Le «scandale» des congrès

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Les congrès annuels, c'est non seulement important, c'est essentiel... Les membres des médias qui participent aux congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) sont bien placés pour le savoir.

Ces rencontres sont l'occasion d'ateliers de travail, de conférences, et de débats sur les sujets intéressant toute la profession. Même les juges en chef de la Cour d'appel et de la Cour supérieure, Michel Robert et Robert Pidgeon, dont les devoirs de réserves sont contraignants, ont déjà participé à un congrès de la FPJQ. Le sujet discuté: comment réconcilier le souci de «sérénité» de la cour, avec les «bousculades de cameras et de micros dans les corridors des palais de justice».

Jeudi, dans les clameurs de la controverse entourant le congrès des directeurs-généraux des municipalités au Château Mont-Sainte-Anne, j'ai revu l'ordre du jour de notre congrès de 2004. J'ai été impressionné par le sérieux des sujets. Pas de yogalates et de cardio-jogging comme chez les dg des municipalités, même si le congrès se tenait au «chic» Hilton Québec. Un atelier visionnaire traitait même de la couverture des affaires islamiques!

Il est malheureux que des erreurs de jugement comme celle qui a présidé à l'élaboration du congrès des directeurs municipaux, minent la crédibilité de nos institutions. Pour avoir participé à de nombreux congrès de la FPJQ et de l'Association canadienne des journaux, je sais à quel point ces rencontres sont précieuses, même si elles se terminaient par un souper... parfois dansant, et que les conjoints étaient invités, à leurs frais!

Le simple fait de nouer des contacts personnels avec des gens de la profession permet de partager l'expérience, l'expertise, et de s'entraider mutuellement par la suite dans les situations problématiques. Il serait impensable de se priver de ces rencontres annuelles à cause de quelques «conneries». Et bien franchement, je ne comprends pas pourquoi il faut une loi pour insuffler un peu de jugement à leurs organisateurs.

Les marionnettes

Les libéraux rigolaient fort quand Jean Charest accusait Mario Dumont de se comporter comme une girouette parce qu'il changeait d'opinion lorsqu'il dirigeait l'opposition officielle. Cette fois, c'est au tour de la Coalition avenir Québec de rigoler: jeudi, François Bonnardel a dévoilé plusieurs copies des questions suggérées aux députés libéraux pour interroger les ministres pendant l'étude des crédits budgétaires en commission parlementaire.

Les documents contiennent même les réponses attendues des ministres.

Mercredi, j'ai eu un moment d'impatience en écoutant le député libéral de Pontiac, André Fortin, interroger le ministre des Finances Carlos Leitao en commission parlementaire.

Sa question n'en finissait plus et prenait plutôt la forme d'un éloge à l'endroit du gouvernement.

Le député ne semblait pas avoir compris que l'étude des crédits, ça doit servir à poser des questions et non pas à faire des discours.

Maintenant je comprends: son parti lui avait dicté son petit boniment. Imaginez à quel point ce sera humiliant pour ces députés libéraux, dorénavant, de retourner dans leurs comtés où ils ont été élus en promettant de se tenir debout!

Cette pratique libérale est tout simplement scandaleuse: elle vise à écouler le temps alloué aux élus pour faire l'étude des crédits des ministères.

Si les députés ne sont suffisamment intelligents ou travaillants pour interroger le gouvernement sans se faire imposer un texte, ils ne méritent pas d'être là. Si elle est élue, la candidate de Philippe Couillard dans Chauveau, Véronique Tremblay, a tout intérêt à ne pas se prêter à ces petites stratégies si elle ne veut pas se faire traiter de marionnette.

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