Le dernier mot

Même si Alain Larivière a dit au revoir... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Même si Alain Larivière a dit au revoir à l'auditoire de l'émission Les weekends à Alain, il n'a pas l'intention d'éteindre son micro pour de bon.

Patrick Woodbury, LeDroit

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LA GRANDE ENTREVUE / Sa voix a fait partie du quotidien de milliers de gens de la région pendant plus de 30 ans.

Mais la fin de semaine dernière, l'animateur radio Alain Larivière a dit un dernier « au revoir » à l'auditoire de l'émission Les weekends à Alain, qu'il animait depuis deux ans à la radio Rythme FM. Mais il n'a pas choisi d'éteindre son micro. On l'a éteint pour lui.

« Ce sont des choses qui arrivent à la radio, dit-il en haussant les épaules. Chaque changement de garde amène un changement de personnel. Et j'ai subi ça. On n'a pas renouvelé mon contrat. Et là, ça s'arrête. Mais ça fait 30 ans que je suis dans le métier et je me dis : "C'est cool, merci la vie." Après tout, combien d'animateurs ont pu faire carrière pendant 30 ans dans leur ville natale ? »

Natif de Pointe-Gatineau, Alain Larivière, 53 ans, dit avoir vécu son rêve d'enfance au cours des 30 dernières années. « Et durant toutes ces années-là, affirme-t-il, je n'ai jamais eu l'impression de travailler. Ce fut un terrain de jeu incroyable. Tous les gens que j'ai rencontrés, toutes ces personnes et toutes les coanimatrices avec qui j'ai eu le privilège de travailler. J'ai été choyé. »

Alain Larivière a commencé sa carrière d'animateur dans une station radiophonique de Lachute. Il a fait ses classes pendant quelques années à Sainte-Adèle, ensuite à Trois-Rivières. Enfin prêt pour les « grandes ligues », il a posé sa candidature pour un poste d'animateur à la radio CKAC, à Montréal. Mais par un concours de circonstances, le « démo » qu'il a fait parvenir dans la métropole s'est retrouvé sur le bureau du directeur de la programmation de la station Rock Détente (aujourd'hui Rouge FM), à Hull. Et le « p'tit gars » de Pointe-Gatineau a vite été rapatrié.

« Je rentrais à la maison, lance-t-il. J'allais animer chez moi, pour les miens. » Et Alain Larivière allait rapidement devenir l'animateur vedette de Rock Détente, un titre qu'il a fièrement et dignement détenu pendant près de 20 ans.

« Je suis fier ce que j'ai accompli à Rock Détente, dit-il. Et l'apogée fut certes l'émission du matin que j'ai coanimée avec Marie-Claude Morin. Nous sommes partis de loin et notre émission est graduellement montée jusqu'en première position des cotes d'écoute pour les émissions du matin. Et de vivre cette ascension ensemble, en équipe... je ne pense pas revivre ça un jour. »

La station Rock Détente a été rebaptisée Rouge FM il y a quelques années. Et comme disait Alain Larivière : « Chaque changement de garde amène un changement de personnel... » Et l'animateur-vedette a été remercié sans tambour ni trompette pour ses 20 années de services. 

Alain Larivière s'est vite trouvé un nouveau micro à l'émission du retour à Unique FM, à Ottawa. Un poste qu'il a occupé pendant approximativement un an. Puis il est passé à la station Planète FM, à Gatineau, renommée depuis Rythme FM. Et dimanche dernier, il faisait tourner sa dernière toune

Ou était-ce sa dernière...? « J'ai encore la flamme pour la radio, répond-il, c'est ma vie. Le goût de communiquer est toujours là. Et la radio est une maîtresse insatiable, lance-t-il en riant. Mais j'ai tourné la page. Je me dirige ailleurs. »

Voix à louer

Cet « ailleurs » dont il parle, c'est dans son studio personnel et professionnel qu'il a aménagé à la maison et où il offrira ses services et sa voix comme narrateur et créateur audio.

« Je peux vivre de ma voix comme narrateur, croit-il. Tout ce que j'ai appris au cours des 30 dernières années dans le déploiement d'une marque radio, je peux le faire pour n'importe quelle marque. Et je pourrai avoir une relation directe avec mes clients, sans devoir passer par la radio. Je vais mettre en oeuvre tout ce que j'ai appris en publicité au cours des 30 dernières années. »

« Je n'ai jamais eu autant le goût d'être créatif, ajoute-t-il. Certains peuvent bien dire qu'on est vieux à 53 ans, mais moi, je n'ai jamais été aussi allumé. Puis de toute façon, le mot "retraite" ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je ne travaille pas au pic et à la pelle. Je travaille avec ma voix et ma tête. Et si mes idées demeurent claires et que ma mémoire ne me fait pas défaut, je peux pratiquer ce métier ad vitam aeternam. » 

Bref, Alain Larivière n'a pas dit son dernier mot...

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