Eve Adams fait un «Belinda» à Harper

Avec un nom comme Ève Adam et un... (Justin Tang)

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Avec un nom comme Ève Adam et un look de star, la nouvelle recrue torontoise de Justin Trudeau a tout ce qu'il faut pour illustrer la décadence du gouvernement Harper et l'émergence d'une nouvelle ère.

Justin Tang

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Le titre est un jeu de mots... pour attirer votre attention. Mais admettez qu'avec un nom comme Eve Adams et un look de star, la nouvelle recrue torontoise de Justin Trudeau a tout ce qu'il faut pour illustrer la décadence du gouvernement Harper et l'émergence d'une nouvelle ère Trudeau.

Le problème, c'est qu'elle a été au Parti conservateur pendant une vingtaine d'années, que son conjoint Dimitri Soudas a été l'homme de confiance de Stephen Harper, qu'elle tentait encore d'obtenir l'investiture conservatrice à la fin de janvier, et que c'est peut-être par dépit qu'elle passe chez les libéraux. Sa conversion à la foi libérale est douteuse.

Les transfuges ne sont généralement pas très populaires en politique. À preuve, Mme Adams venait à peine d'annoncer sa décision que La Presse Canadienne mettait en ligne une vidéo illustrant une colère pas très glorieuse contre un garagiste d'Ottawa au sujet du lavage de son auto. Une colère pour laquelle elle s'est excusée, mais qui laisse entendre que derrière son air angélique, il y a un personnage un peu moins conciliant.

Quoi qu'il arrive, Eve Adams passera à l'histoire pour avoir fait un Belinda Stronach à son amoureux conservateur, Dimitri Soudas. À moins que les rumeurs envoyant Soudas chez les libéraux s'avèrent... À tout hasard, Mme Stronach avait «dompé» le ministre conservateur Peter Mackay en 2005 pour se joindre aux libéraux de Paul Martin. Martin l'a nommée ministre...

Le bâillon

Les libéraux ont joué de chance avec leur bâillon de vendredi dernier sur le projet de loi 10 de Gaétan Barrette. La décision de la Cour suprême sur l'aide médicale à mourir et le Conseil national du Parti québécois, ont dirigé les caméras ailleurs.

Il faut dire que les gens sont un peu blasés de voir les politiciens se quereller sur le bâillon, critiquer son usage dans l'opposition et l'utiliser allégrement lorsqu'ils sont au pouvoir. Cette année, ce sont les libéraux qui l'imposent, sous prétexte que le PQ fait de «l'obstruction».

Et que disaient ces mêmes libéraux lorsque les péquistes au pouvoir ont utilisé le bâillon pour faire adopter la loi 78 sur les mines, en décembre 2013?

- Jean-Marc Fournier: «Nous sommes présentement devant une procédure de bâillon qui vise à enlever le droit de parole des députés, et, pire que ça, le droit de parole de ceux qui sont visés par ce projet de loi.»

- Pierre Moreau: «C'est le bâillon de la honte. C'est le bâillon de gens qui n'ont aucune vision. C'est le bâillon de gens qui n'ont aucune parole.»

Cette semaine, c'était au tour des péquistes et de Stéphane Bédard de tenir des propos similaires contre le bâillon libéral. «Méprisant! Il n'y a aucune urgence objective. Ce n'est que le bulldozer Barrette. Aucune volonté d'arriver à des ententes qui tiendraient compte de la réalité locale et régionale.»

Est-ce à dire qu'il faudrait bannir l'utilisation du bâillon? Lors du débat sur le sujet, en décembre 2013, le doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron, a reconnu, que cet outil parlementaire constituait «une brimade» au droit de s'exprimer.

«C'est une brimade, une mesure d'exception. Mais est-ce qu'il est logique d'utiliser parfois des mesures d'exception parce que l'intérêt supérieur du Québec est là? La réponse, c'est oui.»

Nous voilà donc de retour au point de départ. Ce qui est clair, c'est que les politiciens perdent leur temps en s'accusant mutuellement d'outrage à la démocratie à chaque fois que l'autre utilise le bâillon. À force de les entendre crier au loup, on ne les croit plus.

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