Gênant, ce régime de retraite...

En 2012, François Legault refusait d'envisager une majoration... (PHOTO STÉPHANE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE)

Agrandir

En 2012, François Legault refusait d'envisager une majoration des salaires des élus, tant que le Québec ne serait pas revenu à l'équilibre budgétaire.

PHOTO STÉPHANE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a des situations intenables en politique. C'est le cas actuel des élus, qui ne pouvaient quand même pas avoir le nez dans l'assiette au beurre de leur régime de retraite, tout en imposant des sacrifices aux syndiqués municipaux et aux contribuables.

C'est donc le cul-de-sac devant lequel s'est retrouvé non seulement le gouvernement Couillard mais tous les parlementaires, à la suite de la motion présentée par François Legault sur le régime de retraite des députés, hier. Un régime trop généreux, auquel les élus ne contribuent qu'à hauteur de 21%. La Coalition avenir Québec exigeait que ce pourcentage soit porté à 50%, l'équivalent de ce qui est demandé aux employés municipaux.

Travail précaire

Il y a des raisons à la générosité du régime de retraite des élus, notamment la précarité de leurs fonctions. Et il y a des raisons pour lesquelles ils ont droit à une prime de départ lorsqu'ils démissionnent ou qu'ils sont battus aux élections. Ces avantages visent à faciliter leur retour à la vie privée, une transition parfois très difficile pour ceux qui se retrouvent sans emploi après une défaite électorale. Mais ces mêmes avantages font scandale quand des députés démissionnaires empochent la prime, même si des emplois alléchants les attendent à l'extérieur.

C'est un peu tout ça que le comité, dirigé par l'ex-juge Claire L'Heureux-Dubé, a tenté de régler en déposant un rapport à la demande des parlementaires, en novembre 2012. Un rapport qui aurait fait le ménage dans les avantages des élus, tout en ajustant leurs salaires, sans hausse de coûts pour les contribuables.

Malheureusement, le document a été tabletté avant même d'avoir fait l'objet de discussions, à cause du blocage de la Coalition avenir Québec. C'est le même sujet qui est revenu sur le tapis lundi, à l'initiative de la CAQ. En 2012, François Legault refusait d'envisager une majoration des salaires des élus, tant que le Québec ne serait pas revenu à l'équilibre budgétaire. Hier, il a reporté ce changement au prochain mandat, c'est-à-dire dans trois ans et demi. Une proposition finalement acceptée par tout le monde.

L'initiative de la CAQ a illustré une fois de plus le carcan qui paralyse trop souvent les élus sur les dossiers politiques délicats. On s'est entendu sur le régime de retraite, mais on a reporté tout le reste à plus tard.

M. Legault avait raison de plaider la cohérence: le gouvernement aurait été malvenu d'imposer une hausse des cotisations aux régimes de retraite des employés municipaux, sans s'imposer les mêmes exigences.

Question évacuée

Mais au nom de la même cohérence, François Legault il aurait dû aller au bout de son raisonnement.

Peut-on décemment forcer les employés municipaux à assumer la moitié des déficits accumulés de leurs caisses de retraite, sans demander la même chose aux élus? Il a refusé de s'engager sur ce terrain et on a évacué la question lors du vote d'hier. Le sujet est complexe: les élus ne sont pas des employés permanents; plusieurs connaîtront la défaite aux prochaines élections.

Mais c'est justement parce que c'est complexe qu'il est impossible de régler ces questions à la pièce, comme on l'a fait hier.

En raison du débat sur les employés municipaux, les parlementaires n'avaient pas le choix que de s'entendre tout de suite sur une majoration importante de leurs cotisations au régime de retraite. Mais pour le reste, rien n'est réglé et rien ne se réglera pendant le mandat actuel. Parce que s'il est difficile de s'entendre sur une question aussi délicate à trois ans et demi des prochaines élections, ce sera totalement impossible pendant la deuxième moitié du mandat, quand tout le monde sera en mode préélectoral.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer