Le moment Péladeau, le combat de Legault

François Legault était de passage dans la circonscription... (Patrice Laroche, Le Soleil)

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François Legault était de passage dans la circonscription de Chauveau, mardi, pour donner un coup de main à la candidate caquiste Jocelyne Cazin. Éric Caire était aussi de la partie.

Patrice Laroche, Le Soleil

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Même si tous les regards sont tournés depuis mardi vers Pierre Karl Péladeau, c'est dans Chauveau, l'ancienne circonscription de Gérard Deltell, que se joue le combat politique le plus significatif à moyen terme.

On n'a jamais vu un chef de parti mettre autant d'efforts et d'argent dans une élection complémentaire que l'a fait François Legault depuis le déclenchement de la campagne électorale: près de 30000$ pour trois pages de publicité avant le début de la campagne, et une dizaine de visites du chef pour épauler sa candidate Jocelyne Cazin.

Gérard Deltell n'avait dépensé que 7000$ aux dernières élections.

Samedi, M. Legault était chez les Chevaliers de Colomb. Dimanche, il se joindra à une équipe de bénévoles venant d'un peu partout pour une grande opération de porte à porte. Mercredi encore, sa première question à Philippe Couillard portait sur les taxes scolaires, un dossier vedette de la Coalition avenir Québec dans la campagne de Chauveau. Ce qui a fait dire au premier ministre qu'il s'agissait là «d'une question pour Chauveau».

Il se mouille

«On semble l'ignorer, mais la CAQ a la machine politique la plus impressionnante de la province», affirme un observateur local, qui se dit surpris de la timidité de la machine libérale.

Contrairement à d'autres campagnes où les chefs de partis s'impliquent peu, par crainte de prendre le blâme d'un échec, Legault se mouille totalement et il engage tout son parti dans les élections complémentaires du 8 juin. Ce qui fait dire qu'un échec dans Chauveau serait catastrophique, mais qu'une victoire serait un signal fort dans le contexte de l'arrivée de Péladeau à la tête du Parti québécois. Le sondage Léger de la fin de semaine donnant l'avantage au PQ sur le PLQ et une baisse de la CAQ, a semblé confirmer que François Legault perdrait des votes au profit du Parti québécois dirigé par PKP. Mais les caquistes affirment que l'appui de 34% donné au PQ dans ce sondage n'annonce pas une lune de miel très solide pour Péladeau.

Le rêve de la CAQ est de voir le PQ arriver en troisième position à la fois dans Chauveau et dans Jean-Talon. C'est plausible dans Chauveau. Mais le défi est beaucoup plus grand dans Jean-Talon, où le PQ a gagné la deuxième position aux deux dernières élections, avec une avance fragile cependant. Bref, rien n'est encore joué.

***

La radicalisation

Quand il y a un problème quelque part, les gouvernements sont priés de faire quelque chose.

Mercredi, la députée Agnès Maltais a blâmé les libéraux pour leur lenteur à intervenir contre la radicalisation des jeunes. Le phénomène est effectivement très inquiétant, mais ce n'est pas une loi qui changera les choses.

La police a un rôle à jouer dans le contexte actuel, mais c'est au chapitre de la prévention que le gouvernement doit bouger. Et là encore, il faudra bien plus qu'une politique sur la laïcité ou la création d'un observatoire de l'intégrisme. Le phénomène de la radicalisation est complexe. Il commande une meilleure connaissance de ses causes, mais les avenues de solutions passeront nécessairement par des interventions auprès des jeunes, avec les jeunes, et avec la participation des gens qui les côtoient sur une base quotidienne.

Tout comme dans le cas du taxage dans les écoles ou du harcèlement sur les réseaux sociaux, c'est un vaste chantier de sensibilisation que le gouvernement doit lancer. Et à ce chapitre, l'opposition officielle a raison de dire que le gouvernement ne s'est pas distingué par son urgence d'agir.

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