avec ses envolées oratoires sans grand contenu de la course à la direction du parti. C'était un discours bien structuré, qui se voulait rassembleur, qui envoyait les bons signaux à ses partisans ainsi qu'à ses adversaires, et qui s'adressait même au reste du Canada, dans la langue de Shakespeare. Un discours lu, du début jusqu'à la fin, et retransmis intégralement sur sa page Facebook.

De bon ton

Il a eu la même attitude au Salon bleu où il a lu toutes ses questions et sous-questions. Ses conseillers lui auraient fait courir des risques inutiles en l'engageant dans une joute oratoire avec le premier ministre qui connaît bien ses dossiers, et qui jouit d'une meilleure expérience parlementaire.

Qui plus est, en affichant un ton calme et respectueux, le chef péquiste a forcé le premier ministre a agir de même. La seule liberté prise par M. Péladeau a été de proposer la tenue d'un grand sommet sur l'emploi à l'automne. Les péquistes savaient que les libéraux n'accepteraient pas cette «main tendue», mais la proposition n'avait rien de saugrenue de la part d'un parti qui s'est distingué par ses «grandes messes» dans le passé. Là encore, PKP ne courait aucun risque parce que malgré leur refus, les libéraux ne pouvaient condamner sa proposition.

L'accueil aurait été différent si Péladeau avait lancé la semaine sur un ton agressif. Libéraux et caquistes avaient des munitions. On l'a vu quand le ministre Jacques Daoust, blâmé par Stéphane Bédard sur la situation de l'emploi, a riposté en disant qu'il n'avait aucune leçon à recevoir d'un parti dont le chef n'avait plus que 19000 employés à son départ de Québecor, alors qu'il en avait 60000 à son arrivée. On l'a vu également quand François Legault a rappelé que PKP a fait perdre 500 millions$ à son entreprise en achetant le groupe de presse Sun Media. On l'a vu aussi quand Françoise David a tenté de faire adopter une motion demandant une réforme du Code du travail. Libéraux, caquistes et solidaires ont tous leur petit cahier Péladeau. Ils n'attendent que l'occasion pour sortir les griffes, mais PKP ne leur en a pas donné l'occasion cette semaine en faisant le bon garçon.

Ce n'est donc que partie remise. Parce que le «Péladeau nouveau», c'est comme le Beaujolais nouveau: ça change vite de caractère.

Le devoir

Plutôt humiliant, ce contrat de 24500$ donné par Pauline Marois à Dominique Payette, sa candidate défaite dans Charlesbourg.

Elle devra dresser un portrait de la presse de Québec - comprendre ici la radio-poubelle de la capitale. Ça ressemble à un prix de consolation.

Maintenant que l'affaire est connue, Mme Payette devra rédiger un rapport. Imaginez le sort que la radio de Québec réservera à ce document avant qu'il ne prenne le chemin des tablettes...

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