Plaidoyer pour les jeunes familles

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Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?» ont dû se dire plusieurs Québécois, à l'écoute de la mise à jour économique et financière du gouvernement.

Il y a tellement de petites mesures pour fouiller dans les poches des contribuables, qu'on se demande s'il n'aurait pas été plus simple d'y aller avec une hausse générale des impôts. Une hausse véritablement équitable, qui aurait cotisé les gens selon leurs niveaux de revenu. Une hausse qu'on aurait pu accompagner de mises à jour modérées et de mesures d'indexations généralisées des tarifs de services qui ne l'ont pas été depuis longtemps, comme les frais de garderies et les coûts des services ambulanciers.

La politique, c'est comme la justice. Elle doit non seulement être équitable, mais démontrer également une apparence d'équité. Or, quand on se place dans la peau des jeunes familles qui se réuniront bientôt à l'occasion de la période des Fêtes, il est difficile de ne pas conclure qu'elles sont les grandes perdantes de la lutte au déficit.

Hausse des frais de garderie, augmentation des taxes sur les primes d'assurance automobile, hausse des frais d'immatriculation, du prix de l'essence, diminution des crédits d'impôt pour les cotisations syndicales et professionnelles: voilà autant de mesures qui frapperont bien plus les jeunes familles, souvent installées en banlieue, et dont les dépenses liées aux transports et aux enfants sont déjà très élevées. Où se trouve l'équité pour ces parents, par rapport à leurs aînés et aux biens nantis? Ce n'est pas évident.

Il y a un consensus au Québec sur la nécessité de revenir à l'équilibre budgétaire. À moins de rêver en couleurs, on s'entend pour dire que la classe moyenne ne peut échapper à cet effort collectif. Mais il est évident qu'un effort plus important sera demandé à la portion de la classe moyenne composée des jeunes familles de banlieues, qui sont plus dépendantes de l'automobile.

Mardi, on nous a fait valoir que la baisse spectaculaire des prix de l'essence, associée aux diminutions d'impôts et à la hausse des prestations pour la garde d'enfants annoncées par Stephen Harper en octobre, donnera une marge de manoeuvre aux familles. C'est vrai, mais il demeure que c'est dans leurs poches que Québec va puiser. Est-ce à dire qu'elles n'avaient pas besoin de cette aide fédérale?

Mardi, le gouvernement Couillard a réitéré sa détermination de revenir à l'équilibre budgétaire - et sa confiance d'y parvenir. C'est bien, parce que c'est nécessaire. Mais les nombreux détours utilisés pour atteindre cet objectif sont tels, qu'il est difficile de démontrer que l'exercice place tout le monde sur un pied d'égalité.

Une mince consolation

La seule consolation à la lecture du mini-budget de mardi, est qu'il est déposé dans un contexte où il est permis d'espérer.

L'emploi a connu une chute importante au Québec depuis un an, mais les revenus du gouvernement sont au rendez-vous... pour le moment. La faiblesse du dollar canadien devrait contribuer à la hausse de nos exportations. Et la baisse des prix de l'essence profitera également aux entreprises.

Si l'économie américaine poursuit sa lente remontée et que les consommateurs ne boudent pas les commerces pendant le temps des Fêtes, les finances publiques en profiteront.

Il y a beaucoup de conditionnel dans ces lueurs d'espoir. Mais si le gouvernement gagne son pari, ses promesses de redistribution des surplus devront être dirigées vers ceux et celles à qui on aura demandé les plus grands efforts.

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