La volonté d'être Franco

«J'ai toujours eu ce besoin de m'impliquer», raconte... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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«J'ai toujours eu ce besoin de m'impliquer», raconte Ajà Besler, élue le 14 septembre dernier à la présidence de l'ACFO d'Ottawa. «J'ai besoin de savoir que je contribue à quelque chose et que je bâtis quelque chose.»

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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LA GRANDE ENTREVUE / « Quand on veut, on peut », dit-on. Et la nouvelle présidente de l'ACFO d'Ottawa, Ajà Besler, incarne très bien ces cinq petits mots...

Native d'Edmonton, en Alberta, Ajà Besler, 28 ans, a grandi à Sarnia, dans le sud-ouest de l'Ontario. Fille d'un père albertain anglophone et d'une mère québécoise francophone, elle est déménagée avec sa mère en Ontario, à l'âge de deux ans, quand ses parents se sont séparés.

« Mon père est resté en Alberta et il s'est remarié avec une autre Québécoise, dit-elle. Et ma mère s'est remariée à Sarnia avec un autre anglophone. Je viens donc de deux familles exogames. Et à la maison, tant chez ma mère que chez mon père, on parle parfois en français, parfois en anglais. Tout dépend qui est dans la pièce », lance-t-elle en souriant.

Élevée dans ce contexte - et dans le milieu à forte majorité anglophone qu'est Sarnia -, Ajà Besler aurait pu facilement perdre son français. Mais elle tenait à conserver la langue de sa mère et de ses grands-parents maternels. Et cette volonté de fer lui a permis de faire ses études secondaires en français dans un milieu où plusieurs francophones en auraient vite perdu leur latin.

Mais comme on dit : « Quand on veut, on peut. » Et il fallait vraiment « vouloir » pour étudier à l'époque à l'école secondaire publique Franco-Jeunesse de Sarnia...

L'école d'un seul corridor

Cette école secondaire francophone se trouvait à l'époque sous le même toit que l'école secondaire de langue anglaise, la Northern Collegiate & Vocational School.

Population étudiante du côté anglophone : plus de 2000. Population étudiante chez les francophones : 15. Vous avez bien lu : 15. Quinze élèves en tout et partout, de la 9e à la 12e année ! Quelqu'un peut épeler le mot « a-s-s-i-m-i-l-a-t-i-o-n » ?

« Notre école n'était en fait qu'un seul corridor de cette immense école secondaire anglophone, raconte Ajà Besler. Nous avions quatre salles de classe et le bureau de la direction de l'école (Franco-Jeunesse) se trouvait au bout de ce corridor. Parfois, dans certaines classes, nous n'étions que deux élèves. » 

« Donc, nous avions vraiment le sentiment d'être très, très minoritaires, poursuit-elle. Mais en même temps, puisque nous étions un si petit groupe, nous avions développé une belle complicité entre nous 15. Mais dans les autres corridors de l'école, on ne voulait pas nécessairement toujours s'afficher comme les francophones de la place. Parce que parfois, on se faisait crier des choses. Donc dans les corridors, on ne parlait jamais en français. Mais nous nous sommes créé des espaces pour nous, à l'école, où nous pouvions être à l'aise de nous parler en français. Et nous faisions beaucoup d'activités parascolaires ensemble. Nous avions vraiment une belle complicité qui nous a permis de nous créer une identité francophone et de compléter notre secondaire en français. »

« Quand on veut, on peut », disais-je...

L'école secondaire publique Franco-Jeunesse de Sarnia se trouve aujourd'hui dans le même édifice que l'école secondaire catholique de langue française Saint-François-Xavier.

Une femme impliquée

Ajà Besler est venue poursuivre ses études universitaires à l'Université d'Ottawa, il y a 10 ans. « Parce que je voulais poursuivre mes études en français et il n'y avait pas d'université pour moi là-bas (à Sarnia et les environs), dit-elle. Et je voulais aussi travailler au bureau de la FESFO (Fédération de la jeunesse franco-ontarienne). J'étais très impliquée dans la FESFO quand j'étais à Sarnia. »

Ajà Besler a aussi siégé, durant son adolescence, aux conseils d'administration de l'ACFO de Sarnia-London, du Carrefour des femmes du sud-ouest de l'Ontario et de l'organisme FrancoQueer.

Elle est aujourd'hui coordonnatrice des projets spéciaux à l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), à Ottawa. Et le 14 septembre dernier, elle a été élue par acclamation à la présidence de l'ACFO d'Ottawa, pour un mandat de deux ans.

« J'ai toujours eu ce besoin de m'impliquer, raconte Ajà Besler, qui habite avec son époux dans le secteur Vanier. J'ai besoin de savoir que je contribue à quelque chose et que je bâtis quelque chose. La communauté franco-ontarienne a été très accueillante pour moi. Et mon implication avec la FESFO, au secondaire, m'a permis de découvrir qui je suis. J'ai développé de belles amitiés et j'ai découvert de différentes réalités partout en Ontario. Et j'ai toujours voulu redonner à la communauté parce que je sais que j'en ai retiré beaucoup. »

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