Le PQ n'appartient pas à la FTQ

Le président de la FTQ recommande à ses... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le président de la FTQ recommande à ses membres de barrer la route à Pierre Karl Péladeau dans la course au leadership du PQ.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'est une très mauvaise idée, de la part du président de la FTQ, Daniel Boyer, de recommander à ses membres de prendre leurs cartes du Parti québécois, pour bloquer la route à Pierre Karl Péladeau au leadership du PQ.

Les syndicats comme le patronat ont le droit de se prononcer sur les orientations des partis politiques, mais ils n'ont pas leur place dans le choix des chefs. C'est aux péquistes de déterminer qui va les diriger, et c'est aux électeurs qu'il appartient ensuite, aux élections générales, de juger de la qualité des chefs et des formations politiques qu'on leur propose.

Le règne de Pierre-Karl Péladeau à la tête de Québecor a été marqué par de nombreux lock-out. Mais le PQ n'appartient pas à la FTQ. C'est aux vrais membres en règle du Parti québécois de décider si son comportement de patron de presse est compatible ou non avec le leadership de leur parti.

À la croisée des chemins

Il n'y a rien de pire, pour un politicien, que d'avoir à se défendre sur des ballons d'essai ou des hypothèses de travail. C'est ce que vit Philippe Couillard depuis le mois de septembre, le dernier épisode étant celui de la modulation possible des frais de garderie.

Le débat actuel rappelle étrangement celui de 2012 sur les droits de scolarité. Le gouvernement Charest avait alors tenté d'imposer une hausse importante, assortie d'une série de mesures pour protéger les moins bien nantis. Cette fois, le gouvernement Couillard dit protéger les démunis avec un tarif quotidien de 7,50$, mais il annonce une hausse salée pour la classe moyenne.

En théorie, l'intention est bonne, sauf qu'elle annonce la fin d'un régime qui était universel dans l'esprit des gens. Or au Québec, l'universalité est synonyme d'équité, même si ce n'est pas nécessairement le cas.

Bref, le gouvernement se heurte à une perception bien ancrée chez les Québécois. En 2012, c'est en vain que le gouvernement Charest avait acheté des pages de publicité pour démontrer l'équité de ses propositions.

Philippe Couillard sera-t-il plus persuasif? Cela reste à voir. Mais il est évident qu'il se retrouve dans une situation similaire à celle vécue par le gouvernement Charest en novembre 2003, sept mois après son élection.

M. Charest avait capitulé. La semaine dernière, Philippe Couillard a fait une sortie passionnée pendant sa conférence de presse sur le pacte fiscal, pour réitérer qu'il ne reculerait pas sur ses objectifs budgétaires. La question est donc de savoir s'il sera capable de garde le cap. Et sur les frais de garderie, si les changements proposés sont essentiels à l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

En politique comme dans la vie, il faut savoir choisir ses combats.

Leçon d'histoire

Comme si le ministre fédéral Denis Lebel n'avait pas été suffisamment humilié dans la controverse sur le pont Champlain, voilà que le Globe & Mail lui donne une leçon d'histoire dans son éditorial principal d'hier. Le quotidien écrit que Champlain est le «père de la Nouvelle-France, et que la Nouvelle-France est le père... du Canada». Le Globe qualifie l'idée de M. Lebel de «populisme manipulateur», et il suggère au ministre de faire amende honorable en confirmant tout de suite que Samuel de Champlain ne perdra pas sa place.

Le Globe & Mail compte parmi les lectures quotidiennes obligées des politiciens fédéraux à Ottawa. En semonçant aussi publiquement le lieutenant québécois de Stephen Harper, le journal basé à Toronto sème un doute sur le jugement de M. Lebel. Est-ce vraiment chez ce ministre que le premier ministre va chercher les meilleurs conseils concernant le Québec?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer