Ottawa n'est pas le Canada

Kathleen Wynne a répondu à l'invitation de Philippe... (Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Kathleen Wynne a répondu à l'invitation de Philippe Couillard pour participer au sommet sur le climat.

Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Ça ne l'empêchera pas de dormir, mais le sommet sur le climat qui s'est tenu mardi à Québec est un oeil au beurre noir pour Stephen Harper.

À quelques mois de la conférence de Paris sur les changements climatiques, la rencontre de Québec a illustré une fois de plus la mauvaise foi du gouvernement canadien sur le sujet. Le dossier est accablant et sera un enjeu pendant la prochaine campagne électorale fédérale.

Le sommet de Québec a démontré qu'il y a des désaccords profonds entre certaines provinces sur le sujet. C'est normal. Mais le fait qu'elles s'assoient autour d'une même table pour en discuter est un pas dans la bonne direction. Si on y ajoute l'adhésion de l'Ontario à la Bourse du carbone, c'est un pas énorme.

Cette rencontre est le résultat de la création du Conseil de la fédération. Jean Charest n'avait pas fait l'unanimité lorsqu'il avait proposé la mise sur pied de cet organisme, en 2003. Certains y voyaient une admission que le Québec n'est qu'une province comme les autres. Douze ans plus tard, on fait le constat que le conseil répond à un besoin réel de collaboration entre les provinces, surtout quand elles font face à un gouvernement central qui refuse de les rencontrer.

Sourde oreille

La rencontre sur le climat à Québec a été organisée à la suite de l'invitation lancée par Philippe Couillard lors de sa première participation à la réunion estivale du Conseil de la fédération. Elle est un exemple éloquent du genre d'initiative à la portée des provinces pour influencer les politiques du pays. Ottawa n'est pas le Canada! Il y avait trop longtemps que le gouvernement Harper faisait la sourde oreille aux appels pressants de la communauté internationale sur les changements climatiques. L'intervention des provinces le forcera à faire ses devoirs avec un peu plus de sérieux.

Les efforts du Canada contre les changements climatiques ne peuvent donner de résultats sans la participation des autres paliers de gouvernement. La rencontre de Québec a mis la table à une telle participation. Les détails restent à établir mais au moins le travail est commencé.

Politiquement, cet événement est un bon coup pour le gouvernement Couillard dont les politiques environnementales sont sous haute surveillance. Son ambivalence sur le projet de pipeline Énergie Est et son appui à la cimenterie de Port-Daniel, ont sérieusement hypothéqué sa crédibilité. L'adhésion de l'Ontario à la Bourse du carbone, dont le Québec était le seul participant avec la Californie, donne du poids à cette initiative.

Ce rapprochement avec l'Ontario n'est pas nouveau. Sous Jean Charest, il avait pris la forme de rencontres conjointes des conseils des ministres des deux provinces.

Il y a des avantages économiques à ce rapprochement. Les deux provinces ont tout intérêt à accroître leurs échanges d'électricité dans les grandes périodes de consommation. C'est le cas pour la climatisation en Ontario en été, et pour le chauffage au Québec dans les pointes de grand froid en hiver. Plus encore, l'Ontario aura besoin des ressources hydroélectriques du Québec pendant les périodes de restauration de ses centrales nucléaires.

Plus récemment, les premiers ministres Philippe Couillard et Kathleen Wynne ont pris part à une mission conjointe en Chine sous l'égide du Conseil de la fédération.

Les deux provinces ont beau se faire concurrence dans certains domaines d'activités, elles gagnent en prestige et en influence quand elles se présentent côte à côte à l'étranger, ou lorsqu'elles défendent des positions communes devant le gouvernement fédéral.

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