Le long chemin de Georges Orfali

Georges Orfali a oeuvré pendant 47 ans dans... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Georges Orfali a oeuvré pendant 47 ans dans le monde de l'éducation franco-ontarienne.

Étienne Ranger, Le Droit

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LES GRANDES ENTREVUES / « On ne veut pas un arabe comme directeur d'école. »

C'est ce qui était écrit dans une lettre anonyme qu'a reçue Georges Orfali quand il a été nommé directeur de l'école élémentaire publique Charlotte-Lemieux, à Orléans, au début des années 1990.

« Lorsqu'on immigre, explique M. Orfali, on accepte ce genre de commentaire-là. La lettre n'était pas signée, donc je n'y ai pas accordé trop d'importance. Et je n'avais rien à me reprocher. » 

En effet, il n'avait absolument rien à se reprocher. Il avait fait ses preuves. Et ce n'est pas une lettre aux commentaires racistes et méprisants qui allait l'arrêter. Enseignant, directeur adjoint, directeur d'école, surintendant, puis conseiller scolaire, il a oeuvré pendant 47 ans dans le monde de l'éducation franco-ontarienne.  

Geroges Orfali, 66 ans, est arrivé à Ottawa à l'âge de 18 ans. « C'était en 1969, se souvient-il. Mes parents ont quitté l'Égypte parce qu'ils ne voyaient pas d'avenir pour leurs quatre enfants. Mon père était enseignant et il était alors âgé de 55 ans. Et nous étions très à l'aise financièrement. Mais le pays sortait de la guerre de 1967 et mon père craignait pour l'avenir de ses enfants. On est donc venu au Canada. »

Et tel père, tel fils, Georges Orfali est devenu à son tour enseignant une fois ses études à l'Université d'Ottawa complétées.

C'est toutefois dans le système scolaire anglophone d'Ottawa qu'il a fait ses débuts comme prof. Pour la simple et unique raison que les francophones ne voulaient pas de lui !

« C'était au début des années 1970, raconte-t-il, et je n'avais aucune chance d'enseigner dans les écoles catholiques (de langue française) à Ottawa. Ils me l'ont dit. On m'a dit qu'on embauchait d'abord les gens de la région. Après ça, ceux de la province. Et en dernier, les immigrants. Les anglophones étaient cependant plus ouverts à ce moment-là. Et ils ouvraient des écoles où on enseignait le français langue seconde. Et c'est là que j'ai commencé ma carrière. Comme enseignant de français langue seconde dans une école anglophone. Et à titre de conseiller pédagogique, j'ai relevé le défi de rédiger un programme d'enseignement du français (langue seconde) qui a été repris à travers le Canada. »

Ce n'est pas avant le début des années 1980 que Georges Orfali a pu intégrer le système scolaire de langue française, en étant choisi comme directeur adjoint de la nouvelle école élémentaire Séraphin-Marion. « Mais je me souviens qu'il y avait eu de l'opposition à ma candidature, dit-il. La mentalité était : "c'est une école francophone, on veut un directeur adjoint francophone". On ne disait pas le mot Franco-Ontarien, mais c'était ça. Et j'ai dû travailler deux fois plus fort pour montrer que j'étais aussi bon, sinon meilleur que les francophones d'ici. Assez bon n'était pas assez. Heureusement, la mentalité a beaucoup évolué depuis, et pour le mieux. »

Georges Ofali a été nommé directeur de l'école Charlotte-Lemieux une dizaine d'années plus tard, devenant ainsi le premier directeur d'école francophone issu de l'immigration. 

Il a ensuite assumé la vice-présidence, puis la présidence du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO). Et depuis 2006, il est conseiller scolaire (Cumberland-Osgoode) au sein du CEPEO. Ou il l'était, devrait-on dire. Parce que M. Orfali a démissionné de son poste de conseiller scolaire le 1er mai dernier.

« J'ai donné ce que je voulais donner, dit-il. Et je me suis dit qu'en politique, il faut savoir quand se présenter, et quand se retirer. Et je voulais donner la chance à mon successeur de se faire connaître d'ici les élections de 2018. Je quitte un conseil fort, en bon état financier, et avec une administration solide. »

Mais l'heure de la retraite n'a pas encore sonné pour ce père de quatre enfants. Mis en nomination à titre d'éducateur de l'année aux Prix Bernard Grandmaître, et récipiendaire du Prix Jean-Robert-Gauthier pour son apport exceptionnel dans le domaine de l'éducation en français en milieu minoritaire, Georges Orfali a récemment était nommé président du conseil d'administration du Muséoparc Vanier.  

« C'est un nouveau défi que je compte relever, dit-il. Il y a des gens qui ont travaillé très fort pour créer ce Muséoparc. Il faut reconnaître ces gens-là et s'assurer que tout ce qu'ils ont fait sera reconnu et se poursuivra. Et mon but est de faire connaître le Muséoparc au-delà du secteur Vanier. Je veux promouvoir ce musée à travers la Ville d'Ottawa et à travers la province. »




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