François Boileau, le Canadien français

Commissaire aux services en français de l'Ontario depuis... (Archives, Le Droit)

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Commissaire aux services en français de l'Ontario depuis la création de ce poste en 2007, François Boileau a vu son mandat être renouvelé pour cinq autres années, mardi dernier.

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LA GRANDE ENTREVUE / Québécois de naissance. Franco-Ontarien d'adoption. Franco-Manitobain de coeur avec un soupçon franco-yukonais dans l'âme... disons, pour simplifier, que le Commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, est Canadien français.

Natif de Longueuil, au sud de Montréal, François Boileau est venu à Ottawa à l'âge de 21 ans dans le cadre d'un programme d'échange d'étudiants universitaires. « Je suis venu travailler à Ottawa pour Accès Ontario, au Centre Rideau, se souvient-il. C'était un endroit où on pouvait trouver des renseignements sur pratiquement tous les services offerts par la province de l'Ontario. Et j'ai tellement aimé Ottawa que j'ai décidé de venir faire mon cours de droit ici. »

Initié par ses collègues de travail et de classe aux réalités et à la lutte incessante des Franco-Ontariens, François Boileau s'est ensuite rendu au Yukon où il a travaillé pendant un été à l'Association franco-yukonaise. Puis il allait devenir en 1995 le premier directeur général du Programme de contestation judiciaire du Canada à Winnipeg, au Manitoba. « Et j'ai vécu quatre hivers et une inondation majeure là-bas avec les Franco-Manitobains », lance-t-il. 

Bien imprégné de la vie en français hors Québec, M. Boileau s'est ensuite joint à titre d'avocat-conseil au sein de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) qu'il a notamment représentée devant la Cour d'appel de l'Ontario dans l'affaire Montfort.

« Quand on vit dans des communautés francophones hors Québec, on apprend à se battre, a-t-il vite constaté. J'ai travaillé pendant cinq ans au bureau de Québec de la FCFA. Et quand j'ai quitté après ces cinq années pour revenir à Ottawa (au début des années 2000), j'ai pris la décision calculée que je déménageais en Ontario et que c'était important pour moi de m'y installer. Je me sens chez moi ici, en Ontario. Et je me considère évidemment Franco-Ontarien. »

Commissaire aux services en français de l'Ontario depuis la création de ce poste en 2007, François Boileau, 50 ans, a vu son mandat être renouvelé pour cinq autres années, mardi dernier. « C'est un beau vote de confiance, dit-il. J'ai éprouvé une très grande fierté et j'en suis honoré. »

Mais terminera-t-il ce quatrième mandat à Toronto ? La question se pose quand on sait que son nom circule pour succéder à Graham Fraser au poste de Commissaire aux langues officielles du Canada. Mais François Boileau est-il intéressé à combler ce poste et revenir vivre à Ottawa, la ville natale de son épouse ?

« Je sais que ce poste est ouvert, répond-il. Et je sais que mon nom circule, comme d'autres noms de gens très compétents circulent. Et si je décide de poser ma candidature, ce sera une décision que je prendrai en privé, en famille », ajoute-t-il sans en dire plus, lui qui est père d'une fille âgée de six ans.

Université franco-ontarienne

Il y a deux semaines, le nouveau président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, a déclaré au Droit que le bastion de la francophonie ontarienne ne sera bientôt plus dans la grande région d'Ottawa, mais bien dans le Centre et le Sud-Ouest de l'Ontario. Le Commissaire Boileau est-il d'accord avec cette affirmation ?

« J'hésiterais à utiliser le mot "bastion", répond-il. Mais autrefois, la région du centre (Toronto) était relativement négligée. Elle est maintenant un facteur incontournable. Je dirais qu'il y a maintenant trois grands pôles (francophones) en province. L'Est, sans contredit. Le Nord sera toujours le Nord. Tandis que le Centre apporte une richesse au niveau de la diversité culturelle et de nouvelles façons de voir les choses. Il faut venir à Toronto pour voir cette richesse de la diversité culturelle. Ils sont rares les jeunes là-bas qui ne parlent que deux langues. La plupart en parlent trois, sinon quatre. Près d'un francophone sur deux dans la grande région de Toronto n'est pas né au Canada. 

- Donc de là la nécessité d'une université franco-ontarienne dans la région de Toronto ?

- J'ai été très clair quand j'ai remis en 2012 mon rapport sur le manque d'accès aux études postsecondaires en français : il n'y a pas d'avenir sans accès. Ici, à Ottawa, 36 % des cours (postsecondaires) sont offerts en français. C'est-à-dire que les francophones n'ont accès qu'à 36 % des programmes qui sont offerts en anglais. À Sudbury (Université Laurentienne), c'est 33 % des cours qui sont offerts en français. Et à l'époque, au Centre-Sud-Ouest, c'était de zéro à 3 %. Donc avec un niveau si bas, les jeunes étudiants se tournent évidemment vers l'anglais.

« La mise sur pied du "conseil de planification pour une université de langue française" qui est présidé par Dyane Adam était un peu ce que je souhaitais quand j'ai déposé mon rapport en 2012. Le ballon a été pris au vol par l'AFO, la FESFO (Fédération de la jeunesse franco-ontarienne) et la RÉFO (Regroupement étudiant franco-ontarien). C'est maintenant entre les mains de la communauté et j'en suis particulièrement fier. »

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