La musique en lui

Michel DeMars est un des rares musiciens de... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Michel DeMars est un des rares musiciens de l'Outaouais à vivre de son art.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Enfant, Michel DeMars écoutait du Marie King. De la musique country à son état pur.

« Marie King était une grande amie de mes parents, raconte-t-il. Alors c'était toujours cette musique qui jouait à la maison. Et je connaissais toutes les chansons de Marie King. Et mes tantes me les faisaient chanter aux partys de famille durant les Fêtes », ajoute-t-il en riant.

Mais le jeune Gatinois a grandi. Et à l'adolescence, la musique country a vite « dit bonjour aux montagnes » pour laisser toute la place au rock dans ses écouteurs.

« Et vers l'âge de 12 ou 13 ans, se souvient-il, je suis tombé sur l'oeuvre Supper's Ready du groupe Genesis. J'étais ému. Cette pièce m'a touché. Profondément touché. Et je pense que c'est à ce moment précis que je me suis dit : "C'est ce que je vais faire dans la vie. Je vais faire de la musique." J'ai alors supplié mes parents de m'acheter un orgue électrique, parce qu'il y a beaucoup d'orgue dans l'oeuvre de Genesis. Puis mes parents m'ont dit que si je voulais faire carrière en musique, je devais d'abord l'apprendre. Alors j'ai terminé la polyvalente (Nicolas-Gatineau) et j'ai été étudier deux ans à l'ancienne École de musique de l'Outaouais qui se trouvait à l'époque dans le parc Jacques-Cartier. Mais c'est Supper's Ready de Genesis qui a été le déclenchement de tout ça. »

Le déclenchement d'une carrière de 40 ans comme compositeur et producteur.

Michel DeMars est l'un des rares musiciens de l'Outouais qui peut vivre de son art. Pianiste, il a composé d'innombrables trames sonores pour le cinéma, la télé, des projets audiovisuels et même pour certains jeux vidéo. La musique de Tout nouveau tout show, c'est lui. La trame sonore de la série documentaire La croisée des chemins à Radio-Canada, c'est lui aussi.

« J'ai fait beaucoup de musique pour la télé, dit-il. J'ai fait plein de séries et de films aussi. En 2015, par exemple, j'ai composé la musique pour le film Le Dep, un très beau film tourné ici en Outaouais. » Et quatre ans plus tôt, Michel DeMars avait été en nomination pour un Prix Gémeaux pour la trame musicale du documentaire Last call indien, de Sonia Boileau.

Mais ces jours-ci, c'est son oeuvre AGWÀTÀ composée en 2015 qui est écoutée par les milliers de spectateurs qui assistent à ce spectacle aquatique multimédia présenté à nouveau cet été à Gatineau. Et aussi par ceux qui ont téléchargé l'album du même titre qui compte sept pièces composées par Michel DeMars. « Agwàtà est l'un des plus beaux projets que j'ai faits dans ma carrière, dit-il. Et je veux en faire beaucoup plus comme ça. J'ai composé la musique pour Agwàtà en un mois. C'est tout le temps que j'avais. Mais je suis très à l'aise dans ce genre de pression là. C'est bien parfois de ne pas avoir trop de temps.

«Donc j'avais des images, et il fallait que je m'inspire de ces images. Comme les images des grands feux qui ont ravagé l'ancienne ville de Hull. Elles sont bouleversantes, ces images. Et ma musique doit parler et raconter cet épisode. Elle doit aussi véhiculer les émotions que les Hullois ont vécues à l'époque de ces feux. Et j'aime entrer dans les émotions. Je veux te faire feeler quelque chose par ma musique. Je veux te faire rire, te faire pleurer. Je veux que tu sois ému, et parfois même inconfortable. Je veux te faire sentir quelque chose. C'est ça mon job

Les envolées matinales des ballons sont certes les plus beaux moments du Festival de montgolfières de Gatineau. Le soleil se pointe le bout du nez pour une nouvelle journée, la brume se dissipe, la rosée du matin recouvre le sol et des dizaines de montgolfières montent lentement vers le ciel sur une douce musique. Une douce musique de Michel DeMars.

«J'ai fait le thème musical des envolées pendant quelques années, dit-il. À un moment donné, j'ai eu l'idée de faire un album de ces thèmes musicaux. J'ai approché Jean Boileau (le fondateur de ce festival) et il a embarqué. Tout comme le maire de Gatineau de l'époque, Robert Labine, a embarqué. Tout le monde enfin a embarqué dans ce projet. Puis j'ai créé cet album de sept pièces en quatre mois avec plein de musiciens de la région. On le faisait tourner pendant les envolées. Je ne me souviens plus trop combien de copies de cet album nous avions produites - 2000 ou 3000, j'oublie - mais elles se sont toutes vendues. C'est un projet qui a très bien marché», conclut-il.




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