L'année « Unique » de Véronique Soucy

La directrice générale de la radio communautaire d'Ottawa... (Martin Roy, Le Droit)

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La directrice générale de la radio communautaire d'Ottawa Unique FM, Véronique Soucy

Martin Roy, Le Droit

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CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / La directrice générale de la radio communautaire d'Ottawa Unique FM, Véronique Soucy, vient de vivre une année de luttes. D'abord une lutte pour succéder au regretté Mauril Bélanger comme député fédéral d'Ottawa-Vanier. Suivie d'une deuxième, terrifiante celle-là, contre une grave maladie qui aurait pu lui coûter la vie.

En début octobre 2016, Véronique Soucy, 38 ans, annonce qu'elle posera sa candidature à la course à l'investiture libérale dans Ottawa-Vanier.

« Je voulais contribuer à la chose publique d'une autre façon, dit-elle. J'ai commencé ma carrière en journalisme, j'ai bifurqué vers l'animation, et l'actualité, pour moi, a toujours été un service public. On informe les gens. Et là, je voulais contribuer davantage et la politique m'a toujours passionnée. Je voulais servir les gens. »

Mais quatre mois plus tard, après une campagne éreintante, les libéraux d'Ottawa-Vanier ont choisi Mona Fortier pour les représenter à la Chambre des communes.

Une déception pour Véronique Soucy ?

« Pas du tout, répond-elle sans hésiter. Les gens ont choisi Mona. Ils ont choisi une très bonne personne. Une personne compétente qui a beaucoup fait pour le Parti libéral du Canada et j'étais sincèrement heureuse pour elle. J'ai travaillé fort durant cette course à l'investiture. Et tu ne peux pas être déçue quand tu travailles fort. L'expérience a été très enrichissante et j'ai grandi à travers tout ça. Et au bout de ces quatre mois de campagne, j'étais heureuse de retrouver ma famille. Et aussi de retrouver ma gang à Unique FM, ma deuxième famille », laisse-t-elle tomber en souriant.

La maladie

Le 17 mars dernier, un peu plus d'un mois après l'investiture libérale, Véronique Soucy est transportée d'urgence à l'hôpital Général d'Ottawa.

« J'étais au volant de ma voiture, raconte-t-elle, et soudainement, je ne sentais plus mes bras. Je croyais que je faisais un AVC (accident vasculaire cérébral). J'ai immédiatement appelé l'ambulance et on m'a transportée à l'Hôpital Général. J'avais subi une commotion cérébrale quelques jours auparavant (une chute en ski). Mais après quelques tests à l'hôpital, tout semblait normal et ce malaise dans la voiture n'était pas lié à la commotion. »

Elle est rentrée chez elle. Mais le soir même, elle a soudainement été atteinte de douleurs intenses à l'abdomen. Vite de retour à l'hôpital. Et après quelques tests, des ultrasons et un IRM (imagerie par résonance magnétique), le diagnostic est tombé. Une masse de la grosseur d'un pamplemousse s'était formée sur son pancréas.

« J'étais sous le choc, se souvient-elle. T'es assis à l'urgence et tu te fais dire, à l'âge de 38 ans, que t'as une masse sur le pancréas. Puis on ajoute qu'on doit immédiatement l'enlever de là parce que si ce n'est pas déjà un cancer, ça va devenir un cancer agressif qui percera le pancréas. Et une fois le pancréas percé, il ne te reste que six à douze mois à vivre. J'étais sous le choc », répète-t-elle.

Véronique Soucy a été opérée le 24 mai. 

« Ils m'ont enlevé 20 % de mon pancréas, dit-elle. Et les médecins m'ont fait comprendre que j'ai été très chanceuse parce qu'une personne atteinte de cette maladie a rarement de signes et de douleurs comme j'en ai eu. Puis, ils se retrouvent avec une jaunisse et le cancer et c'est déjà trop tard, il n'y a plus rien à faire.

«J'ai gagné à la loterie de la vie, lance-t-elle. C'est drôle à dire, mais j'ai été chanceuse d'avoir eu mal. Et c'est dans des moments comme celui-là que tu réalises que la vie est très fragile. Et que tu réalises aussi ce qui est important dans la vie. Et je n'aurais jamais pu passer à travers tout ça sans la présence de mon conjoint Éric (Brunet), l'amour de ma vie. Il est mon ancrage depuis maintenant 20 ans. Il a été tellement fort pendant tout ce temps. Il a été là pour moi et pour nos deux enfants (âgés de 9 et 15 ans). Je l'aime tellement», ajoute-t-elle en s'essuyant les yeux.

Les Sens et Michel Picard

Et Unique FM dans tout ça ? Lorsque Véronique Soucy a quitté son micro du matin à l'émission Véro Cité pour occuper le poste de directrice générale de la station, à l'automne 2013, Unique FM était au bord du gouffre.

«C'était effrayant, se rappelle-t-elle. On devait beaucoup de sous à plein de monde et on était sur le point de fermer la station. Il fallait vite essuyer le déficit accumulé et aller chercher l'appui de la communauté. Et c'est là que le bateau a vraiment tourné. C'est quand la communauté a décidé qu'elle n'allait pas perdre sa radio. Les gens se sont levés, le conseil d'administration a fait du travail extraordinaire et les gens ont dit : 'on va aider Unique FM'. Et au bout de deux ans et demi, après avoir surmonté des montagnes, on est sorti du bois. On a ensuite obtenu la diffusion des matches des Sénateurs d'Ottawa. Puis Michel Picard est arrivé et on a pu bâtir une programmation solide. Une vague d'amour a déferlé sur Unique FM lorsque nous avons annoncé l'arrivée de Michel. Parce que Michel est aimé de tous. Cette embauche a été un très bon coup. Et Michel est très heureux ici. Il fait de la radio comme il aime faire de la radio», conclut Véronique Soucy. 

À souligner que les Sénateurs d'Ottawa et Unique FM ont récemment signé une nouvelle entente de cinq ans qui permettra à la radio franco-ontarienne de poursuivre la diffusion des matches jusqu'en 2022.




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