La passion de la «coach» Sauvageau

Danièle Sauvageau était de passage à Gatineau cette... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Danièle Sauvageau était de passage à Gatineau cette semaine à titre de conférencière.

Etienne Ranger, Le Droit

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LES GRANDES ENTREVUES / L'équipe canadienne de hockey féminin était invincible dans les années 1990. De 1990 à 1997, elle a remporté sept championnats mondiaux consécutifs contre son « ennemi » numéro un, l'équipe américaine.

C'est cependant une véritable gifle au visage que les joueuses canadiennes ont encaissée lorsqu'elles ont dû se contenter de la médaille d'argent à leur toute première participation aux Jeux olympiques, en 1998, à Nagano au Japon.

La Montréalaise Danièle Sauvageau a alors été embauchée comme directrice générale et entraîneuse-chef de l'équipe. Et en 2002, à Salt Lake City aux États-Unis, les hockeyeuses canadiennes gagnaient leur première de quatre médailles d'or consécutives aux Jeux olympiques (2002-2006-2010-2014).  

« De grandes leçons ont été apprises de 1998 à 2002, affirme Danièle Sauvageau. On a rebâti le programme durant ces quatre années et on a mis sur pied la structure du hockey féminin tel qu'on le connaît aujourd'hui. On a construit les assises afin de redevenir première au monde et de le rester. »

Danièle Sauvageau, 55 ans, a depuis quitté son poste au sein de Hockey Canada, mais elle demeure conseillère auprès de cet organisme, ainsi que mentore auprès de plusieurs athlètes de différentes disciplines. Elle a aussi fondé en 2008 l'équipe de hockey féminin de l'Université de Montréal (les Carabins), gagnante de deux championnats interuniversitaires. Elle est de plus conférencière en coaching sportif et exécutif. Elle était d'ailleurs de passage dans la région, mercredi, pour offrir une conférence sur le leadership devant la Chambre de commerce de Gatineau. Et Danièle Sauvageau est depuis maintenant 32 ans policière au Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM). « Je partage mon temps entre trois mondes », laisse-t-elle tomber en souriant.

Mais la véritable passion de cette pionnière, c'est le hockey. 

« J'ai grandi à côté de deux patinoires extérieures sur la 13e avenue à Deux-Montagnes, dit-elle. Et quand mes deux frères cadets ont eu l'âge de jouer au hockey organisé, je suis arrivée à l'aréna de Saint-Eustache avec eux. Et c'est là qu'on m'a dit : 'Eux peuvent jouer, mais pas toi. Il n'y a pas de filles qui jouent au hockey'. J'avais 12 ans et je ne trouvais pas ça juste. Mais je suis restée pour m'impliquer comme je le pouvais. J'amenais les bouteilles d'eau au banc et les rondelles dans les coins durant les pratiques, j'ouvrais la porte pour le banc des joueurs. Mon premier emploi a été à la cantine de l'aréna de Saint-Eustache. Et j'aimais tellement travailler là que je pensais que c'était le job de ma vie. Je faisais un peu de tout pour vivre ma passion qu'est le hockey.»

Et cette implication l'a emmenée jusqu'aux Jeux olympiques.

«Chez nous, le samedi soir, c'était la Soirée du hockey en famille, poursuit-elle. Et lorsque je travaillais comme analyste à la Soirée du hockey, à Radio-Canada, et que j'entendais la musique thème en ouverture de cette émission, j'avais le goût de pleurer de joie. Quel privilège que j'avais d'être là !».

L'équipe canadienne de hockey féminin est une puissance mondiale. Les Canadiennes de Montréal ont récemment battu l'équipe de Calgary pour remporter la Coupe Adrienne Clarkson de la Ligue canadienne de hockey féminin. Et ce sport est de plus en plus populaire dans les universités au pays. Mais la majorité des amateurs de hockey canadiens ne regardent les matchs des «filles» qu'aux quatre ans, soit aux Jeux olympiques. Comme quoi ça ne pogne pas, le hockey féminin.

«Je ne suis pas prête à dire ça, réplique Danièle Sauvageau. En 1990, on comptait de 3000 à 5000 femmes qui jouaient au hockey au Canada. On est rendu à tout près de 100 000. En fait, le hockey féminin se développe beaucoup plus rapidement que le hockey masculin. Et le nombre d'équipes aux niveaux universitaire et collégial augmente d'année en année.   

«Là où ça ne pogne pas, ajoute la coach, c'est dans sa visibilité. Les médias n'en parlent pas. Et s'ils n'en parlent pas, les commanditaires ne s'impliquent pas. C'est un cercle vicieux. (...) Donc le bâton de pèlerin que j'ai pris au cours des dernières années, c'est de créer une visibilité pour le hockey féminin au pays. Dire aux gens que ce sport en vaut la peine, qu'on doit en parler. Et plus les gens en verront, plus ils en voudront. Plus de 20 millions de téléspectateurs ont regardé le match pour la médaille d'or aux Jeux olympiques de Sotchi (2014). Mais lorsqu'on arrive aux séries éliminatoires pour la Coupe Adrienne Clarkson, on a de la difficulté à obtenir du temps d'antenne. Il faudrait une certaine équité entre le hockey féminin et le hockey masculin. Et c'est un droit de demander cette équité. Mais pas une équité en disant : «Sidney Crosby gagne 8 millions $ par année, notre meilleure joueuse devrait gagner 8 millions $ par année». Mais une équité dans l'investissement qu'on fait dans le hockey féminin, et dans le sport féminin tout court.»




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