Il a perdu une bataille, mais pas la guerre

Jacques Turgeon a repris son poste de directeur... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jacques Turgeon a repris son poste de directeur général du CHUM.

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La rapidité avec laquelle le bureau de Philippe Couillard a réglé la chicane de Gaétan Barrette avec Jacques Turgeon, du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), montre à quel point le gouvernement craignait les retombées de cette affaire. La chicane était sérieuse, mais elle avait toutes les allures d'une querelle de cour d'école où les deux hommes s'accusaient mutuellement d'avoir lancé la première pierre. Finalement, les deux ont compris que veux-veux pas, ils étaient condamnés à tourner la page et à travailler ensemble.

Après un tel épisode, les filles auront raison de dire que c'est bien ça, l'univers des gars: on bombe le torse, on se donne de grandes claques sur la gueule, on s'accuse de tous les torts, pour s'asseoir ensuite devant une bière et régler l'affaire en se félicitant mutuellement d'un si bel échange de coups. À tout le moins, c'était la façon de faire de Gaétan Barrette dans son passé syndical.

Le directeur du CHUM, Jacques Turgeon, n'a pas la même personnalité. Les éloges dithyrambiques qu'il a eus hier à l'endroit du premier ministre Couillard et de son ministre détonnaient étrangement après ses graves accusations d'ingérence de la semaine dernière. Mais il a montré, tout comme Gaétan Barrette, qu'une fois les gros mots échangés, on oublie tout ça, on se serre la main, et on met ça sur le dos des médias. Pas chic, ce dernier argument!

Fin de l'histoire? Pas tout à fait. Dans son petit monde, M. Turgeon pourra se vanter de son coup de force devant un ministre aussi bagarreur. En fait, il devient un véritable héros pour tous les membres de la communauté médicale qui s'objectent aux changements du ministre. Il obtient carte blanche pour la gestion de son centre hospitalier, et il donne le modèle à suivre à tous ceux que le gouvernement voudra bousculer, sans égard à leurs titres et à leurs compétences. Même si le ministre sauve la face en ramenant M. Turgeon à son poste, il conviendra qu'il a cédé sur toute la ligne, acceptant même de considérer la candidature de membres démissionnaires lors de la formation du nouveau conseil d'administration du CHUM. On parle ici de Jean-Claude Deschênes, le président du conseil, et de Michel Gervais, l'ancien recteur de Laval qui a démissionné avec fracas en dénonçant «le prince» Barrette. Le ministre a accepté de «considérer» ces candidatures. On peut penser qu'il ne voudra pas d'un autre conflit avec Turgeon sur des détails de cette nature.

Même si Gaétan Barrette sort amoché de cet épisode, les acteurs du monde de la santé feraient une erreur de croire qu'il va reculer sur l'essentiel de ses projets. Chassez le naturel, il revient au galop: le ministre va sans doute mettre les gants blancs à l'occasion, mais il sait bien que s'il a perdu une bataille, il n'a pas perdu la guerre. Du moins, pas encore.

C'est dans la bulle du Parti libéral à l'Assemblée nationale que le ministre sort le plus amoché. Depuis son arrivée à la Santé, sa belle assurance et ses talents de communicateur avaient convaincu ses collègues qu'il savait ce qu'il faisait. On vient d'apprendre que ce n'est pas toujours le cas.

Parlons d'économie

Sans grande surprise, Pierre-Karl Péladeau et Bernard Drainville ont donné des conférences de presse sur l'économie hier. À 24 heures du premier débat des candidats à la direction du PQ, Péladeau tenait à orienter la discussion vers le sujet qui le favorise par rapport à ses adversaires. Drainville ne voulait pas être en reste.

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