Le jeune fonceur de la FCFA

Alain Dupuis a pris la direction générale de... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Alain Dupuis a pris la direction générale de la FCFA.

Étienne Ranger, Le Droit

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LA GRANDE ENTREVUE / C'est un virage jeunesse qu'a pris la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le mois dernier, en embauchant Alain Dupuis, 29 ans, comme nouveau directeur général. Un choix surprenant, diront certains observateurs. Un choix « audacieux », dira plutôt le principal intéressé.

« J'espère que cette décision (de la FCFA) enverra un signal clair aux organismes francophones à travers le pays qu'il y a du renouveau et qu'il faut faire confiance à la prochaine génération, a dit Alain Dupuis. C'est dans ce sens-là que je trouve que c'est un choix audacieux de la part de la FCFA. Je suis super content de leur choix ! Et je crois que c'est un message fort qui est envoyé. »

La FCFA n'a cependant pas arrêté son choix uniquement en fonction de l'âge de M. Dupuis. Parce que la feuille de route de ce dernier est fort impressionnante.

Originaire de Sudbury, Alain Dupuis est depuis 2012 directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), un organisme qu'il a cofondé en 2009 et qui défend les intérêts des 22 000 étudiants qui poursuivent des études postsecondaires en français en Ontario.

« Quand j'ai été embauché comme directeur général de la RÉFO, en 2012, on avait 1000 $ dans notre compte de banque, se souvient-il. Et on m'a ni plus ni moins dit : «arrange-toi avec ça». Aujourd'hui, on a un budget d'un quart de million $, quatre grands événements par année, un conseil d'administration formé d'étudiants de partout en province, deux employés à temps plein et quatre à temps partiel. Et on mène l'un des dossiers les plus importants dans la francophonie (la création d'une université franco-ontarienne). Je n'aurais jamais cru qu'on pouvait en faire autant en si peu de temps », ajoute-t-il fièrement.

Titulaire d'un baccalauréat en sciences politiques de l'Université d'Ottawa et d'une maîtrise en Affaires publiques et internationales de l'Université de Montréal, Alain Dupuis est aussi vice-président de l'ACFO d'Ottawa et membre du groupe de coordination de l'initiative #OttawaBilingue, qui milite pour une capitale nationale officiellement bilingue.

L'université

Mais tous ces chapeaux tomberont le 23 mai prochain lorsqu'il prendra les rênes de la FCFA. Et Alain Dupuis est confiant que le RÉFO mènera son projet principal à terme, malgré son départ, et que les jeunes Franco-Ontariens pourront bientôt fréquenter « leur » université. Quoi qu'en disent les gens qui sont satisfaits avec une université bilingue.

« Allez passer du temps sur un campus bilingue, dit-il. Voyez la proportion de francophones qui a diminué. On (le RÉFO) a demandé aux étudiants francophones où ils se sentent à l'aise sur leur campus. «Dans nos cours», ont-ils répondu. Mais l'expérience universitaire va bien au-delà des cours. C'est l'environnement. C'est ta vie étudiante. C'est la gouvernance. Ce sont les conférences. Il faut que les francophones aient le contrôle complet des budgets. Qu'ils puissent créer des programmes dont ils ont besoin. Que les profs puissent faire de la recherche en français. Le fait d'augmenter les cours en français dans une université bilingue n'est pas du tout la même chose qu'une institution qui pense et qui réfléchit en français.

«Pourquoi a-t-on créé des écoles secondaires de langue française ?, de questionner le nouveau directeur général de la FCFA. Parce qu'on se faisait assimiler dans les high schools bilingues. Pourquoi a-t-on demandé la gestion de notre système scolaire ? Parce qu'on comprenait mieux nos besoins et que nous étions capables de créer un système et des écoles qui répondaient à ces besoins. Pourquoi a-t-on créé les collèges ? Pour les mêmes raisons. Il faut voir l'université franco-ontarienne comme une suite logique de notre histoire.»

Alain Dupuis est un fonceur. Et il compte bien appliquer cette détermination qui le caractérise dans son nouveau rôle au sein de l'organisme national. 

«La FCFA doit être experte du lobbying politique, laisse-t-il tomber. Et je crois que le gouvernement fédéral doit se réengager massivement dans les langues officielles au Canada afin que les francophones en milieu minoritaire puissent vivre leur vie en français au-delà du scolaire. Pour qu'ils puissent vivre leur vie en français dans tous les aspects de leur vie. Dans les institutions culturelles, dans les médias, partout. Pour qu'on puisse se promener dans l'espace public et voir et entendre notre langue. Et que celle-ci ne soit pas vue comme une menace, mais une richesse.

- Et verra-t-on Alain Dupuis se lancer un jour en politique ?

- Un jour, oui, répond-il. Mais pas pour l'instant. J'aime beaucoup le travail des organismes communautaires. J'aime aller comprendre les besoins et mettre de l'avant des choses pour et par les francophones, sans avoir besoin de m'occuper de partisanerie. Éventuellement, je devrai choisir. Mais je ne suis pas là encore.»




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