La première ministre de la Petite-Nation

Paulette Lalande ne se destinait pas à une... (Le Droit)

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Paulette Lalande ne se destinait pas à une carrière politique... et pourtant.

Le Droit

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CHRONIQUE - LES GRANDES ENTREVUES / Le député provincial de Papineau, Alexandre Iracà, la surnomme amicalement « la première ministre de la Petite-Nation ». Et c'est vrai qu'elle l'est un peu. Parce que tout le monde la connaît dans ce merveilleux coin de l'Outaouais.

Paulette Lalande, 76 ans, est préfet de la MRC de Papineau depuis 15 ans, et mairesse du village de Plaisance depuis deux décennies. Reconnue pour son franc-parler et son style de fonceuse, cette bourreau de travail a certes fait sa marque en Outaouais et dans la Petite-Nation.

« Je suis une fonceuse, je dis ce que je pense et j'ai toujours été comme ça, dit-elle. C'est ma façon de faire. Mais je suis fidèle et je respecte les gens. Je déteste l'hypocrisie, je n'ai jamais trahi qui que ce soit et j'ai toujours traité tout le monde de façon équitable.

«Je dirais que je suis un peu comme (l'ancien député et ministre de Papineau) Norm MacMillan, laisse-t-elle tomber. Norm a été pour moi une source d'inspiration inestimable. Il m'a vraiment marquée au niveau de la politique, il m'a beaucoup aidée et c'est un bon ami. Et quand on parle de son franc-parler, je dirais que je suis exactement comme lui. Je lâche même quelques jurons parfois, mais pas en public», ajoute-t-elle en s'esclaffant.

De la salle de classe à la mairie

Paulette Lalande est née à Saint-André-Avellin où elle a grandi sur une terre avec ses quatre soeurs, ses trois frères et sa mère, qui était monoparentale. «J'avais six ans lorsque mon père est décédé, dit-elle. Il est mort du cancer des os à l'âge de 49 ans.

«Ma mère m'a beaucoup inspirée dans la vie, poursuit-elle. Quand t'es veuve avec huit enfants à nourrir et une terre à cultiver, il faut que tu travailles et il faut que tu t'affirmes. Et chez nous, mes soeurs, mes frères et moi devions toujours donner le maximum de nous-mêmes. Nous n'étions pas riches. Mais on avait des animaux sur notre terre, on cultivait les légumes et on ne manquait de rien. Mais il fallait travailler, et travailler fort. Et notre mère nous a donné le goût du travail dans le sens que si tu veux quelque chose dans la vie, tu dois participer à ton bien-être. Cette force de caractère de ma mère - sa force tout court - m'a toujours guidée.»

Paulette Lalande ne se destinait pas vers une carrière en politique. Cette mère de deux filles et grand-mère d'une petite-fille de 11 ans a plutôt fait carrière en enseignement à Hull où elle a été prof de français dans trois écoles secondaires de cette ancienne ville. «Nous habitions Hull, dit-elle, mais on a toujours eu notre maison à Plaisance, là où nous passions nos fins de semaine et nos vacances. En fait, nous étions si souvent à Plaisance que plusieurs personnes de l'endroit croyaient que nous y habitions en permanence.»

Après 35 ans en enseignement, Paulette Lalande s'apprêtait à prendre une retraite paisible - à Plaisance bien entendu - lorsque la politique est venue frapper à sa porte.

«J'étais à deux ans de ma retraite lorsque l'ancien maire de Plaisance (Roger Legault) m'a demandé de me présenter à la mairie pour lui succéder, se souvient-elle. Mais je ne connaissais rien à la politique. Mais au même moment, un conseiller municipal (de Plaisance) est décédé. Je me suis donc présentée comme conseillère et j'ai été élue par acclamation. Et durant ces deux années à la table du conseil, j'ai réalisé que j'aimais beaucoup, beaucoup la politique. Je me suis donc présentée à la mairie deux ans plus tard et j'ai été élue sans opposition. Et j'ai été réélue depuis, presque toujours sans opposition.

«Je dirais que c'est l'enseignement qui m'a menée à la politique, explique-t-elle. Parce qu'il y a beaucoup de similitudes entre l'enseignement et la politique. Dans l'enseignement, tu donnes de l'information, t'écoutes les gens, tu trouves des solutions, t'as des problèmes et tu dois les régler avec de vraies solutions. Et en politique, tu fais exactement la même chose. Tu dois écouter les gens, tu dois les comprendre, tu dois être disponible et tu dois trouver des solutions parfois pour un individu, parfois pour l'ensemble de la communauté.» 

Mais l'heure de la retraite - la vraie cette fois-ci - a sonné pour la mairesse Lalande. Elle quittera son poste de préfet de la MRC de Papineau le 25 novembre prochain et elle ne se représentera pas à la mairie de Plaisance aux prochaines élections municipales.

«Dans la vie, dit-elle, le moment vient où tu dois tirer ta révérence. Et je pense que j'ai fait ma part pour la société. Je vais toujours aimer la politique. Comme j'ai toujours adoré l'enseignement. Ces deux carrières n'ont jamais été un poids pour moi parce que j'aimais profondément ce que je faisais. Mais j'ai 76 ans, je suis en bonne santé et le temps est venu de quitter. J'ai aimé la politique, et la politique m'a aimée», de conclure la première ministre de la Petite-Nation.




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