Départager la rumeur de la réalité

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Après le droit à l'avortement, voilà que c'est le lunch des petits dans les garderies qui serait menacé par l'austérité... Wooooo!

Bienvenue dans le monde surréaliste des épouvantails à politiciens.

C'est vrai que le gouvernement de Philippe Couillard applique des mesures d'austérité qui forcent toutes les composantes de notre État-providence à se serrer la ceinture. Et c'est faux de prétendre que les services à la population ne seront pas touchés.

Mais ce dont il faut se méfier, dans un tel contexte, c'est de tous ces scénarios de coupes dans les services, lancés à gauche et à droite, avant même que les décisions ne soient prises. Il s'agit de mesures préventives de la part des institutions concernées, mais il ne s'agit pas de décisions.

L'avortement?

Les limites évoquées il y a 10 jours au droit à l'avortement étaient farfelues dans le Québec contemporain qui a été à l'avant-garde des politiques adoptées à ce sujet au Canada. La nouvelle serait venue de Stephen Harper, elle aurait été prise au sérieux. Mais du gouvernement du Québec, c'était surréaliste.

Or malgré les démentis immédiats du premier ministre et du ministre de la Santé Gaétan Barrette, des gens ont manifesté avant-hier à Montréal, notamment pour préserver le droit à l'avortement.

Le lunch des enfants dans les Centres de la petite enfance, c'est un service garanti par la loi. Ce n'est pas vrai que des garderies pourraient couper ce repas à cause des compressions budgétaires. Il leur faudra couper ailleurs - je ne sais pas où et comment - mais le gouvernement, qui vient de hausser les frais de garderies se dirigerait vers une catastrophe électorale s'il forçait les petits à traîner des boîtes à lunch.

Retour au point de départ: c'est vrai que les services à la population souffrent et souffriront de l'austérité. Mais il y a des services intouchables dans le panier de services de l'État providence. Il faut faire la part des choses entre la réalité et les rumeurs véhiculées par des gens qui veulent préserver les acquis.

Déterminé

Le gouvernement Couillard a résisté, en 2014, aux pressions contre l'austérité et le retour à l'équilibre budgétaire. Il a survécu au tapage des employés municipaux et des policiers qui s'objectaient à sa réforme des régimes de retraite.

Sa détermination ne semble pas avoir été ébranlée.

Or voilà qu'il s'engage dans la partie la plus délicate de son mandat, celle des négociations pour le renouvellement des conventions collectives de ses employés. C'est un contexte où les parties en demande ont l'habitude de dénoncer et parfois d'amplifier les lacunes dans les services gouvernementaux et d'en faire porter l'odieux aux manques de ressources. C'est de bonne guerre dans un rapport de forces, mais c'est également un contexte où il faut se méfier des scénarios catastrophes évoqués pour appuyer les demandes des uns et des autres.

Le gouvernement de Philippe Couillard a fait du retour à l'équilibre budgétaire, sa priorité. Il y a du pour et du contre à un tel exercice, et il y a des risques. Il est impossible de chambarder à ce point l'appareil de l'État sans faire des erreurs. Et il y a un risque réel de voir l'opposition à ces changements se transporter dans la rue, comme en 2012.

Mais je suis de ceux qui estiment qu'il y a trop longtemps que le Québec emprunte pour payer l'épicerie. Le gouvernement Marois aurait-il fait mieux pour atteindre le même objectif d'équilibre budgétaire? On ne le saura jamais. Mais si le Québec rate son coup cette année, il nous condamne tous à une austérité en lettres capitales qui fera beaucoup plus de dégâts.

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