Le coach Sanscartier

Alain Sanscartier, 53 ans, a fondé le groupe... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Alain Sanscartier, 53 ans, a fondé le groupe Vision Multisports Outaouais.

Étienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / On l'appelle « le coach ».

Un peu pour son expérience comme entraîneur-chef dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), notamment avec les Olympiques de Hull (1993-1994). Un peu pour son bagage derrière le banc de plusieurs équipes de hockey mineur de l'Outaouais, ainsi que pour ses 24 années à la barre du programme sports-étude de l'école polyvalente Nicolas-Gatineau. Un peu aussi pour ses 17 années comme analyste des matchs des Sénateurs d'Ottawa diffusés à la télé et à la radio.

Mais Alain Sanscartier, 53 ans, est aussi celui qui a « coaché » en 2013 la réalisation du Complexe sportif Branchaud-Brière, à Gatineau. Et reste maintenant à voir s'il réussira à mener son équipe de Vision Multisports Outaouais (VMSO) vers la construction d'un complexe sportif - ou du futur aréna Guertin comme on l'appelle - qui pourra accueillir, entre autres, les Olympiques de Gatineau.

« Avec ce qui s'est passé à Québec mercredi, je dirais qu'on vient de traverser la ligne bleue et que nous sommes maintenant en zone offensive », laisse-t-il tomber d'un sourire confiant.

Du hockey, il en mange, le coach Sanscartier. Mais il n'était pas vraiment destiné à faire carrière dans ce sport. Atteint d'un handicap visuel - il a perdu la vue dans son oeil gauche à la naissance - il n'a jamais pu jouer au hockey à un niveau compétitif. 

En fait, quand il était adolescent, ce p'tit gars du Vieux-Gatineau rêvait de faire comme son père, comme ses oncles, et comme pratiquement « tous les Sanscartier » avant lui : travailler au moulin à papier.

« Les Sanscartier sont tous passés par le moulin, dit-il. Mon père a travaillé là toute sa vie. Et lui et mon oncle ont été président du syndicat. Et dans ce temps-là, quand t'avais 16 ans à Gatineau, tu devais entrer au moulin à papier. C'était un job payant et un job à vie. C'était merveilleux.

«Puis le moulin m'a finalement appelé, raconte-t-il. J'avais 16 ans et je m'en souviens comme si c'était hier. Je devais entrer pour mon tout premier shift au moulin. Un shift un vendredi soir, de 16 h à minuit. C'était un rêve qui se réalisait. J'avais ma boîte à lunch en métal et tout le kit, j'étais prêt. Mais curieusement, arrivé à la porte du moulin, je me suis dit : «Si j'entre là, je n'en sors plus». Et je suis viré de bord. Je ne me suis pas présenté. Je n'ai donc jamais travaillé au moulin. Et la plupart de mes chums de l'époque qui sont entrés là ont été congédiés quand ils étaient âgés dans la trentaine.»

Alain Sanscartier avait donc tracé une croix sur une carrière comme joueur de hockey. Et il n'était plus le bienvenu au moulin à papier. Alors que fait un jeune de 16 ans qui se cherche une voie dans sa vie ? Eh bien lui, il a choisi la cuisine. Oui, la cuisine. La cuisine internationale par surcroît.

«J'ai étudié pendant deux années en cuisine internationale et j'ai fait mes stages à la Ferme Columbia, ainsi qu'à l'ambassade de la France à Ottawa, se souvient-il. J'aimais ça. Mais j'ai vite réalisé que, dans ce business-là, il faut que tu travailles pendant que les gens s'amusent. À la Ferme Columbia, je travaillais le vendredi de jour et le vendredi en soirée. Puis le samedi de jour et le samedi en soirée. C'est bien beau d'avoir congé pendant la semaine, mais il n'y a pas un chat autour ! Alors disons que je n'ai pas fait un très long cheminement dans cette profession», ajoute-t-il en riant. 

Il n'a peut-être pas suivi les traces de son père au moulin à papier, mais si Alain Sanscartier est si passionné du sport - du hockey surtout - c'est beaucoup grâce à son père. «Mon père était très impliqué dans le sport, dit-il. Il s'est beaucoup occupé des associations de hockey pour les jeunes de Gatineau. Et il m'a transmis cette passion pour ce sport. Je ne pouvais pas le jouer, mais je pouvais le coacher. Et à l'âge de 18 ou 19 ans, j'étais entraîneur-chef d'une équipe AAA à Buckingham, des joueurs de 15 et de 16 ans.»

Puis l'appel est venu en décembre 1990. Les Cataractes de Shawinigan de la LHJMQ se cherchaient un nouvel entraîneur-chef pour redresser une équipe à la dérive, et c'est sur le jeune coach de Gatineau que les propriétaires de cette équipe ont arrêté leur choix. Alain Sanscartier a ensuite dirigé les Olympiques de Hull pendant presque deux ans. Puis il est retourné au sein de la ligue midget AAA du Québec pour coacher l'Intrépide de Gatineau. Il est depuis les 24 dernières années directeur (et enseignant) du programme sport-études de l'école polyvalente Nicolas-Gatineau. «On compte 240 joueurs de hockey dans ce programme», dit-il fièrement.

Alain Sanscartier a de plus fondé le groupe Vision Multisports Outaouais Inc (VMSO), un organisme sans but lucratif. qui a piloté pendant huit ans (2005 à 2013) le projet de construction du Complexe sportif Branchaud-Brière, à Gatineau. «Avec ce complexe, dit-il, je voulais laisser un legs à la communauté.»

Et si les astres sont enfin alignés, Alain Sanscartier pourrait bientôt laisser un deuxième legs à la ville qui l'a vu grandir. Un lègue que plusieurs attendent depuis ce qui semble être une éternité. soit une nouvelle maison pour les Olympiques de Gatineau. Un «nouveau Bob-Guertin».

«On le souhaite, dit-il au nom de son groupe. On le souhaite pour les gens de Gatineau.»




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