Trop chères, les complémentaires !

Élaine Zakaïb a quitté ses fonctions de député... (Photo Stéphane Lessard, archives Le Nouvelliste)

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Élaine Zakaïb a quitté ses fonctions de député pour se consacrer à la relance de la maison de mode Jacob.

Photo Stéphane Lessard, archives Le Nouvelliste

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C'est cher et souvent inutile, les élections complémentaires. Il faut revoir tout ça. Trop d'élus démissionnent sans raison valable.

La leader parlementaire du Parti québécois, Agnès Maltais, a fait une sainte colère sur le sujet mardi, au lendemain de la démission de sa collègue Élaine Zakaïb.

«Je vois partir des députés un en arrière de l'autre quelques mois après (avoir été élus) dans l'opposition» a-t-elle déploré. Sa réaction n'est pas surprenante: lors de l'assemblée d'investiture du PQ dans Lévis, Mme Maltais avait reproché au caquiste Christian Dubé de ne pas avoir terminé son mandat. Et voilà que six jours plus tard, c'est une collègue du PQ qui refait le coup.

Mme Zakaïb et M. Dubé se sont tout de même gardés une petite gêne: ils ont renoncé à leur prime de départ. Même si plusieurs, dont François Legault, Raymond Bachand, Pauline Marois et Monique Jérôme Forget ont touché cette prime sans remords de conscience, il aurait été indécent, dans les circonstances, de suivre leur exemple.

Ils laissent tomber

Il reste que prime ou pas, le remplacement des élus qui démissionnent entraîne des coûts importants au Trésor public. On peut comprendre qu'un député ne termine pas son mandat pour des raisons de santé ou des situations personnelles très graves. Mais que faire de ceux et celles, comme M. Dubé et Mme Zakaïb, qui laissent tomber leurs concitoyens parce qu'ils ont trouvé un boulot plus intéressant et plus payant ailleurs?

Il n'y a pas 10 solutions: comme il est impossible de les forcer à terminer leur mandat, pourquoi ne pas les remplacer par les candidats qui sont arrivés au deuxième rang aux élections générales?

Ça peut sembler fou comme hypothèse, mais pensez-y bien.

Ça changerait quoi à la réalité politique? Dans Lévis, c'est le libéral Simon Turmel qui est arrivé deuxième avec 34,9% des voix, comparativement à 40,4% pour Christian Dubé.

Dans Richelieu, Mme Zakaïb l'a emporté avec 39% des voix, contre 26,8% pour son adversaire caquiste.

Et la démocratie?

J'admets que ça ne respecte pas les règles habituelles de la démocratie. Mais la participation aux élections complémentaires qui s'annoncent sera tellement faible que les deux remplaçants seront élus avec un appui populaire inférieur aux milliers de votes obtenus par les candidats de deuxième et même de troisième place aux élections générales. Alors pour la démocratie, on repassera...

Si on pouvait éviter les élections complémentaires dans Lévis et Richelieu, on sauverait 1,2 million$ et on se retrouverait avec un libéral et un caquiste de plus. Ça ne changerait donc rien à la position des partis à l'Assemblée nationale.

Comme au municipal?

Il est vrai que certaines élections complémentaires peuvent chambarder l'échiquier politique lorsqu'il n'y a pas beaucoup d'écart entre les partis. Ça peut même mettre un gouvernement en situation minoritaire. Mais justement: les députés y penseraient deux fois avant de démissionner et de mettre leur formation politique en péril.

Et puis tant qu'à réfléchir à cette question, pourquoi ne pas faire comme au municipal? Lorsqu'un maire ou un conseiller démissionne pendant la dernière année de son mandat, on attend aux élections générales pour le remplacer. Maintenant qu'on a des élections à date fixe, il devient possible de faire la même chose au provincial.

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