Motivée par le changement

Quand Catherine McKenna a été nommée ministre de... (Archives, La Presse canadienne)

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Quand Catherine McKenna a été nommée ministre de l'Environnement et du Changement climatique, elle a laissé entendre qu'elle allait «débrancher» son téléphone intelligent tous les jours, de 17h30 à 20h, afin de pouvoir consacrer ce temps à ses trois enfants.

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LA GRANDE ENTREVUE / Si la députée fédérale d'Ottawa-Centre et ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, est aujourd'hui bilingue, elle peut en remercier l'ancien premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau...

« Mon père est Irlandais et il ne parle pas un mot de français, dit-elle. Et ma mère est originaire de Val-d'Or, au Québec. Elle parle un peu le français, mais sa première langue est l'anglais. Mais quand mon père est venu d'Irlande, il trouvait que c'était magnifique que le Canada ait deux langues officielles. Il était un big fan de Pierre Trudeau et il croyait que le bilinguisme et le multiculturalisme étaient très importants. Alors il voulait vraiment que ses quatre enfants apprennent le français et qu'ils fréquentent une école de langue française. »

Et c'est effectivement en français que Catherine McKenna a fait ses études primaires. Quitte à se taper quarante minutes d'autobus scolaire matin et soir pour pouvoir fréquenter l'école primaire catholique Notre-Dame, à Hamilton (Ontario), sa ville natale.

Elle a toutefois poursuivi ses études secondaires en anglais, mais ses premières années à l'école Notre-Dame ont porté fruit puisqu'elle a plus tard obtenu un baccalauréat en français et en relations internationales de l'Université de Toronto. « Et j'ai étudié le droit à l'Université McGill en français et en anglais », de préciser cette avocate de carrière et cofondatrice de l'organisme caritatif Avocats canadiens à l'étranger, lequel oeuvre dans les pays en développement et dans les communautés autochtones du Canada.

Avec tout ce bagage, on pourrait croire que la députée d'Ottawa-Centre est en faveur du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. Et elle l'est certes. Elle précise cependant que ce n'est pas le Canada qui l'imposera pour sa capitale.

« (La Ville d'Ottawa) doit offrir ses services dans les deux langues, c'est très important, affirme-t-elle. Mais c'est à la Ville de travailler avec la province pour prendre cette décision. Et si elles décident qu'on doit faire ça, comme gouvernement fédéral, on appuiera cette décision. Moi, j'essaie toujours d'utiliser mon français et je pense que c'est très important. Je prends beaucoup de questions en français dans la Chambre des communes et j'essaie d'être un modèle. »

Mère et ministre

Catherine McKenna est mère d'un garçon de huit ans et de deux filles âgées de 12 et 10 ans. Quand elle a été nommée ministre de l'Environnement et du Changement climatique, le 4 novembre dernier, elle a laissé entendre qu'elle allait « débrancher » son téléphone intelligent tous le jours, de 17 h 30 à 20 h, afin de pouvoir consacrer ce temps à ses trois enfants. Une déclaration qui a fait sourciller plusieurs observateurs et politiciens aguerris.

A-t-elle réussi ce tour de force au cours de sa première année au sein du cabinet Trudeau ?

« Je fais de mon mieux mais c'est difficile, avoue-t-elle. Et c'est parfois impossible. La journée se remplit très vite. Je me réveille très tôt pour faire mes lectures et on peut avoir des réunions toute la journée et jusqu'à 22 h le soir. Mais mes enfants sont ma priorité et, quand je le peux, je rentre à la maison afin qu'on puisse prendre le souper ensemble.

«Mais mon conjoint et moi ne sommes pas différents des autres parents qui travaillent, poursuit-elle. Les enfants ont des activités, parfois ils sont malades, et ils ont besoin de l'attention de leurs parents. Alors c'est difficile et on fait ce qu'on peut.

«Mes deux filles étaient très heureuses que je me lance en politique. Ma plus vieille m'a demandé si nous allions nous occuper des jeunes autochtones. Et ma plus jeune m'a dit qu'on avait besoin de plus de femmes en politique. Et elles ont adoré faire la campagne (électorale) avec moi. Elles allaient frapper aux portes et elles disaient aux gens: 'ma mère est Catherine McKenna et elle veut être députée d'Ottawa-Centre. Avez-vous des questions ?'» d'ajouter la ministre en riant.

En fait, la question est celle-ci: pourquoi Catherine McKenna voulait-elle se lancer en politique fédérale ?

«Je pense que nous avions besoin de changements au Canada, répond-elle. Je croyais qu'on pouvait faire beaucoup mieux et que nous avions l'opportunité de le faire avec une nouvelle génération. Et je voulais en faire partie. J'ai fait carrière en affaires et en droit. J'ai travaillé à l'étranger et avec les communautés autochtones. Je crois que j'avais l'expérience nécessaire. Donc je me suis présentée et je me suis jointe à une équipe avec laquelle je partage les mêmes valeurs.»

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