Le leadership au féminin

«Malgré la fusion avec Ottawa, on a su... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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«Malgré la fusion avec Ottawa, on a su garder un esprit communautaire, c'est spécial», lance Diane Doré.

Patrick Woodbury, LeDroit

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LA GRANDE ENTREVUE / La Vaniéroise Diane Doré, 70 ans, sera honorée le 23 septembre prochain alors que le Muséoparc de Vanier, dans le cadre d'un cocktail nommé « Chapeau aux femmes chefs de file », rendra hommage à dix femmes qui ont fait preuve d'un leadership exceptionnel au sein de leur communauté.

C'est un honneur bien mérité pour Mme Doré. Le parcours de cette enseignante de carrière est effectivement exceptionnel. Conseillère scolaire jusqu'à ce jour, conseillère municipale de l'ancienne Ville de Vanier pendant 10 ans, présidente pendant trois ans du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, cofondatrice du Muséoparc de Vanier qui fête cette année ses 10 ans d'existence, présidente pendant huit ans du Centre Pauline-Charron, trésorière de la Fondation de l'Hôpital Montfort, et j'en passe, Diane Doré est de toutes les causes.

Et l'honneur que cette Franco-Ontarienne et « Vanièroise pure laine » recevra dans quelques semaines ne sera certes pas son premier, elle qui, au fil des dernières années, s'est vue décerner une dizaine de prix tant aux niveaux régional que provincial pour son implication communautaire et sa contribution dans le domaine de l'éducation catholique de langue française. Mme Doré sourit quand on lui dresse la liste de ses réalisations. Elle sourit car elle sait que peut-être rien de tout ça ne se serait réalisé sans l'achat d'un dépanneur...

Le dépanneur

Elle et son conjoint, (feu) René Doré, ont fait l'achat en 1974 d'un dépanneur situé sur la rue Hannah, en plein coeur de Vanier.

« J'ai quitté l'enseignement après 13 ans de carrière, se souvient Mme Doré. Mais pas parce que je n'aimais pas ça. Mais bien parce que mon mari a décidé d'acheter un dépanneur. C'était un rêve pour lui. Il avait passé sa jeunesse dans ce dépanneur, c'était le lieu de rassemblement des jeunes de Vanier. Je suis donc devenue, du jour au lendemain, copropriétaire d'un dépanneur. Nous avions trois jeunes enfants et nous habitions le deuxième étage de ce magasin.

«Deux ou trois ans après cet achat, poursuit-elle, on m'a appelée pour m'offrir un poste d'enseignante à l'école élémentaire Baribeau (à deux pas du dépanneur). René était greffier à la Ville de Vanier et il n'était pas question qu'il quitte son emploi. Je devais donc choisir entre retourner à l'enseignement ou gérer le dépanneur. Alors nous avons eu de longues discussions puis, finalement, j'ai choisi le dépanneur.»

Et Mme Doré ne regrette pas son choix. Elle affirme même avoir passé les plus belles années de sa vie derrière le comptoir de ce commerce.

«René et moi étions très impliqués dans la vie communautaire à Vanier. Et notre dépanneur est un peu devenu le coeur du quartier. Tout le monde s'arrêtait pour jaser et prendre un café. Les journalistes passaient régulièrement chez nous pour obtenir l'opinion des gens. Le maire (de Vanier) venait faire son tour presque chaque jour. On disait souvent que les grosses décisions à Vanier ne se prenaient pas à l'hôtel de ville, qu'elles se prenaient dans notre dépanneur, lance-t-elle en riant. Et c'était un peu vrai, c'était ça. Et c'est à partir de là que j'ai décidé de me présenter comme conseillère municipale. Tellement de gens me disaient: 'tu devrais te présenter', que j'ai finalement fait le saut en 1991.»

Et elle a gagné. Et Diane Doré a été réélue jusqu'à ce qu'elle quitte la politique municipale en 2001, lorsque la Ville de Vanier a été fusionnée à la grande Ville d'Ottawa.

Puis son mari René est décédé d'un cancer en 2003. Il n'avait que 59 ans. Et Diane Doré a vendu le dépanneur l'année suivante.

•••

Mais dépanneur ou non, cette mère de trois filles et grand-mère de six petits-enfants aura toujours Vanier à coeur.

«Malgré la fusion avec Ottawa, on a su garder un esprit communautaire, c'est spécial, dit-elle. Et c'est grâce à des gens qui ont continué à croire dans Vanier.»

Mais comme un peu tout le monde qui habite cette communauté, Mme Doré est bien consciente que le chemin de Montréal, comme premier coup d'oeil sur le secteur Vanier, est d'une désolation indescriptible avec sa dizaine de Money Mart et ses boutiques de marijuana.

«C'est décourageant, lance-t-elle. Surtout quand tu sais que ce n'est pas ça Vanier. On ne voit pas les gens derrière cette image-là (le chemin de Montréal). On ne voit pas les belles choses qui se passent. On ne voit pas la cabane à sucre, le Muséoparc, la grotte de Lourdes et le reste. On ne voit pas les plus de 350 bénévoles qui oeuvrent à Vanier, que ce soit pour le déjeuner Flocons de Neige, pour la fête de la Saint-Jean, pour les paroisses ou pour les nombreux organismes communautaires. On ne voit rien de tout ça derrière l'image que projette le chemin de Montréal. Et c'est inacceptable. Et je blâme la Ville d'Ottawa. Pourquoi a-t-elle laissé les Money Mart et les Cash Stop se multiplier de la sorte ? Je ne sais pas ce qu'ils (les élus) feront avec ça, mais c'est bien dommage. Parce que ce n'est pas ça, Vanier.»

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