Affrontements sur la souveraineté et les syndicats

Pierre Karl Péladeau a participé au débat de... (Paul Chiasson, La Presse Canadienne)

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Pierre Karl Péladeau a participé au débat de mercredi par vidéoconférence.

Paul Chiasson, La Presse Canadienne

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Il est dommage que les étudiants de l'Université de Montréal, pourtant rompus à tous les secrets d'Internet et des médias sociaux, n'aient pas jugé utile de diffuser leur débat de mercredi midi entre les candidats à la direction du Parti québécois. Il s'agissait tout de même de la première rencontre de ce genre entre les candidats. Une rencontre qui a permis de constater à quel point l'écart est grand, entre les aspirants, sur la démarche à suivre vers la souveraineté.

Les péquistes ont beau dire qu'ils ne veulent plus s'enliser dans le débat sur le «comment» y parvenir, c'est encore de ce point qu'ils ont débattu hier.

Les échanges ont aussi illustré les difficultés de Pierre Karl Péladeau à réconcilier son passé d'hommes d'affaires avec son nouveau métier de politicien.

Le débat a démontré de plus la pertinence de Pierre Céré dans les discussions, même si on doute qu'il parvienne à répondre aux exigences du parti pour se qualifier officiellement d'ici la fin de la semaine. À plusieurs reprises, Céré a réagi aux belles intentions des autres, en leur rappelant les promesses passées du PQ et abandonnées une fois au pouvoir.

Le plus ciblé

Comme il fallait s'y attendre, c'est Pierre Karl Péladeau qui a été le plus ciblé pendant les périodes consacrées aux échanges. C'est sur la question des lois du travail que l'ancien patron de Québecor a été le plus embarrassé.

Alexandre Cloutier lui a rappelé la lettre signée de sa main en 2010, dénonçant la formule Rand et l'exemption d'impôt sur les prestations versées par les syndicats aux travailleurs en grève ou victimes d'un lock-out. Cloutier lui a reproché de ne pas avoir plaidé en faveur de loi anti-scab que le PQ a réclamé pendant les conflits au sein de l'empire Québecor.

«J'étais dans une situation bien différente» a répondu Péladeau, sans s'expliquer davantage. Sur la question des relations avec les syndicats, il a rappelé le rôle important de ces organisations quand les entreprises étaient dirigées par des «anglo-saxons» peu soucieux des intérêts des travailleurs.

Référendum

Si tous les candidats avaient à peu près le même discours sur des questions comme l'importance de l'éducation, ils ont montré les difficultés des péquistes à s'entendre sur les stratégies menant à la souveraineté. Pierre-Karl Péladeau a réitéré qu'il n'y a pas d'ambiguïté dans ses convictions. Il a expliqué qu'à son arrivée dans la campagne électorale de 2014, «on n'était pas prêt à en parler» ce qui a mené à un «dérapage».

Bernard Drainville et Alexandre Cloutier se sont affrontés sur la démarche à suivre. Le premier suggère que trois semaines avant les prochaines élections, on dise clairement aux Québécois si l'appui à la souveraineté est suffisamment important pour tenir un référendum, et qu'on agisse en conséquence. Cloutier n'est pas d'accord. Il promet plutôt de réunir l'appui d'un million de Québécois, condition essentielle selon lui pour gagner un référendum dans le prochain mandat.

Martine Ouellet s'engage à faire comme Jacques Parizeau, et à offrir une intention ferme de tenir un référendum.

Péladeau estime de son côté qu'il faut «extirper les citoyens de l'ignorance» et il se dit «optimiste» de prouver qu'un Québec indépendant serait plus riche. Il ne s'est pas aventuré sur le terrain des stratégies référendaires.

Ce premier débat n'a pas montré de gagnant ou de perdant dans les arguments avancés, mais tous les applaudissements sont allés vers Alexandre Cloutier. Avait-il «paqueté» la salle ? S'il ne l'a pas fait, les autres candidats devraient s'inquiéter.

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