Les deux mains dans mon REER

Le pdg de la Caisse, Michael Sabia, et... (Ryan Remiorz, La Presse Canadienne)

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Le pdg de la Caisse, Michael Sabia, et le premier ministre Philippe Couillard ont annoncé mardi une entente qui permettra à l'institution d'investir dans les infrastructures dans l'espoir d'engranger des profits.

Ryan Remiorz, La Presse Canadienne

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Gilbert Lavoie

collaboration spéciale

Le Droit

La politique, c'est comme la publicité: quand ça a l'air trop beau pour être vrai, il faut se méfier. Permettez donc une réaction de prudence en réaction à l'annonce du mandat confié par le gouvernement à la Caisse de dépôt et placement qui se lancera dans le financement et la gestion de grandes infrastructures de transport.

Les situations de gagnants-gagnants, en affaires, c'est rare. Si la Caisse fait de l'argent avec un train léger sur le pont Champlain ou un train pour l'ouest de Montréal, les usagers ou les contribuables devront payer.

Ce qui agace, c'est le fait que le gouvernement fait appel à la Caisse pour financer ses infrastructures parce qu'il est trop endetté. En plus d'accumuler les dettes sur les opérations courantes, nos élus ont rempli la carte de crédit des Québécois avec des routes, des hôpitaux, et même d'un amphithéâtre pour Québec... et Québecor !

Trop endetté

Pris à la gorge, le gouvernement fait comme le propriétaire d'une maison qui veut rénover sa cuisine, mais qui puise dans son épargne-retraite parce qu'il a trop de dettes pour emprunter à la banque.

Jusqu'à maintenant, les coûts des projets d'infrastructures étaient portés à la dette, et capitalisés sur une période de 20 ou 40 ans, comme l'hypothèque d'une maison. On avait un passif accoté à un actif.

Mais comme le gouvernement ne peut plus augmenter sa dette sans risquer une décote, il se tourne vers le REER collectif des Québécois, géré par la Caisse de dépôt.

L'expertise

Je suis sensible à l'argument selon lequel ce nouveau mandat permettra à la Caisse de développer une expertise qu'elle pourra vendre à l'étranger tout en générant des profits. C'est ce qu'a fait Hydro-Québec dans le domaine de l'énergie. Mais développer une expertise augmente les risques, surtout quand on le fait dans un domaine que l'on ne connaît pas bien.

C'est vrai dans le privé, le marchand Target l'a bien illustré cette semaine. Et c'est aussi vrai dans le public. Les déboires de la Caisse de dépôt dans le dossier des papiers commerciaux nous ont coûté 40 milliards $. Pourtant, les papiers commerciaux, c'était une expertise de la Caisse.

J'espère avoir tort et voir la Caisse remplir son nouveau mandat avec compétence sans égorger les utilisateurs ou les contribuables et sans dilapider son bas de laine. J'espère aussi qu'elle n'acceptera pas les projets douteux soumis par les politiciens, comme celui de la Gaspésia...

Je donne la chance au coureur. Je n'ai guère le choix, la décision est déjà prise. Mais avant d'applaudir, j'attendrai un peu. Ça prendra des années, mais j'ai le temps.

Drainville et PKP

Je n'ai jamais été d'accord avec la laïcité proposée par Bernard Drainville, parce qu'elle crée un problème là où il n'y en n'a pas, et qu'elle pénalise principalement les femmes musulmanes.

Je reconnais toutefois que sa clause grand-père présentée cette semaine est une amélioration parce qu'elle ne brimerait pas les droits des gens qui sont déjà à l'emploi de l'État. De plus, j'ai du respect pour Drainville qui a passé une heure en conférence de presse, jeudi, pour nous présenter la nouvelle mouture de son projet.

Tout un contraste avec Pierre-Karl Péladeau, qui a passé deux jours à s'amuser avec l'adresse personnelle de Philippe Couillard, et qui se cache encore derrière Facebook pour attaquer ses adversaires ou les médias, sans avoir à s'expliquer.

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