Remplir de gros souliers

«Madeleine Meilleur a tracé le chemin, lance Marie-France... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

«Madeleine Meilleur a tracé le chemin, lance Marie-France Lalonde par rapport à sa prédécesseure. Il y a un engouement pour la francophonie au sein du caucus libéral de l'Ontario.»

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

LA GRANDE ENTREVUE / La députée provinciale d'Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, était en route pour assister à un événement communautaire samedi dernier - l'un des sept événements auxquels elle devait prendre part cette journée-là - lorsqu'elle a reçu un courriel du bureau de la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne.

« Gardez votre téléphone près de vous, se lisait-il. Vous recevrez bientôt un appel important ». Quelques minutes plus tard, Mme Wynne appelait Mme Lalonde pour lui annoncer qu'elle avait été choisie pour occuper le poste de ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs, ainsi que celui de ministre déléguée aux Affaires francophones pour succéder à sa mentore Madeleine Meilleur.

« C'est un honneur quand tu reçois l'appel, de dire la nouvelle ministre. Ça fait chaud au coeur de voir la confiance qu'on t'accorde. Mais je me suis présentée en 2014 pour devenir députée d'Ottawa-Orléans, et ce sera toujours ma priorité. »

Marie-France Lalonde a toutes les qualifications requises pour diriger le ministère des Services gouvernementaux et aux consommateurs, elle qui est passée dans sa carrière de travailleuse sociale à copropriétaire et directrice générale de la résidence pour aînés Manoir Portobello, à Orléans. 

Et elle a aussi siégé sur d'innombrables conseils d'administration d'organismes communautaires.

« Ce ministère rejoint mon backgroud en affaires, dit-elle. Tant aux niveaux entrepreneur et chef d'entreprise qu'administratif. Et Mme Wynne m'a dit que mon travail social et communautaire lui a permis de voir le côté humain de ma personnalité. »

Mais qu'en est-il de son autre responsabilité au sein du cabinet libéral à Queen's Park ? Est-elle prête à chausser les très grands souliers de sa prédécesseure aux Affaires francophones ? 

« Madeleine a tracé le chemin, dit-elle. Et là, je pense que le chemin s'élargit. Je suis enchantée de voir que le travail que Madeleine a accompli au cours des dernières années porte fruit. Et on est rendu à un point où la pêche mûrit. Il y a un engouement pour la francophonie au sein du caucus libéral de l'Ontario et il y a un appétit de la part de mes collègues députés de comprendre les enjeux francophones. Et j'en suis enchantée. C'est un signe fort. C'est un signe qu'au cabinet, la francophilie sera bien présente. »

Université franco-ontarienne

« Le gouvernement de l'Ontario et moi-même avons toujours été en faveur d'un espace pour la francophonie dans un contexte universitaire. Et je comprends la nécessité de regarder à un élargissement de programmes pour, par exemple, la grande région de Toronto afin de répondre au manque à gagner au niveau des programmes en français.

- Toronto serait donc l'endroit idéal ?

- Quelqu'un me disait que la grande région de Toronto comptera bientôt plus de gens qui parleront français que dans le reste de l'Ontario. Donc si je me positionne pour faire rayonner la francophonie en Ontario, ça fait bien du sens pour moi de regarder la grande région de Toronto. En ce moment à Toronto, la demande d'immersion au niveau élémentaire est plus grande que la demande de programmes seulement en anglais. 

- Êtes-vous pour ou contre la construction d'une université franco-ontarienne dans cette région ?

- En ce moment, il est trop tôt pour moi de m'avancer. On va se pencher sur cette question. »

Bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa

« Si la Ville d'Ottawa veut se positionner et demander cette désignation à la province, c'est certain que je vais dire oui ! Ce qui est important de souligner, c'est qu'il faut qu'il y ait un consensus, une collaboration pour arriver à cette réalité-là. Mais la province ne va pas entrer dans la cuisine de la municipalité d'Ottawa.

- Vous auriez le droit.

- Écoutez, j'étais femme d'affaires, j'ai siégé sur des conseils d'administration. La cuisine fonctionne, tu l'observes et tu recommandes. La cuisine ne fonctionne pas, alors là tu interviens. Mais je ne me verrais pas imposer ça à la Ville d'Ottawa. Je souhaiterais que le maire fasse lui-même la demande à la province.

- On connaît tous sa position sur cette question.

- Il y a toutes sortes de petits groupes qui se forment, qui vont voir les conseillers municipaux, qui discutent. L'éducation est importante. L'éducation du public, de nos anglophones et de nos francophiles. Donc je me dis que nous sommes mieux de travailler ensemble, en collaboration. Mais j'ai toujours dit que c'est à la Ville de faire cette demande-là à Queen's Park. À titre de ministre déléguée aux Affaires francophones, je compte bientôt m'asseoir avec le maire Watson et discuter de plusieurs projets. Et il serait possible que ce sujet soit abordé.

- Il serait possible, dites-vous ? Vous n'en êtes pas certaine ?

- Je vous dirais que ce sera définitivement abordé. Mais je veux aussi avoir sa perspective sur plusieurs autres dossiers. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer