Printemps érable... ou automne chaud?

Si l'Association pour une solidarité syndicale-étudiante (ASSÉ) mise... (Robert Skinner, La Presse)

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Si l'Association pour une solidarité syndicale-étudiante (ASSÉ) mise sur le printemps, elle pourrait échouer.

Robert Skinner, La Presse

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La décision qu'auront à prendre en fin de semaine les délégués au congrès de l'ASSÉ, à Montréal, est éminemment stratégique. Faut-il pousser plus loin les efforts pour provoquer un autre printemps érable? Ou est-il préférable de reporter le tout à l'automne, en misant sur le rapport de force que les centrales syndicales voudront créer pour obtenir des concessions salariales pour les employés de l'État?

La décision est stratégique parce que d'un côté comme de l'autre, il y a des risques.

Si l'Association pour une solidarité syndicale-étudiante (ASSÉ) mise sur le printemps, elle pourrait échouer. 

De nombreux campus ont déjà refusé de se lancer dans des grèves qui mettraient leur session en péril. Mais si elle attend en septembre dans l'espoir de vivre un automne chaud aux côtés des syndicats, elle risque de se retrouver seule dans la rue si les négociations des centrales syndicales avec le gouvernement donnent des espoirs d'ententes.

Il est permis de croire que le gouvernement ferait de gros efforts pour régler avec certains syndicats afin de tuer dans l'oeuf l'idée d'un automne chaud.

S'il échoue, il adoptera une loi spéciale pour dicter les conditions de travail de ses employés, ce qui pourrait mener à des manifestations et à des mouvements de grève. 

Mais les syndicats, qui ont besoin d'un appui du public, ne voudront pas s'associer très longtemps à des manifestations marquées par le vandalisme et la violence comme celles qui ont caractérisé le printemps érable de 2012. De plus, même dans un scénario d'automne chaud, le temps maussade de novembre finira par refroidir tout le monde.

Question d'argent

Sur fond de toile de la lutte contre l'austérité, c'est de finances publiques dont on parle ici. Le Québec a-t-il ou non les moyens d'injecter plus d'argent dans les missions de l'État? Serait-il plus sage de reporter à plus tard cet objectif d'équilibre budgétaire qui sème la controverse?

Il était intéressant, jeudi, d'entendre le leader intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, s'inquiéter d'un avis de la firme Moody's sur la cote de crédit de la Caisse de dépôt et placement du Québec. 

Ce qui est en cause dans le débat sur l'austérité, c'est justement la possibilité d'une décote du Québec par les maisons de notation.

Or le Nouveau-Brunswick, qui a déposé son budget mardi, a justement reçu un avertissement de Moody's qui a mis en doute sa capacité d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2017-2018. La maison de notation a déjà abaissé la cote de crédit du Nouveau-Brunswick en 2012, à cause de sa dette. Or la cote du Québec est la même que celle du Nouveau-Brunswick... mais pas sa dette: «Que ce soit sur la base de la dette brute ou sur celle de la dette représentant les déficits cumulés, en pourcentage du produit intérieur brut, le Québec est la province la plus endettée», confirment les documents les plus récents du ministère des Finances.

La dette représentant les déficits cumulés est de 33 % par rapport au PIB, celle du Nouveau-Brunswick que de 10,3 %.

À l'abri d'une décote, le Québec? Que ça vous plaise ou non, la réponse est négative. Et une décote, ça veut dire des frais d'intérêts encore plus élevés sur le service de dette, qui accapare déjà 10 % du budget annuel du gouvernement.

Alors avant de crier au report de l'équilibre budgétaire, comme le font les syndicats, il faut s'interroger sérieusement sur les conséquences d'un tel geste pour nos enfants, ceux là même qui manifestaient contre l'austérité jeudi, dans les rues de Montréal.

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