Péladeau-Whissell, même combat

Le cas de l'homme d'affaires, député et candidat... (Archives La Presse)

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Le cas de l'homme d'affaires, député et candidat potentiel à la direction du PQ, Pierre Karl Péladeau, est similaire à celui de l'ancien ministre libéral David Whissel.

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Québecor se départit de ses médias écrits au Canada anglais. Y a-t-il autre chose que des motifs financiers dans cette vente de feu?

Probablement pas. Mais la transaction était peut-être inévitable dans le contexte de la décision de Pierre Karl Péladeau de se porter candidat à la direction du Parti québécois. On imagine mal les vendeurs de Sun Média sollicitant la publicité des entreprises anglophones des autres provinces, pour une compagnie appartenant au leader d'un «parti séparatiste» québécois. Les gens d'affaires anglophones ne sont pas insensibles aux questions politiques lorsque l'unité canadienne est en jeu.

Cette nouvelle ramène à l'avant-scène toute la problématique de l'empire médiatique de M. Péladeau, dans le contexte de son intérêt à la succession de Pauline Marois.

Question délicate

Jean-François Lisée a été pris à partie après avoir soulevé cette question délicate à la réunion du PQ à Sherbrooke. La réaction hostile à ses propos est en partie imputable au fait que les militants ont tendance à serrer les rangs lorsqu'un des leurs est sous attaque.

Or Pierre Karl Péladeau est un vrai souverainiste, personne n'en doute.

D'ailleurs, les nombreuses critiques des libéraux à son endroit, depuis deux semaines, lui ont valu la sympathie au sein du caucus péquiste, m'a révélé un député la semaine dernière.

Un écran de fumée?

Mais il reste que la question soulevée par Lisée soulève un vrai débat. Les péquistes, Agnès Maltais en tête, ont été impitoyables à l'endroit de l'ancien ministre David Whissell à cause de ses intérêts dans une compagnie d'asphalte, ABC-Rive-Nord.

Même si Whissell, tout comme Péladeau, avait placé ses actifs dans une fiducie, Agnès Maltais soutenait que cette fiducie n'était rien d'autre qu'un «écran de fumée» et non pas le «coupe-feu» allégué pour éviter les conflits d'intérêt. Whissell, disait-elle, devait choisir entre son poste au conseil des ministres, et sa compagnie. Même après sa démission du cabinet, en septembre 2009, les péquistes ont continué à le harceler.

En février 2010, ils ont réclamé sa démission comme député, prétextant qu'il n'avait plus la tête à son travail d'élu.

Tout comme Pierre Karl Péladeau en fin de semaine, Whissell faisait valoir qu'il n'était pas question de vendre ses actions parce qu'il s'agissait d'une entreprise familiale bâtie par son père.

Les deux cas sont étrangement similaires. Whissell respectait la loi parce qu'il avait mis ses actions entre les mains d'une fiducie, sans droit de regard... comme Péladeau.

Le ministère des Transports donnait des contrats à la compagnie d'asphalte de Whissell... Le gouvernement du Québec a mis 200 millions$ dans le projet d'amphithéâtre cher à Québecor, et achète de la publicité dans ses publications.

Pas le seul

Lisée a peut-être été isolé en soulevant le cas de Péladeau, mais il n'est pas seul à penser ainsi. L'ancien ministre Pierre Duchesne, qui travaille au bureau de Stéphane Bédard, partage certainement son opinion. Duchesne a dû se battre bec et ongles pour bloquer l'inscription de briseurs de grève de Québecor à la Tribune de la presse parlementaire, dont il assumait alors la présidence. Bernard Drainville a été trop longtemps journaliste pour ne pas partager l'opinion de Jean-François Lisée.

Jusqu'à maintenant, Pierre Karl Péladeau a pu résister aux pressions sur cette question parce qu'il n'est qu'un simple député. Mais sa participation à la course à la direction du Parti québécois change la donne. Quant au commissaire à l'éthique, il ne pourra se cantonner dans son mutisme actuel bien longtemps. Sa loi interdit les conflits d'intérêts, mais elle ne donne pas le feu vert aux apparences aussi graves de conflit d'intérêts.

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