Les occasions manquées

Pierre Karl Péladeau... (Graham Hughes, Archives La Presse Canadienne)

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Pierre Karl Péladeau

Graham Hughes, Archives La Presse Canadienne

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L'Université du Québec à Montréal propose une baisse salariale de 2 % à ses professeurs. Celle de Sherbrooke veut réduire leur masse salariale de 6,5 %. L'Université Laval doit trouver 22 millions $ à couper dans le budget des facultés. Êtes-vous vraiment surpris? Pas moi!

Il y a deux ans, les étudiants appuyés par les centrales syndicales et le Parti québécois, ont bloqué les hausses de tarifs décrétées par le gouvernement Charest. Pauline Marois a promis ensuite qu'une fois l'équilibre budgétaire atteint en 2013-2014, le budget des universités serait augmenté. Les péquistes ont échoué, puis reporté cet objectif à 2015-2016. Une fois réélus, les libéraux ont gardé le cap sur le même objectif pour 2015-2016, mais au prix de coupes budgétaires douloureuses. Les universités en font maintenant les frais. Il aurait été si simple pour les politiciens, en 2012, de se donner la main pour accroître les revenus des universités sans égorger les étudiants. Mais non! Politique partisane oblige, on a préféré faire la guerre.

Cette semaine, les querelles partisanes ont repris, sur la laïcité. Jean Charest n'a rien fait après le rapport Bouchard-Taylor et au pouvoir, les péquistes ont gardé la ligne dure, croyant à tort que leur charte favoriserait leur réélection.

Philippe Couillard n'a pas encore bougé, craignant de réveiller les vieux démons. Les attentats récents lui ont donné tort: même s'il n'y a pas de liens directs entre la laïcité et la lutte au terrorisme, il y a un besoin réel de clarté et d'encadrer certaines pratiques.

Dans ce contexte où tout le monde est d'accord sur l'objectif général d'affirmer la neutralité de l'État et lutter contre l'intégrisme, un retour à Bouchard-Taylor serait un bon point de départ pour des discussions sérieuses entre les partis. À défaut de le faire, ce sera une autre occasion ratée.

Péladeau chez les Insoumis?

Il est toujours risqué, pour les politiciens, de se laisser prendre en photo avec des inconnus. Des photos gênantes peuvent se retrouver dans les médias sociaux sans leur permission. Et même avec leur permission...

Pierre Karl Péladeau, qui aime bien corriger les journalistes, a noté une erreur dans un texte du chroniqueur Michel David du Devoir, pour lui conseiller ensuite fièrement, «de lire ce témoignage d'un militant, Michel Dion, qui assistait à la rencontre de Rivière-du-Loup».

Ce que M. Péladeau aurait dû savoir, avant de publier ce témoignage flatteur de ce militant photographié en compagnie de Guy Cardinal, un autre sympathisant, c'est que les deux hommes sont des activistes du «Mouvement des Insoumis», un groupe indépendantiste de droite de l'Estrie.

En novembre, les Insoumis ont organisé une manifestation de solidarité pour Cardinal, arrêté par la police pour des gestes islamophobes posés contre une épicerie halal de Sherbrooke. La vitrine avait été fracassée, et celle de remplacement a été trouée de deux balles de carabine. Des petites croix avaient été posées devant l'épicerie, ainsi qu'un panneau portant la mention «Non à l'islam-Oui à la Charte».

Selon les Insoumis, Cardinal avait «simplement» exercé son droit à la liberté d'expression. Il a fini par reconnaître sa culpabilité aux accusations relatives à la pose de pancartes «Non à l'islam-Oui à la Charte».

Un Insoumis, ce PKP? Ça expliquerait le poing levé...

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