Écoutez, Docteur Barrette...

Le ministre Gaétan Barrette.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Le ministre Gaétan Barrette.

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Ce n'est qu'une première impression. Mais le début des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 20, qui imposerait des quotas aux médecins, m'a laissé sur mon appétit.

J'aurais aimé voir de véritables échanges entre le ministre Gaétan Barrette et les témoins, afin de nous éclairer sur les enjeux. Mais à la place, j'ai vu un ministre qui cherchait davantage à justifier son projet de loi qu'à écouter les arguments de ses interlocuteurs.

J'ai du respect pour la détermination du ministre à faire bouger les choses dans la santé, qui engloutit la moitié du budget du gouvernement. C'est un secteur où les acteurs résistent depuis trop longtemps à des changements aussi simples qu'une meilleure utilisation des infirmières. Ce n'est qu'un exemple. Mais il y a des dangers au changement lorsqu'on bouscule les gens et les institutions sans les avoir véritablement consultés.

C'est là que les travaux de la commission parlementaire sont importants. Ils doivent donner lieu à de véritables échanges d'information et à de l'écoute.

Le ministre Barrette n'aurait pas dû, comme il l'a fait mardi, renvoyer les représentants des jeunes médecins à leurs devoirs, en leur disant qu'ils n'ont pas les mêmes chiffres que lui sur le nombre de jours travaillés. Si les chiffres sont différents, qu'on les décortique afin d'avoir l'heure juste.

Plus efficace?

Les médecins sont des gens intelligents et articulés. Il est donc facile de se laisser convaincre par leurs arguments, même quand ils défendent leurs privilèges. Mais il me semble qu'il serait plus efficace, comme l'a suggéré mardi le Collège des médecins, d'imposer des quotas à des groupes de médecins d'une même clinique, plutôt qu'à des individus. De cette façon, quand un médecin prend sa retraite ou devient moins disponible, il appartient à ses collègues de prendre ses patients en charge au lieu de les laisser tomber.

Je n'ai aucune expertise en ce domaine, comme la plupart des députés, d'ailleurs, qui participent à la commission parlementaire sur le projet de loi 20. D'où l'importance de mener ces travaux dans un grand esprit d'ouverture, comme on l'a fait pour les soins de fin de vie.

Hier, le ministre Barrette s'est montré plus ouvert en disant que si on lui fait des propositions qui donnent des résultats, il va les appliquer.

«Mais actuellement, la seule personne qui arrive avec des propositions qui donnent des résultats, c'est moi». Ça m'a semblé un peu présomptueux. Il aurait pu se passer de cette déclaration.

Peut-être que le négociateur en lui fait tout ça pour mettre de la pression sur le système et amener les médecins à lui faire des propositions. À cet égard, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, qui représente les médecins de famille, a tout intérêt à soumettre des propositions très concrètes au lieu de se laisser imposer des quotas arbitraires. Mais le ministre a également tout intérêt à écouter davantage. Son expertise en ce domaine est incontestable, mais il ne connaît pas tout

Intéressant

Une lectrice m'envoie ce message en suivi à ma chronique de mardi intitulée «Les syndicats envoient les étudiants au front».

Elle m'enlève les mots de la bouche. «Ne trouvez-vous pas aberrant, contradictoire et révoltant que les syndicats envoient les étudiants au front contre l'austérité? Encore la semaine dernière, on parlait des échecs en français, du besoin de récupération des étudiants de Cégep et du décrochage. Puis aujourd'hui, on les pousse dans la rue. Quelle logique?»

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