Khadir a la mémoire courte

Amir Khadir a justifié les manifestations de mardi... (Archives, La Presse)

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Amir Khadir a justifié les manifestations de mardi et a reproché aux médias de s'alimenter dans le sensationnalisme et dans la violence.

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Amir Khadir, dont la fille s'est retrouvée devant les tribunaux dans la foulée de la crise de 2012, n'aide personne en souhaitant un autre printemps érable en 2015.

Hier, sur les ondes de LCN, M. Khadir justifiait les manifestations de la veille en reprochant aux médias «qui s'alimentent dans le sensationnalisme et dans la violence», de repasser en boucle les affrontements de mardi soir avec la police. Selon lui, les étudiants n'ont pas les mêmes tribunes que les Péladeau et les Desmarais de ce monde.

M. Khadir nous avait pourtant habitué à des contributions plus éclairées et plus responsables.

Québec solidaire, qui n'a que trois députés, jouit d'une visibilité exceptionnelle à l'Assemblée nationale, à cause notamment de l'intelligence et de l'implication des Françoise David, Manon Massé et également de M. Khadir. Ce petit parti parvient régulièrement à faire valoir ses idées, et oui, à influencer les autres politiciens. Sa présence à l'Assemblée nationale lui donne une vitrine exceptionnelle, qu'il utilise très habilement.

Ce n'est donc pas vrai que ceux, parmi les étudiants, qui s'identifient aux valeurs de Québec solidaire, n'ont pas d'autres recours que de bloquer l'accès aux salles de classes et d'affronter les policiers pour faire valoir leurs opinions.

Pouvoir de la rue

Le printemps érable que souhaite M. Khadir, c'est le pouvoir de la rue, avec ses dangers et ses débordements. Ce n'est pas ce pouvoir qui a permis à M. Khadir de se faire élire, c'est le fait de vivre en démocratie. Et ce n'est pas le pouvoir de la rue qui a permis à sa fille d'éviter une peine de prison après avoir participé au saccage du bureau de Line Beauchamp, et s'être livrée à du vandalisme au cégep du Vieux-Montréal et à l'Université de Montréal. C'est le privilège de vivre dans un état de droit qui lui a consenti une absolution conditionnelle, et qui lui a ainsi permis de poursuivre ses études pour devenir avocate.

Françoise David, dont l'autorité morale fait consensus au sein de Québec solidaire, devrait gentiment rappeler son collègue à l'ordre.

J'ai été surpris, par ailleurs, d'entendre Bernard Drainville déclarer qu'il accepterait peut-être de participer aux manifestations des étudiants. Il y a, dans les événements des derniers jours, un air de déjà vu qui ressemble trop aux prémisses du printemps érable de 2012. C'est le genre de situation où l'intérêt public doit primer sur les intérêts partisans. Les politiciens ont déjà une tribune exceptionnelle pour faire la lutte aux politiques gouvernementales. Descendre dans la rue à cette étape serait irresponsable.

Une société qui se sent agressée ou menacée se tourne généralement vers les forces de l'ordre. Stephen Harper en est la démonstration la plus éloquente sur la scène fédérale. Le Québec est sorti traumatisé du printemps érable de 2012. Une deuxième crise de cette ampleur ne ferait que donner des arguments de plus à ceux qui voient dans la police la meilleure façon de ramener l'ordre.

À moins qu'il n'ait totalement perdu la mémoire, Amir Khadir devrait le savoir et éviter de jeter de l'huile sur le feu.

Steve Flanagan se joint à l'équipe de Pierre Karl Péladeau. Sur son blogue, ce gestionnaire de crise a écrit l'an dernier que l'arrivée de PKP au Parti québécois avait mené à la perte du contrôle de la stratégie électorale de Pauline Marois.

Selon lui, la présentation de la souveraineté avait été «un message fort, trop fort dans les circonstances, porté par un homme autant craint qu'admiré».

Quels conseils donnera-t-il maintenant à PKP sur la souveraineté?

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