Le PQ des villes... ou des régions?

Le maire d'Alma souhaite qu'un débat des chefs... (Archives La Presse Canadienne)

Agrandir

Le maire d'Alma souhaite qu'un débat des chefs prenne place dans sa ville puisque Alexandre Cloutier, député du Lac-Saint-Jean, se présente à la chefferie du PQ.

Archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ce serait plutôt gênant, pour le Parti québécois, d'ignorer les régions dans les débats à venir entre les candidats à la succession de Pauline Marois. Après les demandes de quatre candidats sur cinq, après celle des membres de la commission jeunesse pour des débats en régions, voilà que les associations de circonscriptions se mettent de la partie. Celle de Rimouski a envoyé une lettre en ce sens à l'organisateur de la course, Jacques Léonard, et plusieurs autres auraient fait de même.

Le Parti québécois peut-il décemment demander à ses militants d'Alma, Baie-Comeau ou de Rimouski de regarder le spectacle à la télévision? Non, répondent à l'unisson les maires de ces trois villes, représentées incidemment par des péquistes à l'Assemblée nationale.

Pour Éric Forest, de Rimouski, l'organisation du PQ doit «envoyer un signal» en tenant au moins deux débats en régions. C'est important, dit-il, dans le contexte actuel «des enjeux entourant le poids politique des régions par rapport à Montréal et Québec». M. Forest rappelle que les racines du PQ sont fortement ancrées en région, et que le parti ne peut pas les tenir pour acquises. Selon lui, une représentativité régionale minimale devrait passer par un débat dans une région ressource, et un autre dans une région située en périphérie des grands milieux urbains, comme l'Estrie ou la Mauricie. Le Bas-St-Laurent-Gaspésie est évidemment incontournable, reconnaît volontiers M. Forest.

pas les même enjeux

Pour Claude Martel, le maire de Baie-Comeau, la tenue de débats régionaux est d'autant plus nécessaire «que le PQ a toujours prétendu être le parti des régions, et qu'on a actuellement l'impression que le gouvernement Couillard nous abandonne».

En quoi un débat en région est-il différent d'un débat à Québec ou Montréal? «Les gens qui vont poser des questions n'ont aucun intérêt à interroger les candidats sur les ressources en région, répond le maire Martel. Demandez donc à quelqu'un de Québec s'il connaît le pourcentage d'électricité qui sort d'en arrière de Baie-Comeau, puis de l'aluminium ou de la forêt.» Il ajoute que si les redevances sur les ressources naturelles ne concernent que les mines et ne tiennent pas compte de la forêt et de l'électricité, seulement deux ou trois villes vont en profiter. «Si ce n'est que cela, on ne soutient pas les régions», conclut-il. D'où l'importance de profiter des débats du PQ pour sensibiliser les candidats à ces enjeux et connaître leurs opinions.

Le maire d'Alma, Marc Asselin, a un autre argument: «J'ai un candidat dans ma cour, dit-il en allusion au député Alexandre Cloutier. Il me semble que ce serait plaisant de les voir chez nous. Alma, c'est la ville de l'hospitalité.»

Plus sérieusement, M. Asselin fait valoir que «nos élus du Parti québécois se sont offusqués du fait qu'on négligeait les régions. Ce serait malhabile pour eux de faire de même quand il s'agit de débattre de leur prochain chef». M. Asselin reconnaît que la technologie permet une diffusion des débats, mais «au niveau politique et philosophique, on serait oubliée comme région. Ce qu'on défend, c'est de pouvoir occuper le territoire québécois sans être discrédité parce qu'on n'est pas un million d'habitants».

La décision sur les débats devrait être discutée aujourd'hui par Jacques Léonard, l'organisateur du congrès, avec les candidats et leurs adjoints. Les autorités du parti voulaient limiter ce nombre à deux, mais la possibilité d'un troisième débat à Gatineau a été soulevée avant les Fêtes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer