De Paris à Port-au-Prince

Le président haïtien, Michel Martelly, s'est adressé au... (Agence France-Presse)

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Le président haïtien, Michel Martelly, s'est adressé au public lors d'une cérémonie pour commémorer les 300 000 personnes tuées par le tremblement de terre en janvier 2010.

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Anniversaire du séisme en Haïti, lendemain des attentats terroristes à Paris... L'actualité nous bouscule à une telle vitesse qu'elle mène à des constats prématurés et bousille parfois la liste de nos priorités.

Quand les terroristes ont frappé l'équipe du journal Charlie Hebdo, des voix se sont élevées, ici, pour déplorer que le gouvernement Couillard n'ait rien fait sur la laïcité.

Pourtant, on n'a pas entendu de tels propos à la suite des attentats meurtriers sur la personne de militaires à Ottawa et à Saint-Jean.

Des attentats soi-disant commis au nom d'Allah, mais par des gens perturbés nés au Canada, et dont les gestes n'avaient rien à voir avec une véritable foi religieuse. Ce n'est pas un interdit aux femmes de porter le voile, ou aux personnes en autorité de porter des signes ostentatoires, qui ramènera ces esprits torturés et criminels à la raison.

Générosité

Retour sur Haïti: dans les jours et les semaines qui ont suivi le séisme, tous les regards se sont portés vers ce pays de misère. Les campagnes de collecte de fonds se sont multipliées, les gens ont répondu avec générosité, la communauté internationale s'est mobilisée, et même les municipalités ont voulu faire leur part.

Mais une fois les caméras parties vers d'autres manchettes, notre attention s'est portée ailleurs. Cinq ans plus tard, au moment de l'incontournable premier bilan anniversaire, on constate que tout reste à faire.

La semaine dernière, la Croix Rouge, a dit avoir déboursé 90% des 222 millions$ recueillis dans la suite du séisme. Elle a donné des soins de santé, distribué de l'eau, aménagé un hôpital de campagne, envoyé des toiles, du matériel de secours. Ses efforts ont porté ensuite sur la reconstruction d'un hôpital et la mise en place de quatre centres de santé.

C'est bien, mais le bilan nous apprend aussi que les gens n'ont pas de travail, que près de 100000 personnes vivent encore dans des camps de réfugiés, et que la situation politique demeure sans espoirs.

On s'en doutait un peu. Mais le tourbillon de l'actualité a détourné notre regard, et de ce fait, les efforts qu'aurait dû déployer la communauté internationale pour continuer de faire d'Haïti, une véritable priorité. Dimanche, ce sont les marches de solidarité envers la France qui ont fait les manchettes et attiré les politiciens et les foules. N'eut été du cinquième anniversaire du séisme, personne n'aurait parlé d'Haïti.

Question de priorité

Stephen Harper, lui, s'est rendu à Kingston pour y célébrer le 200e anniversaire de naissance de John A. Macdonald. Il a déclaré que «sans John A. Macdonald, le Canada tel qu'on le connaît - le meilleur pays du monde - n'existerait tout simplement pas.»

Dans l'ordre des priorités, était-ce vraiment ce que le premier ministre du «meilleur pays du monde» avait à nous offrir, dimanche? Fallait le faire, quand même...

N'envoyer que le ministre Stephen Blaney pour représenter le Canada à la grande manifestation de solidarité de Paris.

L'actualité bouscule nos priorités, mais pas celles de Stephen Harper, surtout quand il s'agit de préparer les prochaines élections...

Demain, les caméras se tourneront ailleurs. Au Québec, on recommencera à surveiller la course au leadership de Pierre-Karl Péladeau au Parti québécois, et à commenter les menaces des syndicats contre l'austérité de Philippe Couillard.

Nous vivons dans un tourbillon hyper-médiatisé, où l'instantanéité de l'information fait que la nouvelle de l'heure enterre la précédente, et avec elle, la priorité que l'on s'était donnée.

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