La grande séduction de Lisée

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Dès mercredi, Jean-François Lisée partira en tournée à travers le Québec pour vendre son nouveau livre, Le journal de Lisée.

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«Ça se lit comme un roman», m'a assuré Jean-François Lisée, à propos de son livre à paraître.

C'est vrai que ça se lit bien. Mais le vrai roman, c'est l'habileté avec laquelle l'auteur a su utiliser les médias pour que l'on parle de lui sans arrêt pendant deux semaines avant de lancer son livre... et sa campagne à la direction du Parti québécois.

En fait, Jean-François Lisée a «coulé» son livre à la petite cuillère, ce qui lui a valu de nombreuses manchettes. D'abord à Radio-Canada, pour révéler qu'il aurait démissionné si la charte de la laïcité avait été adoptée intégralement. Ensuite à L'actualité, pour sa proposition à Pauline Marois de former un gouvernement de coalition avec la CAQ et Québec solidaire; et finalement au Devoir, pour faire la promotion d'une citoyenneté québécoise. En prime, il a obtenu un siège à Tout le monde en parle demain.

Bref, c'est une belle opération de lancement de la part de Jean-François Lisée.

Si je vous raconte ça, c'est pour illustrer à quel point il fera la mouche du coche pour ses adversaires et un certain PKP, dans la course à la direction du PQ.

Ancien journaliste, auteur et attaché politique aux bureaux de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, Jean-François Lisée écrit d'abondance, et il est un maître dans l'utilisation des médias.

Des confidences

Les grands titres du livre sont déjà sortis. Je vous fais la liste de quelques confidences qui m'ont intéressé ou amusé.

- L'appel au peuple: Lisée confirme qu'il veut se porter candidat à la direction du PQ. «J'ai conclu que je ne pouvais pas rester à l'écart. [...] J'ai donc presque décidé d'être candidat.» Pourquoi presque, demande-t-il? Parce qu'il lui faudra un appel du peuple. «Ce livre se termine donc sur un appel. Je suis disposé à offrir mes services au Parti québécois et au Québec. À tendre la main. Je le ferai s'il y a suffisamment de mains prêtes à saisir la mienne.» Il part en tournée mercredi pour vendre son livre, et sa candidature.

- PKP: Lisée raconte qu'il avait des réserves sur cette candidature. «Lorsque j'avais décodé des signaux sur sa candidature possible, je m'étais risqué à dire qu'il serait beaucoup plus utile que Pierre Karl reste dans le privé jusqu'au référendum et qu'il fasse, à ce moment-là, son coming-out souverainiste. À mon avis, toute personnalité influente qui devient député ou ministre péquiste perd une bonne partie de son influence. Il est normalisé par la politique. Il est rapetissé.»

- L'effet PKP: avant l'annonce de sa candidature, «les Québécois percevaient le gouvernement Marois comme capable de gouverner, mais certainement incapable de faire avancer son projet souverainiste. [...] Avec PKP, les électeurs ont fait 1+1=2: l'équipe Marois ne le dit pas, mais elle est déterminée... à tenir un référendum. Or, cette détermination, cette crédibilité dans notre marche vers la souveraineté ont réveillé chez près d'un demi-million de Québécois francophones une vive aversion à l'idée de retenter l'aventure référendaire.»

- Un effet inévitable: «Il aurait été possible, dit Lisée, d'imaginer une campagne davantage centrée sur les questions identitaires, dont la charte et la langue.» Mais il conclut que cela n'aurait pas évité la défaite. «Quelles qu'aient été toutes ces belles stratégies, l'effet PKP provoquant le ressac antiréférendaire aurait tout balayé.»

- La Charte: il raconte avoir tenté de convaincre Pauline Marois d'aller chercher l'appui de la Coalition avenir Québec, mais en vain. Elle voulait garder ça pour elle. «J'ai cependant rapidement compris que Pauline concevait le projet de charte en soi comme un grand geste de laïcisation du Québec, comme un de ses legs importants.»

- Le mensonge du PQ: la direction du Parti québécois a tenu les candidats dans l'ignorance de la défaite qui les attendait aux élections du 7 avril. «Le soir de l'élection, j'étais zen, écrit Lisée. Jusqu'à la fin, le parti nous avait abreuvé de projections folles affirmant que nous étions toujours dans la course, grâce au vote francophone.»

- Un parti de vieux: «L'échec péquiste est particulièrement dévastateur chez les jeunes», note Lisée, en citant les résultats obtenus par Léger marketing et les sondeurs du PQ pendant la campagne électorale. Ses constats sont les suivants: le PLQ est maintenant le premier parti de la jeunesse francophone des 18-24 ans. La CAQ est, de loin, le premier parti des 25-34 ans francophones. «Le PQ est, de loin, le premier parti des baby-boomers de 45 à 54 ans.»

Lisée tente d'en trouver les raisons, mais il conclut qu'il n'a pas les réponses.

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