Le saccage de l'UQAM

Selon le ministre François Blais, le recteur de... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Selon le ministre François Blais, le recteur de l'UQAM a bien fait de demander l'intervention des policiers devant la violence croissante des manifestants.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le nouveau ministre québécois de l'Éducation François Blais est sorti un peu frustré de sa conférence de presse de jeudi sur la situation à l'Université du Québec à Montréal. L'UQAM, c'est son alma mater. «Je suis un diplômé de l'UQAM, de cette grande université francophone en Américaine du Nord. J'en suis fier. L'UQAM que j'ai vue à la télévision, ravagée, assaillie, n'est pas celle que j'ai connue pendant mes études de maîtrise et de doctorat en philosophie.»

Son appui à l'institution et à son recteur Robert Proulx s'est toutefois heurté à une presse agressive qui demandait des gestes: qu'attend le gouvernement pour encadrer le processus démocratique au sein des associations étudiantes? Pourquoi ne pas légiférer sur ce droit de grève revendiqué par les manifestants?

Le ministre a fait valoir que ce n'est pas le droit de grève qui est en cause actuellement à l'UQAM, c'est d'y restaurer l'ordre et de protéger le droit aux études des étudiants. Mais ce n'est pas ce que voulaient entendre les médias. Ils voulaient une réponse sur le droit de grève.

Le ministre a été pris au dépourvu. Il a semblé entrouvrir une porte en disant «qu'éventuellement il faudrait qu'il y ait une discussion là-dessus», pour devoir la refermer aussitôt. Parce que légiférer pour «encadrer ce droit de grève» serait une forme de reconnaissance. Or il n'est pas question, pour le gouvernement Couillard, de reconnaître directement ou indirectement un tel droit.

«Le droit à l'éducation, c'est un don que la population fait aux étudiants en finançant en grande partie l'éducation, a finalement dit M. Blais. Qu'il y ait certaines personnes qui veulent refuser ce don, je n'ai aucune difficulté avec ça. Mais que ces mêmes personnes [...] veulent aussi en empêcher d'autres de recevoir ce don, ça, vous comprendrez qu'il y a un problème fondamental.»

Droit de grève?

Une heure plus tard, le leader intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a rétorqué qu'il faudrait légiférer pour «encadrer la démocratie étudiante», définir des balises «pour faire en sorte que tout le monde les respecte».

L'ancien ministre péquiste Pierre Duchesne s'était montré ouvert à cette possibilité, mais le gouvernement de Pauline Marois n'a pas bougé. Parce que reconnaître un droit de grève aux étudiants et encadrer son exercice, c'est également lui imposer des contraintes.

Dans le monde du travail, les syndicats n'ont pas le droit de faire la grève n'importe quand. Et quand ils déclenchent une grève légale, ils n'ont pas le droit de pénétrer dans les locaux de leur entreprise. Les étudiants et les professeurs de l'UQAM qui revendiquent le droit d'interrompre des cours sur le campus n'accepteraient pas de telles contraintes. Et les casseurs encore moins.

De plus, les étudiants qui ne veulent pas faire la grève pourraient contester une telle loi devant les tribunaux si elle avait pour effet de brimer leur droit à l'éducation.

Le bon ordre

Ce n'est donc pas une telle loi qui garantirait le bon ordre sur les campus. Si le Parti québécois est sérieux, il devrait peut-être définir les balises dont parlait M. Bédard, et tester sa proposition auprès des associations étudiantes... Et entre nous, ce n'est pas sous Pierre Karl Péladeau que l'on verra une telle initiative.

Les péquistes ne sont pas naïfs: ils savent très bien que les Québécois sont révoltés à la vue de ces gens cagoulés qui intimident leurs enfants et menacent leur année scolaire. C'est normal, pour l'opposition, de dénoncer l'austérité. Mais donner ne serait-ce que l'impression qu'on a de la sympathie ou de la compréhension pour des gens cagoulés, ce serait un suicide politique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer