Le pied sur l'accélérateur

Philippe Couillard... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Philippe Couillard

Archives La Tribune, René Marquis

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Je vous entends et je vous comprends», a déclaré Philippe Couillard, en faisant son bilan de la session parlementaire, la semaine dernière. On ne doute pas que M. Couillard soit conscient des appréhensions créées par son gouvernement. Personne n'avait prédit la rapidité avec laquelle son équipe s'est attaquée à l'équilibre budgétaire. On avait perdu l'habitude d'une telle détermination dans les dernières années de Jean Charest, qui jouissait pourtant d'une majorité.

Même si tout le monde souhaite voir les finances du Québec sortir de leurs déficits chroniques, ils ont été nombreux à dire que le gouvernement a bougé trop rapidement, qu'il aurait dû consulter davantage.

Plusieurs économistes ont conclu que la vitesse grand V imposée par le trio économique de Philippe Couillard, risquait de compromettre la reprise économique et de replonger le Québec en récession.

Des consultations?

Philippe Couillard a reconnu que «le chemin à parcourir est difficile». Malgré tout, il a gardé le pied sur l'accélérateur.

Quant aux consultations du genre «grande messe», que Lucien Bouchard avait tenues en 1998, elles n'auraient fait que donner une voix aux multiples lobbies du patronat, des syndicats, et du «pas dans ma cour». Après le constat d'échec du gouvernement Marois, qui avait lui aussi promis le retour à l'équilibre budgétaire, celui de Philippe Couillard a préféré mettre tout le monde devant un fait accompli.

Ce qui fait dire au leader intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, que le mensonge a caractérisé cette première portion du mandat libéral.

«On nous a reproché des choses, mais jamais d'avoir menti» fait valoir M. Bédard.

Si le gouvernement Couillard gagne son pari budgétaire, on ne lui reprochera pas d'avoir ignoré les limites de vitesse. Mais après les compressions et les promesses brisées, après la ligne dure tenue par les ministres Gaétan Barrette, Pierre Moreau et Martin Coiteux, il n'a pas le droit à échec. Les prochains mois seront déterminants.

Et la CAQ

François Legault ne s'est pas encore remis du départ du député de Lévis, Christian Dubé. La présence de Dubé à ses côtés donnait du poids et du tonus à ses interventions sur les questions économiques et de finances publiques.

Depuis que son député de Lévis a quitté et que les libéraux ont plagié ses idées, la Coalition avenir Québec semble se chercher des causes. Avec comme résultat que les dossiers économiques, si chers à François Legault, ne sont pas populaires chez ses communicateurs, et guère plus dans les médias.

La CAQ a fait un bon coup en recrutant l'ancien animateur François Paradis pour remplacer Christian Dubé. Paradis est un bon communicateur, mais les finances publiques ne sont pas son fort.

Les trois mousquetaires

Ils sont passés de deux à trois, et la recrue Manon Massé a très facilement pris sa place dans les débats parlementaires. Malgré cela, Françoise David ne se fait pas d'illusion et elle note avec humour que les médias ne lui prêtent pas toujours l'attention souhaitée.

Néanmoins, Québec solidaire a continué de démontrer sa pertinence par l'intelligence de ses interventions sur les sujets négligés par les grands partis.

Avec l'arrivée possible de PKP à la tête du Parti québécois, QS sera peut-être le seul véritable parti de gauche, et même social-démocrate à l'Assemblée nationale.

La personnalité de 2014

S'il fallait accorder un prix à la personnalité qui a le plus marqué la politique québécoise en 2014, ce serait à Pierre-Karl Péladeau.

Son poing levé en campagne électorale a contribué à faire chavirer le gouvernement de Pauline Marois. Son intention de la remplacer a créé une dynamique tout à fait particulière au sein du caucus et du PQ, où tout le monde semble tenir sa victoire pour acquise, tout en souhaitant une véritable compétition et un vrai débat d'idées entre les candidats. C'est un peu contradictoire...

L'arrivée de M. Péladeau a créé une controverse sur le rôle de son empire de presse dans le monde politique. La question a divisé les parlementaires: ceux qui y voient un conflit d'intérêts, et les autres qui défendent son droit de faire de la politique.

Appuyé par la CAQ et Québec solidaire, le gouvernement a proposé une étude au Centre des médias de l'Université Laval. Le sujet est tellement controversé et politiquement chargé, que le centre a refusé. Il fera sa propre analyse, indépendante!

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