L'habile «strip-tease» de Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau... (Archives La Presse)

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Pierre Karl Péladeau

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Il n'y a rien de tel, en politique, qu'un effeuillage bien organisé pour maintenir l'intérêt des médias. C'est la stratégie qu'utilise très efficacement Pierre Karl Péladeau dans sa course à la direction du Parti québécois.

Au lieu de confirmer sa candidature rapidement, comme l'ont fait ses adversaires, M. Péladeau se laisse désirer. Même si tout le monde sait que ce n'est pas vrai, il continue d'affirmer que sa décision n'est pas prise, tout en multipliant les activités visant à bâtir son organisation. L'événement qu'il a organisé en l'honneur de Bernard Landry, en fin de semaine, en est un bon exemple.

Sa stratégie permet à M. Péladeau d'être candidat tout en ne l'étant pas officiellement, ce qui fait qu'il n'a pas à comptabiliser ses dépenses actuelles dans le budget de 400000$ par candidat, autorisé par le PQ pour cette campagne de leadership.

Habile stratégie

La stratégie est d'autant plus habile qu'elle assure M. Péladeau d'une couverture de presse quasi-quotidienne, aux dépens de ses adversaires péquistes, libéraux et caquistes.

François Legault a goûté à sa médecine, la semaine dernière, quand les journalistes qui l'interrogeaient dans les corridors du parlement l'ont abandonné au milieu d'une phrase pour se précipiter sur PKP. Ils désiraient avoir ses réactions à la position de la FTQ qui menace de bloquer sa candidature en incitant ses membres à acheter des cartes du PQ, pour appuyer ses adversaires Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier, Bernard Drainville et Martine Ouellet.

Bref, Péladeau «fait les nouvelles». Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, peu importe, mais parlez-en.

Billets suivis

Au besoin, le député de St-Jérôme alimente lui-même la discussion par ses nombreux billets sur Facebook et Twitter, qui sont maintenant suivis de très près par tous les journalistes de la Tribune de la presse, incluant les siens. Jean-François Lisée, dont la présence dans la blogosphère est notoire, ne peut prétendre à un tel taux de lecture. Péladeau n'a qu'à hausser le ton ou à dénoncer le gouvernement, pour envoyer les journalistes à la chasse aux réactions des autres... et à la sienne!

Et quand, en prime, Le Devoir publie un sondage disant qu'il battrait Philippe Couillard s'il dirigeait le PQ, il fait les manchettes même si nous sommes à trois ans et demi des prochaines élections!

Comme Legault

La stratégie de Pierre Karl Péladeau rappelle un peu celle de François Legault après la fondation de la CAQ. M. Legault avait épluché son programme politique sur une période de plusieurs mois au lieu d'en déballer le contenu d'un seul coup, afin de rester présent dans l'actualité. Mais la différence avec PKP, c'est que Legault intervenait sur le contenu, tandis que Péladeau parvient à faire les nouvelles, sans se prononcer sur le fond.

Son défi sera plus grand lorsqu'il devra affronter ses adversaires à la succession de Pauline Marois dans les débats publics. Mais d'ici là, il faut admettre que son effeuillage quotidien est plutôt efficace.

La situation doit créer beaucoup de frustration chez les autres candidats, comme Alexandre Cloutier, qui se creusent les méninges pour offrir des politiques alternatives. En fin de semaine, M. Cloutier a décidé de faire de l'éducation, sa priorité. Hier, il a proposé de ramener la taxe sur le capital des institutions financière au niveau de 2007, pour investir 500 millions $ dans des chantiers en éducation. Si Pierre Karl Péladeau avait proposé une telle chose, il aurait fait les manchettes aux nouvelles télévisées d'hier soir...

Et M. Cloutier, lui? Vous avez la réponse si vous avez regardé les nouvelles.

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