Le budget, c'est du théâtre!

Jeudi, c'était au tour de Nicolas Marceau, l'ancien... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Jeudi, c'était au tour de Nicolas Marceau, l'ancien ministre des Finances de Pauline Marois, de dénoncer le budget Leitao. Un budget préparé par les mêmes fonctionnaires... qui l'assistaient 12 mois plus tôt lorsqu'il était au pouvoir.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Permettez-moi de vous amener dans les coulisses du huis clos du budget pour mieux comprendre les critiques et les louanges que vous avez entendues depuis jeudi soir, en suivi au dépôt du budget du ministre des Finances Carlos Leitao.

Le huis clos, c'est un énorme exercice auquel sont conviés les médias au Centre des congrès de Québec, et auquel sont admis tout ce qui bouge et parlotte dans le monde syndical, patronal, communautaire, politique et autres du Québec. C'est un peu comme des funérailles où l'on revoit plein de monde qu'on ne rencontre pas assez souvent. On se serre la main, on se fait la bise, on prend des nouvelles de la famille, et on promet de se revoir plus souvent.

Mais le huis clos du budget, c'est aussi du grand théâtre où les intervenants tiennent à peu près le même rôle d'année en année, peu importe ce qu'on y annonce. Les partis d'opposition dénoncent, les syndicats chialent, et le patronat se réjouit.

Les critiques...

Jeudi, c'était au tour de Nicolas Marceau, l'ancien ministre des Finances de Pauline Marois, de dénoncer le budget Leitao. Un budget préparé par les mêmes fonctionnaires... qui l'assistaient 12 mois plus tôt lorsqu'il était au pouvoir.

Marceau est un honnête homme, mais peu importe ce qu'il pense vraiment, le rôle qu'il tenait jeudi était celui du critique. Il a donc joint sa voix à celle des représentants syndicaux, comme Jacques Létourneau de la CSN, qui condamnaient l'austérité libérale.

Mais que disait le même Létourneau, quand c'est Marceau qui présentait son budget?

Novembre 2012: «En matière de solidarité sociale, le PQ s'éloigne du PQ. Des signaux forts sont envoyés pour réconforter les marchés financiers. En outre, au dogme de l'équilibre budgétaire s'ajoute celui du remboursement de la dette.»

Février 2014: «Il provoque une fracture sociale. En rejetant l'idée de rechercher de nouvelles sources de revenus pour l'État et en limitant la croissance des dépenses à 2% par année, dont 3% pour la santé et les services sociaux, il n'annonce rien de moins que d'importantes coupes dans les services publics.»

Jamais contents, les syndicats? C'est à peu près ça.

... et les appuis

Alors que les patrons, c'est l'inverse.

Pourtant, le patronat n'a pas beaucoup d'atomes crochus avec le Parti québécois. Mais quand on parle de fric, allez donc savoir pourquoi, les boss sont toujours heureux. Voici ce que disait le président du Conseil du patronat du Québec, Yves Thomas Dorval, du budget Marceau en 2012. «Le ministre a tenu compte des préoccupations exprimées par le milieu des affaires quant au contrôle des finances publiques et à la mise en oeuvre des conditions propices à l'investissement, ce qui mérite d'être souligné».

En février 2014, le CPQ était plus prudent, question de ne pas trop vanter le gouvernement Marois à l'approche des élections. Mais il trouvait néanmoins des qualités au budget Marceau et saluait la volonté du gouvernement de revoir le mode de financement du réseau de la santé par le biais d'un rapport d'experts.

Voilà donc, chers amis lecteurs, comment ça se passe vraiment dans le beau monde des huis clos du budget: c'est du théâtre!

Et les étudiants dans tout ça?

Réaction de l'ASSÉ au budget 2014 de Nicolas Marceau: «Il est inconcevable de donner des congés fiscaux aux entreprises alors que nous continuons de demander aux gens moins fortunés de payer davantage par l'entremise de mesures comme des hausses de tarifs de 28% dans les garderies publiques. Dans une perspective de riposte globale, une multitude de groupes syndicaux et communautaires se joindront à l'ASSÉ pour manifester dans les rues de Montréal le 3 avril prochain...»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer