Une relève impressionnante

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Il y a des années qu'on entend les politiciens déplorer le cynisme des médias et prédire que plus personne ne voudra s'impliquer dans la vie publique si cela continue. La réalité des dernières décennies ne leur a pas donné raison.

À moins d'une semaine du premier tour de scrutin au Parti québécois, un constat s'impose : la relève politique est impressionnante au Québec. Pas seulement au PQ, mais dans toutes les formations politiques en place à l'Assemblée nationale.

Les portraits des candidats à la succession de Pauline Marois, publiés au cours des dernières semaines, ont bien illustré ce fait. Je m'étais livré à un exercice similaire à l'occasion de la course à la direction du Parti libéral, et j'ai fait de même pour François Legault en février 2011. Dans tous les cas, la qualité du leadership proposé est impressionnante.

Le chef de la Coalition avenir Québec a un baccalauréat en administration des affaires et un MBA des Hautes Études Commerciales de Montréal, en plus d'avoir oeuvré pendant plusieurs années dans le monde des affaires.

Chez les libéraux, la course à la direction du parti opposait Philippe Couillard, docteur en médecine et diplômé en neurochirurgie de l'Université de Montréal; Raymond Bachand, diplômé en droit, détenteur d'un MBA de Harvard, et d'un doctorat en administration; Pierre Moreau, diplômé en droit, membre du Barreau, et fort d'une expérience de 22 ans dans le droit municipal et administratif.

La course à la direction du Parti québécois a opposé des candidats de même stature. Alexandre Cloutier et Bernard Drainville sont passés par Cambridge et Oxford. Martine Ouellet a fait un MBA après son baccalauréat en génie mécanique, et elle a oeuvré pendant près de 20 ans à Hydro-Québec. Pierre Karl Péladeau est diplômé en philosophie et en droit de l'UQAM et de l'Université de Montréal. Il a présidé aux destinées de Québecor pendant quinze ans.

On arrive au même constat si on pousse la recherche plus loin, chez des gens comme Amir Khadir, Carlos Leitao, Diane Lamarre, Martin Coiteux.

Je m'arrête là pour ne pas faire de jaloux, mais il y a de grandes compétences chez les élus de l'Assemblée nationale.

C'est à un point tel qu'on se demande pourquoi des gens aussi doués et diplômés se sont lancés en politique, un univers cruel, exigeant, et sous-payé.

Pas une garantie, mais...

Les diplômes ne sont pas garants du talent politique. Les grands leaders qui ont marqué l'histoire avaient d'autres qualités qui ne s'enseignent pas à l'université. Mais dans un monde aussi complexe, la multiplication des compétences est précieuse pour enrichir le débat des idées et préserver la qualité de l'exercice démocratique.

C'est vrai que le cynisme, notamment celui des médias, porte atteinte à la crédibilité des hommes et des femmes qui font de la politique. Mais il est tout aussi vrai de dire que l'exercice partisan en fait un théâtre où le jeu des acteurs donne parfois dans la contradiction, la dissimulation de la vérité, et les attaques gratuites. Les critiques de la politique ont trop souvent tendance à oublier que les politiciens doivent démontrer qu'ils sont meilleurs que leurs adversaires pour se faire réélire aux quatre ans.

S'il nous fallait aussi se faire réélire pour conserver notre emploi, nous serions également tentés et même forcés d'exagérer nos talents et de nous prétendre meilleurs que les autres...

Cela dit, même s'il y a beaucoup de compétence et d'expertise chez nos politiciens, cela ne veut pas dire qu'ils sont tous compétents ou honnêtes. Distinction!

Débat sur les débats

On attendait beaucoup des débats dans la course à la direction du Parti québécois. On n'y a pas appris grand-chose.

Fait à remarquer, les aspirants à la succession de Pauline Marois ont complété cet exercice sans même avoir débattu du grand sujet qui domine l'actualité depuis l'arrivée de Pierre Karl Péladeau: comment concilier la présence d'un baron de la presse en politique, avec la liberté de presse?

Jean-François Lisée aurait aimé en débattre, mais il a été conspué pour avoir soulevé le sujet. Il s'est retiré de la course.

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