Gaudreault chez le «roi des lock-out»

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault... (Patrice Laroche, Archives Le Soleil)

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Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault

Patrice Laroche, Archives Le Soleil

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Sylvain Gaudreault est un député respecté au sein du Parti québécois. Il a donc été très sollicité l'automne dernier, après avoir annoncé qu'il ne serait pas candidat à la succession de Pauline Marois.

Voisin de comté d'Alexandre Cloutier, il a trouvé pénible de dire non à son collègue. Mais il craignait de revivre la même erreur qu'a fait le PQ, en 2005, en misant sur la jeunesse d'André Boisclair. Il a également résisté à l'invitation de Pierre Karl Péladeau pour se ranger derrière Bernard Drainville, qu'il estimait plus solide pour combattre les libéraux.

Malgré toute sa notoriété, Gaudreault jugeait que l'inexpérience de Péladeau le défavoriserait en campagne électorale et aux débats des chefs. Et voilà qu'il se retrouve dans le camp de Péladeau, alors que la géographie aurait pu l'inciter à se rallier plutôt à Cloutier, un gars de sa région.

Le château-fort

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a longtemps été considéré comme un château-fort du PQ et des souverainistes. Mais il n'y a pas que le rêve souverainiste au Pays des Bleuets. Depuis plus de deux ans, les 450 employés de garage des concessionnaires automobiles de la région sont victimes d'un lock-out dont on ne voit pas la fin. Jeudi, les travailleurs touchés ne comprenaient pas que Gaudreault puisse préférer Péladeau à Cloutier.

Péladeau, a dit l'un d'entre eux sur les ondes de RDI, c'est «le roi des lock-out». Alors que Cloutier, c'est le neveu d'un concessionnaire, Duchesne Auto, qui a conclu une entente avec ses employés.

Cette semaine, le maire Marc Asselin, d'Alma, a annoncé que la ville n'achèterait pas d'auto neuve tant que le conflit ne serait pas réglé. Asselin est un ami et supporteur d'Alexandre Cloutier, mais même le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a préféré ne pas faire affaire avec les concessionnaires impliqués dans le conflit.

Pas facile à naviguer

Il est impossible, à partir de Québec ou de Montréal, de départager les torts dans un tel conflit de travail. Mais ce qui saute aux yeux, c'est que ça fait mal à tout le monde et à l'économie locale, que ça crée des drames dans les familles, et que ça laissera des cicatrices.

Il n'est pas facile pour les politiciens de naviguer dans un tel contexte. Dans le passé, Gaudreault a critiqué les actions de PKP à la tête de Québecor. Mercredi, il a expliqué au Quotidien de Saguenay qu'il était conscient de la surprise que son appui pourrait provoquer. Il a dit avoir eu une conversation à ce sujet avec Péladeau, qui serait disposé à venir rencontrer les travailleurs et les syndiqués «pour discuter avec eux».

Ce ne sera pas facile: rencontrer des syndiqués et des travailleurs, c'est une chose, mais des lockoutés depuis deux ans, c'est une aventure risquée quand on a soi-même déclenché de nombreux lock-out dans le passé. Sans compter que l'instinct naturel de Pierre Karl Péladeau serait peut-être de se ranger du côté patronal. Les syndiqués y défendent des acquis, mais les concessionnaires estiment qu'il faut revoir les conditions de travail pour survivre aux changements de l'industrie... même discours que chez Québecor et Vidéotron dans le passé.

Gaudreault devra donc jouer de diplomatie.

Un allié?

Mince consolation, il trouvera peut-être un allié en la personne de Philippe Couillard.

Le premier ministre présidera le Sommet économique régional du Saguenay-Lac St-Jean à Alma, le 18 juin. Tout le monde sera là, incluant les syndicats!

Député de Roberval, M. Couillard s'est impliqué personnellement dans l'organisation de cet événement, qui constitue, selon lui, «la première étape d'une démarche visant à donner une nouvelle vigueur économique» à la région. Ce ne serait pas très agréable de tenir un tel sommet avec une protection policière trop évidente, et des lockoutés par centaines à la porte.

M. Couillard a lui aussi intérêt à tenter de trouver une solution à ce conflit dans les semaines qui viennent.

Quant à Pierre-Karl Péladeau, je doute qu'il ait le goût de se mettre le nez dans un tel guêpier.

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