De skieuse olympique à sénatrice

Médaillée d'or olympique il y a 48 ans,... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Médaillée d'or olympique il y a 48 ans, la sénatrice conservatrice Nancy Greene-Raine fait de la promotion de l'activité physique et des saines habitudes de vie son principal cheval de bataille à la Chambre haute.

Etienne Ranger, Le Droit

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LA GRANDE ENTREVUE / En 1968, le pays vient tout juste de fêter les 100 ans de la Confédération. Son nouveau drapeau, l'Unifolié, n'a que cinq ans. Un jeune Québécois du nom de Pierre Elliott Trudeau est élu premier ministre du pays et c'est le début de la « Trudeaumanie ». Les Canadiens de Montréal remportent la coupe Stanley, et les Rough Riders d'Ottawa, la coupe Grey.

Et aux Jeux olympiques d'hiver de 1968, à Grenoble, en France, Nancy Greene, une jeune Canadienne de 24 ans de la Colombie-Britannique, remporte une médaille d'or et une autre d'argent en ski alpin, un honneur qui rejaillit sur tous les Canadiens.

Nancy Greene avait auparavant remporté en France la toute première édition de la Coupe du monde de ski alpin, en 1967. Puis la championne a récidivé en 1968. Elle demeure à ce jour la seule Canadienne (et Canadien) à avoir gagné cette prestigieuse compétition internationale de ski alpin. Nancy Greene a été élue en 2000 l'athlète féminin du XXe siècle au Canada. 

Aujourd'hui âgée de 73 ans, Nancy Greene-Raine (elle a épousé l'ancien skieur canadien devenu homme d'affaires, Al Raine, moins d'un an après sa conquête aux Jeux olympiques) est sénatrice à la Chambre rouge à Ottawa depuis février 2009.

Le Droit l'a rencontrée :

•••

LE DROIT : Quels souvenirs conservez-vous des Jeux olympiques de 1968 ?

NANCY GREENE-RAINE : Que de gagner la médaille d'or est beaucoup plus plaisant que de gagner la médaille d'argent. (Rires.) J'avais d'abord terminé 10e lors de la première compétition, la descente, et j'étais vraiment déçue. J'avais commis trop d'erreurs sur la piste, un vrai désastre. À la compétition suivante, le slalom, j'ai gagné l'argent. Mais je n'étais pas satisfaite de ça. Alors je me suis concentrée sur la dernière compétition, le slalom géant, et j'ai fait une descente fantastique. La piste était très longue et glacée, et ma technique a été très efficace. J'ai gagné par plus de deux secondes et demie.

LD : Et comment fut l'accueil à votre retour au Canada ?

NGR : Fantastique et inoubliable. Il y avait des défilés partout où je passais. Mais les Canadiens étaient un peu surpris que j'aie gagné l'or. Vrai, j'étais l'une des favorites aux Jeux puisque j'avais gagné les deux Coupes du monde précédentes. Mais je me suis blessée sur une piste de ski en France cinq ou six semaines avant les Jeux olympiques. Et les premières nouvelles diffusées au Canada rapportaient que je m'étais fracturé la cheville. Mais ce n'était pas une fracture, mais bien une entorse. J'ai été chanceuse. Et une fois rendue à Grenoble, aux Jeux, je savais ce que j'avais à faire. Mon but était de gagner la médaille d'or. Et quand je l'ai gagnée, je me suis dit que le temps était venu de passer à autre chose. J'ai donc pris ma retraite à l'âge de 24 ans. Ma vie a été un charme. Et elle l'est toujours. Mon mari et moi avons une vie merveilleuse. Nous habitons une station de ski touristique (Sun Peaks) à Kamloops, en Colombie-Britannique, nous skions ensemble, l'été nous jouons au golf, nos enfants et nos petits-enfants sont heureux, que pourrais-je demander de mieux ?

LD : Vous avez été nommée sénatrice en février 2009. Quelle a été votre réaction quand le bureau de l'ancien premier ministre Stephen Harper vous a approchée pour ce poste ?

NGR : En fait, c'est le ministre des Sports de l'époque (Gary Lunn) qui m'a demandé un jour : « Comment aimerais-tu être sénatrice ? ». Je lui ai répondu : « Gary, j'ai toujours été intéressée par la politique. Mais il n'y a pas de montagnes à Ottawa et je suis une fille de montagnes. Et je ne pense pas que la politique est pour moi ». Et lui de me répliquer : « Ne t'en fais pas avec ça, Nancy. C'est juste le Sénat. Tu n'auras même pas à y aller. Ces gens ne travaillent pas ». (Rires.) J'en ai discuté avec mon mari. C'était une opportunité de redonner à la société et de travailler pour les gens de ma province. Et ça tombait à point (en 2009) puisque Vancouver et la Colombie-Britannique se préparaient à accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 2010. J'allais donc pouvoir m'impliquer dans ces Jeux à titre de sénatrice. Ce que j'ai fait. Et je ne regrette rien. J'aime bien travailler au Sénat. Mais ce n'est pas facile, il faut être discipliné. Je dois prendre l'avion pour Ottawa à 6 h le lundi matin. Puis je retourne à l'aéroport de Kamloops à minuit le jeudi. Et j'ai ensuite une heure de route à parcourir pour rentrer chez moi. Ce sont de longues journées.

LD : Et quel est votre cheval de bataille au Sénat ?

NGR : La promotion de l'activité physique et des saines habitudes de vie. J'ai déposé un projet de loi privé afin que le premier samedi de juin de chaque année soit reconnu comme la « Journée nationale de la santé et de la condition physique ». Et je travaille présentement afin d'interdire à l'échelle du pays toute publicité qui cible les enfants de moins de 13 ans. Seul le Québec interdit la publicité qui vise les enfants. Et ce, depuis 1982. Il est temps que les autres provinces emboîtent le pas. »

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