L'amour des deux langues

Le conseiller municipal Bob Monette avoue que sa... (Archives, Le Droit)

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Le conseiller municipal Bob Monette avoue que sa décision est prise au sujet du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. Sauf qu'il préfère attendre avant de dévoiler ses couleurs publiquement.

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LA GRANDE ENTREVUE / Bob Monette l'attendait depuis longtemps, cette coupe Grey. Et rien au monde n'allait arrêter lui et son épouse, Pat, d'assister au match décisif remporté par le Rouge et Noir d'Ottawa, dimanche dernier, à Toronto.

Mais le conseiller municipal d'Orléans n'en était pas à son premier week-end de la coupe Grey. En fait, c'était la dixième année consécutive que lui et son épouse assistaient au match de la coupe Grey.

« Pat et moi adorons le football », dit-il, lui qui a été l'un des plus grands partisans à la table du conseil municipal d'Ottawa pour la revitalisation du parc Lansdowne et le retour du football professionnel à Ottawa.

« Nous avions des billets de saison pour les anciens Rough Riders d'Ottawa, ainsi que pour les Renegades et, évidemment, le Rouge et Noir, de reprendre M. Monette. Et on n'a pas raté un match de la coupe Grey au cours des dix dernières années. Nous avons visité toutes les villes de la Ligue canadienne de football (LCF), sauf Hamilton. Parce qu'il n'y a pas eu de match pour la coupe là-bas au cours des dix dernières années. »

Mais la question se pose : Pourquoi se rendre ailleurs au pays et aussi loin que Vancouver pour assister à un match de football entre deux équipes qui nous laissent pas mal indifférents (sauf pour les deux dernières années alors que le Rouget et Noir était finaliste) ? 

« Va à un week-end de la coupe Grey et tu comprendras, de répondre le conseiller Monette en souriant. Tu rencontres des gens venus de partout au Canada. Tu crées des amitiés avec ces gens. Et ça devient vite un événement que tu ne veux pas manquer. Faut le vivre pour comprendre. C'est extraordinaire comme fin de semaine. »

Le conseiller Monette épargnera cependant beaucoup de sous l'automne prochain puisque le match de la coupe Grey sera disputé ici même, dans la capitale nationale. Et selon lui, la Ville d'Ottawa organisera l'un des plus beaux partys  de la coupe Grey de l'histoire de la LCF.

« Ce sera extraordinaire puisque presque tout se déroulera au même endroit, soit au parc Lansdowne et la Place TD, explique-t-il. C'est un lieu exceptionnel qui est fait pour le week-end de la coupe Grey. Les pavillons, les restaurants, les bars, tout y est. Dans les autres villes de la LCF, les équipes tiennent leur party dans des restos et des bars qui sont éparpillés un peu partout en ville. Mais au parc Lansdowne, tout sera au même endroit. Ce sera magnifique. »

•••

Bob Monette, 64 ans, est Franco-Ontarien natif de Vanier. Mais il n'avait que cinq ans lorsque sa famille est déménagée dans le secteur Overbrook, puis dans le secteur Beacon Hill à Gloucester, 10 ans plus tard. « Et Pat et moi sommes déménagés à Orléans en 1978 quand nous nous sommes mariés », dit-il.

Issu de parents francophones et petit-fils de Napoléon Monette, qui était secrétaire du Cercle social Sainte-Anne, dans la Basse-Ville d'Ottawa, Bob Monette a grandi en français. Mais il a un peu délaissé sa langue maternelle dans son adolescence quand il a fréquenté l'école secondaire anglophone Gloucester High School. 

« Il n'y avait presque pas d'écoles secondaires de langue française à l'époque, dit-il. Et le Gloucester High School était l'école la plus près de chez nous. Mais ce n'était pas un problème pour moi. J'ai toujours été confortable dans les deux langues. Tu n'apprends pas l'anglais quand tu grandis à Ottawa, il vient naturellement.

«Mon épouse est anglophone et la langue parlée à la maison est plutôt l'anglais, poursuit-il. Mais nos trois enfants ont fréquenté l'école d'immersion francophone. Et aujourd'hui, c'est très important pour eux que leurs enfants - nos petits-enfants - soient francophones. Et quand ils nous visitent, tout le monde parle en français. Pat aussi, et elle est très bonne.»

Bob Monette n'a pas vraiment eu le choix de «dépoussiérer» sa langue maternelle puisqu'il est depuis 10 ans conseiller municipal du quartier d'Ottawa (Orléans) qui compte le plus de francophones, soit le tiers de la population de ce secteur.

Mais malgré cette forte présence francophone au sein de ses électeurs, le conseiller Monette refuse de dire publiquement s'il est en faveur ou non du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. Il fait plutôt partie d'un groupe de quatre ou cinq élus municipaux qui - comme il dit - «préfèrent attendre que la motion soit déposée au conseil municipal avant de se prononcer».

«J'ai rencontré les groupes (qui militent pour le bilinguisme officiel à la Ville) et je leur ai dit que j'étais très sensible à leur demande et à leur cause, affirme-t-il. Mais je vais attendre que la question soit soulevée à la table du conseil. Nous avons présentement une très bonne politique sur le bilinguisme à Ottawa. On a amélioré beaucoup de choses à ce niveau. Le maire (Jim) Watson connaît très bien la communauté francophone et il a beaucoup de respect envers cette communauté.

- Mais plusieurs contribuables de votre quartier aimeraient bien que vous preniez une position claire sur cette question, lui ai-je lancé en terminant notre entretien.

- Disons que ma décision est prise, mais que je ne la dévoilerai pas publiquement. Je vais attendre au vote», a-t-il répliqué, sourire en coin.

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