Une semaine Péladeau, signée Lisée

Un «emmerdeur», Jean-François Lisée, pour reprendre le titre... (Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Un «emmerdeur», Jean-François Lisée, pour reprendre le titre du collègue Michel David, dans Le Devoir de jeudi? «Une puissante machine à idées! Qui décoiffe et rafraîchit», avait écrit Gérald Larose en 2008. Ça reste toujours d'actualité.

Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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«Crois-tu vraiment qu'il soit possible de contrôler quelqu'un comme Jean-François Lisée?», m'a demandé un adjoint de Pauline Marois découragé, l'an dernier, à la suite d'une intervention du ministre des Relations internationales dans les dossiers de l'un de ses collègues.

Le leader intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, se pose probablement la même question.

La sortie de Lisée sur Pierre Karl Péladeau, samedi dernier, à l'entrée de la conférence des présidents du PQ à Sherbrooke, a accaparé les manchettes et chambardé le plan de communication des organisateurs de l'évènement. Lisée a non seulement qualifié de «bombe à retardement» la situation de Péladeau, il a allumé la mèche. Mardi, il a récidivé en révélant dans un livre en attente de parution qu'il aurait démissionné du cabinet Marois si le projet de charte de des valeurs avait été adopté tel quel par le gouvernement.

En moins d'une semaine, il s'est aliéné ses deux principaux adversaires à la direction du Parti québécois.

Innocent ou pas?

Ses proches font valoir que ce n'est pas lui qui a pris l'initiative des déclarations qui ont mis ses collègues dans l'embarras. Ironiquement, c'est le Journal de Québec, qui a déclenché la controverse autour de Pierre Karl Péladeau samedi dernier, dans une entrevue avec Lisée.

Quant au chapitre du livre où il prend ses distances avec la charte de Bernard Drainville, il aurait été coulé à Radio-Canada sans l'autorisation de son auteur. Le problème, c'est que ses collègues ne le croient pas aussi innocent qu'il le prétend.

Peu importe l'origine de la tempête, les vents ont soufflé fort et les dégâts sont importants. La controverse entourant Pierre Karl Péladeau le suivra pendant plusieurs semaines en raison de son renvoi en commission parlementaire, dont les travaux pourraient durer des semaines.

Les révélations du quotidien La Presse d'hier, dévoilant une intervention du député Péladeau en faveur des intérêts de Québecor en pleine commission parlementaire au début juillet, ont accrédité la mise en garde de Lisée et alimenteront les discussions sur le sujet.

Quant à la délicate question de la charte de la citoyenneté, elle viendra hanter la course à la direction du PQ.

Lisée le trouble-fête

Un «emmerdeur», Jean-François Lisée, pour reprendre le titre du collègue Michel David, dans Le Devoir de jeudi?

«Une puissante machine à idées! Qui décoiffe et rafraîchit», avait écrit Gérald Larose en 2008. Ça reste toujours d'actualité.

Quel que soit le mérite des questions de principe soulevées par ce député trouble-fête, l'histoire a créé un tollé au sein du caucus péquiste. Jeudi, des rumeurs voulaient que certains de ses collègues auraient réclamé son expulsion. Ses proches font valoir qu'il est conscient d'avoir heurté certains de ses collègues, que cela l'attriste, mais qu'il demeure convaincu de la justesse des principes défendus. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, et il en a cassé au moins deux gros cette semaine.

D'ailleurs, même si Philippe Couillard a voulu donner l'impression de traiter la controverse autour de Pierre Karl Péladeau sans partisanerie, l'affaire a fait la joie des libéraux.

Au lieu de condamner immédiatement le député de Saint-Jérôme, comme le voulait François Legault, ils ont préféré le soumettre au «supplice de la goutte» d'une commission parlementaire dont les travaux vont s'étirer pendant des semaines, qui sait, pendant des mois. Une commission parlementaire qui sera suivie de très près par les médias, parce qu'elle traite des relations entre les journalistes et les politiciens.

Quant au commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, il sera appelé à fouiller davantage cette situation avant de se présenter devant la commission parlementaire.

M. Saint-Laurent a déclaré cette semaine devant la commission Charbonneau que les députés doivent non seulement respecter leur code d'éthique, mais aussi se préoccuper de la perception du public. Il ne parlait pas du cas de M. Péladeau, mais la règle énoncée s'applique là également. C'est un peu ce qu'a dit le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, en déclarant qu'il «faut faire la distinction entre une entreprise médiatique et une compagnie de conserves».

Le commissaire au lobbyisme devra également se présenter devant la commission des institutions, ne serait que pour expliquer si les interventions du député de St-Jérome dans le dossier des Studios Mel's, dévoilées par La Presse, constituent du lobbyisme illégal. Un lobby qui démontre que c'est non seulement son rôle dans les médias qui pose un problème, mais également les intérêts financiers de Québecor.

Et tout ça pendant la course à la direction du Parti québécois. Quel automne en perspective! Et quel hiver et quel printemps...

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