Ma tante Thérèse

Aujourd'hui âgée de 79 ans, Thérèse Cyr rédige... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Aujourd'hui âgée de 79 ans, Thérèse Cyr rédige présentement son autobiographie.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Elle s'est retirée de la vie publique il y a 12 ans, mais plusieurs Gatinois l'appellent toujours affectueusement : Ma tante Thérèse.

Un peu parce que c'était le nom de l'émission qu'elle a animée à la télé communautaire pendant près de 12 ans, dans les années 1970 et 1980. Mais surtout parce que Thérèse Cyr était une conseillère municipale au service de « son monde ». Comme une mère qui veille sur les siens.

« Denis Tassé (le conseiller sortant et candidat à la mairie de Gatineau) m'a dit que j'ai pourri mon monde, que je les ai trop gâtés durant mes années au conseil municipal, dit-elle. Mais je n'ai pas gâté personne ! J'étais au service des gens. Quand ils avaient besoin de moi, j'étais là. Et j'ai toujours eu comme principe de traiter les gens comme moi je voudrais être traitée. Et j'ai toujours été fidèle à ce principe. Donc Denis Tassé n'aura pas mon vote (aux élections de novembre prochain). C'est Maxime Pedneaud-Jobin qui l'aura. Parce que lui travaille pour son monde. Et Denis ne l'aura pas parce qu'il travaille pour lui.

-Et la candidate Sylvie Goneau, qu'en pensez-vous ?

- Je ne la connais pas. »

Thérèse Cyr n'a évidemment rien perdu de son franc-parler légendaire. Un franc-parler qui lui a valu quelques tapes sur les doigts durant ses 18 années à la table du conseil municipal de Gatineau, soit de 1987 à 2005. Mais elle s'en fiche. Parce que si c'était à refaire, dit-elle, elle ne changerait absolument rien.

« Je n'ai jamais eu peur de dire ce que je pense, affirme-t-elle. Et j'ai toujours parlé pour mes concitoyens, et non pour les élus. Et si j'avais quelque chose à dire à quelqu'un, je lui disais dans le blanc des yeux, et non dans son dos, et je pense que les gens aimaient ma façon de faire, puisqu'on me demande encore de me représenter aux prochaines élections. Et si ce n'était pas du porte-à-porte, je pense que je me présenterais. Disons que si je pouvais, je le ferais. »

La journaliste

Mère de trois garçons et grand-mère de six petits-enfants, Thérèse Cyr a réalisé un vieux rêve une fois ses enfants devenus grands, soit celui de faire carrière comme journaliste. Un métier qu'elle a exercé pendant plusieurs années à La Revue de Gatineau avant de le quitter pour se lancer en politique municipale, en 1987.

Mme Cyr a été la première journaliste sportive de l'Outaouais. « J'entrais dans les vestiaires après les matches, mais je ne regardais pas les jeunes quand ils étaient nus. Je me tenais dans le cadre de porte et je parlais avec le coach », lance-t-elle en riant. Et elle se souvient d'une engueulade mémorable avec Michel « Le Tigre » Bergeron, qui était à l'époque l'entraîneur-chef des Draveurs de Trois-Rivières. 

« Un jour, raconte-t-elle, j'ai écrit que les Olympiques de Gatineau (de Hull à l'époque) avaient mal joué. Que les joueurs de l'équipe adverse n'avaient qu'à se pointer et que les gars des Olympiques leur feraient des passes sur la palette. Je me souviens que j'ai écrit que les Olympiques avaient joué comme des hot dogs sans moutarde. Or, quand Bergeron m'a aperçue à l'aréna, il m'a poignée par le bras et il m'a emmenée dans le corridor pour me dire que si un journaliste écrivait une telle chose à propos de ses gars, qu'il ne laisserait plus ce journaliste entrer dans son aréna. Alors je lui ai dit que si ses gars jouaient comme les Olympiques avaient joué la veille, je ne voudrais plus entrer dans son aréna non plus ! Mais je me suis assurée d'accompagner les Olympiques à leur prochain match à Trois-Rivières. Et quand Bergeron m'a aperçue après le match, je lui ai envoyé la main en souriant. Et il a levé les yeux au ciel ! » (Rires).

Thérèse Cyr, 79 ans, habite aujourd'hui une résidence pour retraités, à un jet de pierre de l'ancien hôtel de ville de Gatineau. Elle rédige présentement son autobiographie. « J'aurai trois thèmes, dit-elle. Un sur mon enfance à Gracefield, mon village natal. Un deuxième sur mes années en politique. Et le dernier sera sur ma vie avant et après la politique. Quand une histoire ou une anecdote me revient en tête, je mets ça sur papier. Donc j'écris ça tranquillement et je viendrai bien à bout d'en faire quelque chose. J'ai eu une belle vie. J'ai fait ce que je voulais, quand je voulais et comment je voulais. »

Le Prix Jean Boileau

Thèrèse Cyr est membre fondatrice du Festival de montgolfières de Gatineau et elle est bénévole à ce festival annuel depuis sa création, il y a 30 ans. Et le 3 septembre prochain, elle recevra le Prix Jean Boileau pour son engagement indéfectible à ce festival.

« Ça me réchauffe le coeur, ce prix-là, dit-elle. Je ne pensais plus que je l'aurais. Je nous vois encore, Jean (Boileau), Berthe (Miron), Claire (Vaive) et moi. On s'assoyait en rond et on planifiait le tout premier festival. Et on n'a pas lâché. Et je serai encore là cet été pour m'occuper des VIP. J'y vais chaque année. Mais là, je me promène en voiturette. J'aurai 80 ans en octobre, donc je pense que j'ai le droit », conclut-elle en souriant.




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