Le point de non-retour

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux,... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a réagi hier aux recommandations du rapport Robillard.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il n'y avait pas de place à l'improvisation du côté libéral, en ce début de semaine. Ce qu'on a vu hier est le fruit d'un scénario bien planifié: Lucienne Robillard dévoilerait ses premières recommandations dimanche matin, afin de maximiser la couverture de presse. Et le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, réagirait tôt le lendemain, avec un texte punché, réitérant l'intention du gouvernement de réduire ses dépenses, et annonçant d'autres décisions difficiles dans les jours à venir. Tout ça, en moins de 24 heures!

Contrairement à Jean Charest, qui a cédé aux pressions après sept mois de pouvoir en décembre 2003, Philippe Couillard a décidé de plonger. Il n'est plus possible désormais de battre en retraite, à moins de le faire dans le désordre, ce qui serait catastrophique.

Mots révélateurs

Si les mots ont un sens, le long texte qu'a lu le ministre Martin Coiteux hier matin est révélateur. Même s'il ne suit pas intégralement les recommandations que lui fera le comité de révision des programmes de Lucienne Robillard, le gouvernement tient dur comme fer à sa promesse de présenter un budget équilibré le printemps prochain. Pas question de faire comme le gouvernement Marois, qui a promis constamment de revenir à l'équilibre budgétaire, pour devoir admettre son échec à quelques mois des élections.

Que faut-il retenir des travaux de la commission de Mme Robillard? C'est qu'en politique, il y a les chiffres, et il y a la réalité. Ce que fait la commission, c'est une description chiffrée de certaines situations. Une description utile, certes, mais qui ne tient pas compte de la réalité politique.

Quand les commissaires recommandent au gouvernement de sauver 1,3 milliard$ à même les transferts aux municipalités, ils ne s'interrogent pas sur le réalisme de leur recommandation. Ils ont raison de dire que le salaire des employés municipaux est de 38% plus élevé que celui des fonctionnaires provinciaux, mais ça ne veut pas dire qu'il est possible de faire des économies à ce chapitre. Les conditions de travail des employés municipaux sont généreuses parce qu'elles ont souvent fait l'objet d'arbitrage, à cause du refus des gouvernements d'accorder un droit de lock-out aux villes. Il est impossible de revenir sur ces acquis sans provoquer des affrontements généralisés avec les syndicats.

Le constat est similaire dans le dossier des garderies. Même si un tarif de 35$ par jour par enfant aurait été plus avantageux, après impôt, pour les couples gagnant moins de 120000$, l'idée a été bloquée au caucus libéral: impossible à vendre!

À la poubelle!

C'est vrai que de nombreuses recommandations de la commission Robillard iront à la poubelle. Mais je trouve utile qu'une commission nous trace le portrait de nos revenus et dépenses collectives, en les comparant avec ce qui se passe ailleurs. C'est bien beau le modèle québécois, mais quand on consomme sans regarder à la dépense et sans s'interroger sur nos moyens financiers, on perd le contrôle de ses finances, individuelles ou collectives.

Philippe Couillard a plus de trois ans devant lui pour changer des choses, m'a déclaré un ex-ministre des gouvernements péquistes, en fin de semaine. Tout comme Pierre Karl Péladeau, qui jouira de la même période pour apprendre son nouveau métier et façonner son projet, s'il dirige le Parti québécois.

Dans un cas comme dans l'autre, les deux hommes ont une belle opportunité de marquer leur passage dans l'histoire. Mais ce n'est pas en restant les bras croisés et en refusant de courir des risques qu'ils y parviendront. Philippe Couillard est le premier à passer à l'action. Si le texte lu hier matin par Martin Coiteux reflète bien les intentions du gouvernement, il y aura de l'action en 2015.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer