PKP ne résiste pas, il ignore les questions

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Pierre Karl Péladeau a refusé de répondre aux questions de ses adversaires.

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Au cours de sa conférence de presse de mardi sur l'économie, Pierre Karl Péladeau a limité les questions des journalistes à une seule intervention. C'est surprenant de la part du propriétaire d'une entreprise de presse, mais pas avec M. Péladeau qui préfère passer ses messages sur Facebook, sans avoir à les expliquer davantage.

Mais hier soir à Trois-Rivières, ce sont ses adversaires à la direction du PQ que PKP a surpris: il a tout simplement refusé de répondre à leurs questions. On comprend mieux pourquoi il limite les questions des journalistes. Les militants qui s'attendaient à un vrai débat entre le favori des sondeurs et ses adversaires, sont restés sur leur appétit.

Premier exemple: à Martine Ouellet, qui l'a pressé de dire s'il était d'accord avec la position du PQ sur la révision du Code du travail pour empêcher l'utilisation des briseurs de grève, M. Péladeau a répondu qu'il répondrait plutôt à la question soumise par une militante. Pourtant, il était dans la portion du débat entre deux candidats. Il n'en n'a pas tenu compte.

Deuxième exemple: à la question de Pierre Céré qui voulait savoir si Québecor avait déjà utilisé les paradis fiscaux pour sauver de l'impôt, M. Péladeau a répondu: «il n'est pas utile que je parle de Québecor ici. Je n'assume aucun poste de direction». Pouf! Le passé n'existe plus!

Mais dix minutes plus tard, M. Péladeau s'est souvenu son passé chez Québecor. Il a dénoncé les sommes astronomiques que l'entreprise a dû payer à Ottawa pour ses licences. Bref, son passé chez Québecor est pertinent pour dénoncer le fédéral, mais ne l'est pas pour parler d'évasion fiscale... La veille, en conférence de presse, il avait pourtant promis de s'attaquer à l'évasion fiscale. Cherchez l'erreur!

Troisième exemple: dans un débat contre Bernard Drainville qui cherchait à savoir s'il était d'accord avec le report du déficit zéro d'un an, Péladeau a répondu qu'il était «important de s'en tenir au sujet». Convenons que sur ce point, la question posée était de savoir ce que les candidats pensaient de la privatisation potentielle de sociétés comme Hydro-Québec et la Société des alcools. Mais Drainville l'avait ramené au déficit zéro, en faisant valoir que les libéraux sont en train de démanteler le modèle québécois dans leur empressement d'atteindre l'équilibre budgétaire. C'était la deuxième fois qu'il posait cette question à Péladeau. En vain!

Ces débats s'adressent d'abord et avant tout aux militants péquistes qui choisiront leur prochain chef. S'ils sont satisfaits de la performance de leur favori dans le débat d'hier soir, ils auront une méchante surprise quand il devra affronter François Legault, Philippe Couillard et François David à l'Assemblée nationale et en campagne électorale. Parce que là, on ne fera pas de quartiers.

Ce premier de cinq débats n'a pas vraiment permis d'en apprendre davantage sur les programmes des candidats. Il aura tout de même permis de constater que les trois anciens ministres, Ouellet, Drainville et Cloutier, sont beaucoup mieux outillés pour défendre leurs idées. Même Pierre Céré, qui est pourtant un nouveau venu dans ce forum, arrivait avec des opinions ou des propositions claires. On ne peut en dire autant de Pierre Karl Péladeau. C'est peut-être normal compte tenu de son manque d'expérience en politique. Mais on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit mieux préparé pour répondre aux questions les plus prévisibles de ses adversaires.

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