Un printemps chaud en perspective

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M. Coiteux a fait valoir que 40% des employés de l'État verront leur salaire augmenter de 3,6% par année en sus des majorations consenties, en raison de leur progression dans les échelles salariales.

La Presse Canadienne

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Il faut tout autant se méfier des premières offres que des premières demandes au lancement de négociations pour le renouvellement de conventions collectives de travail. Le patron statue que les demandes syndicales sont irréalistes, et le syndicat qualifie les offres patronales de méprisantes.

C'est ce à quoi a assisté hier, à l'occasion du dépôt des offres du gouvernement aux employés de l'État. Des offres «chiches» il faut en convenir. Deux ans de gel de salaire suivis de trois hausses annuelles de 1%, il n'y a de quoi danser dans les rues pour les employés de l'État. Mais il y a certainement de quoi prendre la rue au son des casseroles. C'est d'autant plus «chiche» que le gouvernement propose de jouer dans les régimes de retraite. Il propose de hausser les pénalités actuarielles de 4,2 à 7%, et de faire passer de 60 à 62 ans l'âge de la retraite sans pénalité.

Cela dit, la proposition de départ du gouvernement n'est pas plus insultante que celle des syndicats qui demandaient 13,5% d'augmentation en trois ans. Les employés de l'État, dont la rémunération accuse un retard par rapport au fédéral, au municipal et au privé, méritent sans doute une bonification de leur salaire. Mais à sa face même, cette proposition était totalement irréaliste et irrecevable dans l'univers politique et budgétaire actuel. On peut reprocher au gouvernement Couillard son empressement à vouloir atteindre l'équilibre budgétaire. Mais il ne faut jamais oublier que le gouvernement Marois partageait leur même objectif, et qu'il y a eu, depuis, un report d'une autre année avant d'espérer l'atteindre.

Hier, les représentants syndicaux ont fait valoir que le Québec n'avait besoin d'être plus pressé que l'Ontario et le gouvernement fédéral à ce chapitre. Selon eux, la menace d'une décote par les agences de notation n'est qu'un prétexte. Il faut quand même se souvenir que Moody's a abaissé la note de crédit de l'Ontario il y a deux ans, justement à cause du poids croissant de sa dette.

L'autre raison qui milite en faveur d'un effort rapide de réduction des dépenses de l'État, est tout simplement politique. Plus le gouvernement se rapprochera de la prochaine échéance électorale, plus il lui sera difficile de prendre des décisions impopulaires.

Cela dit, le président du conseil du Trésor, Martin Coiteux, devra savoir prêter une oreille attentive pendant les négociations. Hier, M. Coiteux a fait valoir que 40% des employés de l'État verront leur salaire augmenter de 3,6% par année en sus des majorations consenties, en raison de leur progression dans les échelles salariales. Cela signifie également que les autres, soit 60% de ces travailleurs, ne toucheront que 3% en cinq ans. Ce n'est même pas l'inflation.

Le ministre a également été trop vague lorsqu'on lui a demandé si les augmentations proposées toucheraient aussi les policiers de la Sûreté du Québec. Les policiers ont eu un traitement de faveur dans leur dernier contrat. De plus, le gouvernement s'était engagé à mener les prochaines négociations sur la base des salaires payés aux autres corps policiers, dont la GRC. Si Martin Coiteux veut convaincre les employés de l'État du bien fondé de ses offres, il ne peut se permettre un manque d'équité.

L'autre proposition controversée porte sur les régimes de retraite. Des régimes plus généreux que ceux du privé, mais qui compensaient en partie l'écart défavorable entre les salaires des fonctionnaires et ce qui est payé ailleurs. Les changements proposés sont peut-être réalistes dans le contexte démographique actuel, celui de l'espérance de vie à la hausse. Mais le gouvernement pourrait implanter ces changements sur un échéancier de quelques années, afin de ne pas bousculer les gens qui sont sur le point de quitter.

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