Un atterrissage en catastrophe

Bernard Drainville se retire de la course à... (La Presse Canadienne)

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Bernard Drainville se retire de la course à la chefferie du PQ pour se rallier à Pierre Karl Péladeau.

La Presse Canadienne

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Jean-François Lisée a déjà dit de Pierre Karl Péladeau qu'il était une «bombe à retardement». La semaine dernière, Bernard Drainville l'a qualifié de «mirage». Or à moins de quitter la politique, les deux hommes travailleront sous ses ordres à compter de la mi-mai.

À moins d'un miracle, c'est à un couronnement que les membres du Parti québécois sont convoqués dans trois semaines.

C'est dur, la politique; il faut accepter parfois d'avaler des couleuvres. Si le retrait de Lisée de la course à la direction était prévisible à cause de sa situation familiale, le ralliement de Bernard Drainville est surprenant.

DUR À PRENDRE

Il y a une semaine à peine, il nous prédisait un deuxième tour et promettait de poursuivre la course jusqu'à la fin. Et voilà qu'il abandonne en annonçant que la course est terminée. C'est dur à prendre pour les nombreux députés et les militants qui lui avaient donné leur appui. François Legault s'était attiré de dures critiques au leadership de 2005, après avoir laissé tomber les gens qu'il avait laissé préparer sa candidature.

Il n'y a qu'une explication au virage de Bernard Drainville: c'est le constat qu'il a été devancé par Alexandre Cloutier. Les deux hommes sont en froid depuis que Cloutier a désavoué la Charte de la laïcité après la défaite du gouvernement Marois. On l'a constaté la semaine dernière: Drainville avait fouillé jusque dans la thèse de maîtrise de Cloutier pour la préparation du débat de Québec. Quand Cloutier lui a reproché d'avoir changé d'idée trois fois sur le référendum, Drainville a riposté avec la thèse de maîtrise. Jamais il ne serait rallié derrière Cloutier. Il ne lui restait donc plus que Péladeau. Il a jugé préférable de se rallier maintenant, au lieu d'attendre la confirmation de son échec au premier tour de scrutin.

«CONVERGENCE»

La course à la direction du Parti québécois est terminée, tout comme le débat des idées qu'elle devait permettre. Malgré toutes les mises en garde, incluant celles de Bernard Drainville la semaine dernière encore, le Parti québécois met tous ses oeufs dans le panier d'un «sauveur». Si Péladeau ne devait être qu'un «mirage» ou une «bombe à retardement», s'il devait perdre les élections en 2018, Drainville et Cloutier auraient une deuxième chance.

Hier, Bernard Landry se réjouissait de cette «convergence» des forces souverainistes. C'est drôle qu'il ait utilisé ce mot, tellement proscrit lorsqu'il est utilisé dans le monde des médias, dont les médias de PKP. Je ne suis pas certain que le ralliement de Bernard Drainville soit un facteur de convergence. Certainement pas du côté de Québec solidaire! C'est bien davantage chez les éléments de droite de la CAQ que Péladeau a le plus de chances de voler des appuis. François Legault devra être sur ses gardes. Quant à la vraie gauche fidèle au Parti québécois, elle se partagera entre Alexandre Cloutier et Martine Ouellet, mais on voit mal comment cela pourrait changer la donne.

Pierre-Karl Péladeau a gagné son pari. Sans Drainville sur l'estrade, les débats de Rimouski et Montréal seront beaucoup plus calmes. Le Parti québécois sortira moins amoché de cette course à la direction. Le nouveau chef aura le temps de faire ses débuts au Salon bleu ce printemps, mais la fin de la session viendra rapidement.

C'est à l'automne, dans le climat tendu des négociations des employés de l'État avec le gouvernement, que Pierre-Karl Péladeau subira ses premiers tests. Tout un revirement pour un ancien patron intraitable avec ses syndicats, qui devra maintenant se ranger du côté des syndicats...

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