Redonner à la communauté

Caryl Green a été élue à la mairie... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Caryl Green a été élue à la mairie de Chelsea une première fois en 2009, puis réélue en 2013.

Patrick Woodbury, LeDroit

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« Je veux redonner à ma communauté. » Combien de fois avons-nous entendu un politicien prononcer ce cliché ? Mais dans le cas de la mairesse de Chelsea, Caryl Green, ces mots prennent tout leur sens...

Elle habitait le village de Chelsea depuis quatre ans, avec son époux Jean-Marc Russell, quand ce dernier a reçu un diagnostic de cancer du cerveau. Il y a 22 ans de ça. Leurs trois garçons étaient alors âgés de deux, quatre et six ans.

« Jean-Marc n'avait que 35 ans, se rappelle Mme Green. Il travaillait au service des loisirs de la Ville d'Ottawa et il allait bien, il n'avait aucun signe de maladie. Mais environ une semaine avant qu'il soit diagnostiqué, j'ai remarqué qu'il perdait un peu la mémoire et le fil de ses idées. Je l'ai donc emmené à l'Hôpital général d'Ottawa où, après plusieurs examens, le médecin lui a dit : "Vous avez un cancer de stade 4. Il ne vous reste que 12 mois à vivre." »

« Il a vécu 11 mois », ajoute-t-elle en baissant les yeux.

Caryl Green était à l'époque rédactrice pour la maison d'édition Novalis. Devenant du jour au lendemain mère monoparentale de trois jeunes enfants, elle a réduit sa charge de travail pour pouvoir travailler de chez elle, à temps partiel.

« J'ai fait le choix de rester à la maison avec mes garçons, dit-elle. Ils avaient besoin de moi et ils étaient ma priorité. Ça fait maintenant 26 ans que j'habite Chelsea, mais ça ne faisait que quatre à l'époque. Et c'était financièrement et émotionnellement difficile pour mes enfants et moi après le décès de Jean-Marc. Mais nous avons reçu tellement d'appui de la communauté de Chelsea, c'était incroyable. Je pense que beaucoup de jeunes familles se disaient : "De perdre un mari et un père, ça pourrait être nous." Alors les gens nous aidaient pour toutes sortes de choses. Si, par exemple, l'un de mes fils devait prendre part à un tournoi de hockey, il y avait toujours des parents qui s'occupaient de l'emmener avec eux et de le garder pour le week-end. Il y a eu beaucoup de petites choses comme ça qui nous ont grandement aidés à passer à travers des moments très difficiles. J'ai reçu tellement d'appui de la communauté quand mes enfants étaient jeunes, c'est à mon tour de redonner à ma communauté. »

Caryl Green a été élue à la mairie de Chelsea une première fois en 2009, puis réélue en 2013. Ses garçons sont aujourd'hui âgés de 29, 27 et 25 ans.

Elle ne s'est jamais remariée.

Fière Québécoise

Issue d'une famille de six enfants, Caryl Green, 58 ans, est née à Verdun, mais a grandi à Otterburn Park, en Montérégie, un petit village autrefois majoritairement anglophone, mais dont la population est aujourd'hui à plus de 90 % francophone.

« Mes parents sont venus de l'Angleterre en 1955, raconte-t-elle. Ils y avaient vécu la guerre et ils voyaient le Canada comme un pays d'opportunités où ils trouveraient une meilleure qualité de vie pour eux et leurs enfants. Mon père travaillait à Montréal et ils ont choisi de s'établir à Otterburn Park, sur la rivière Richelieu, à côté du mont Saint-Hilaire. »

« Mais il yavait un grand questionnement dans la société (québécoise) dans les années 1960 et 1970, poursuit-elle. Mes parents avaient choisi le Québec, mais ils ne se sentaient pas nécessairement acceptés comme immigrants. Mais ils se sont dits : "Ou bien on reste et on s'implique dans le changement, ou bien on quitte." Et ils ont décidé de rester. Ma mère avait appris le français en France dans sa jeunesse et elle devenue la première femme conseillère municipale d'Otterburn Park. Elle a aussi fondé la bibliothèque de ce village. Et mon père a appris le français au travail, à Montréal, et il s'est toujours impliqué dans la communauté. Ils ont fait le choix de s'impliquer plutôt que de rester sur les lignes de côté. J'ai beaucoup appris d'eux à ce niveau. »

Caryl Green a fait ses études primaires en anglais. Mais ses parents ont décidé d'envoyer leurs six enfants à la polyvalente pour poursuivre leurs études secondaires en français. « Et je ne parlais pas un mot de français !, lance Mme Green en riant. Alors je l'ai appris par oreille et j'ai corrigé ma grammaire par la suite. Et aujourd'hui, je suis tellement reconnaissante d'avoir obtenu une éducation en français. Je suis très fière de ça. Je suis fière d'être Québécoise, et fière d'être Canadienne. Mes racines sont ici, au Québec, et je serai toujours prête à défendre le Québec. Mais je crois que d'avoir les deux cultures et les deux langues est une richesse. »

Caryl Green est titulaire d'un baccalauréat en biologie de l'Université Queen's, à Kingston, et d'un baccalauréat en théologie et philosophie de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Le décès de son mari a mis fin à ses études pour l'obtention d'une maîtrise en relations humaines et counselling à l'Université Saint-Paul.

Verra-t-on son nom sur le bulletin de vote aux élections municipales de Chelsea en novembre 2017 ?

« Je suis toujours en réflexion, répond-elle en souriant. Mais disons qu'il y a encore beaucoup de défis à relever. Mais je veux aussi être disponible pour mes enfants qui sont à un âge où ils commenceront bientôt leur famille. Alors on verra. »

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